19 juin 2018

Hannelore Cayre, l'interview en roue libre, et à la plage !

Hannelore Cayre

Hannelore Cayre, auteure de la formidable Daronne (Métailié, voir chronique ici), roman récompensé par le Prix Le Point du polar européen, faisait partie des invités de Polar à la plage, au Havre. Elle a bien voulu répondre à mes questions. Attablées au bord de la mer, au soleil, nous nous sommes donc livrées à l'interview en roue libre. Merci à elle ! 

Que s'est-il passé avec La Daronne ? Quand on a lu vos romans précédents, on a vraiment l'impression d'un tournant.
C'était la première fois que je parlais à la première personne, avec une voix de femme. J'avais déjà écrit à la première personne, au nom d'un homme, et je pense que peut-être cette sensation vient de là. Pour La Daronne, j'ai touché un public féminin qui dépasse largement celui des lecteurs qui aiment le judiciaire. C'est un polar qui parle de femmes, d'enfants, de vieillesse, de vie et de mort. C'est un polar qui parle de la vie.

18 juin 2018

Polar à la plage : contre vents et marées, une édition 2018 réussie

Le festival du Havre célébrait cette année en beauté son 16e anniversaire, malgré de sérieuses inquiétudes liées à une coupe drastique dans les subventions. L'organisation et ses bénévoles n'en ont pas moins réussi à offrir au public un festival riche, chaleureux et généreux. Le nom du festival dit tout : les auteurs sont installés... sur la plage du Havre. La météo avait choisi de se mettre du côté des organisateurs. 

Plus important encore, les auteurs étaient au rendez-vous, malgré quelques défections liées aux grèves des transports et à des problèmes familiaux, et ont mis leur point d'honneur à échanger avec leurs lecteurs et à participer aux tables rondes et manifestations. Polar à la plage est un festival qui mérite largement sa bonne réputation, et a cette année encore fait la preuve de sa popularité et de son ambition : souhaitons qu'il soit reconnu à sa juste valeur et que 2019 lui permette de fêter dignement son 17e anniversaire (le site de l'association Les Ancres noires)

Retour en images.

La ville du Havre, acteur important du succès du festival




Franck Bouysse et Pascal Millet. Franck Bouysse a annoncé la publication de son prochain roman début 2019.
Un roman gothique... On a hâte ! 



Leye Adenle, l'auteur du formidable "Lagos Lady", a lui annoncé son prochain roman pour 2019.

 
Franz Bartelt en pleine discussion avec Jean-Hugues Oppel


Après le prix de la nouvelle et le prix photo,
remise du Prix des lecteurs à Tove Alsterdal pour Dans le silence enterré

3 juin 2018

Russel D. McLean, "Ed est mort" : les aventures stupéfiantes d'une libraire écossaise

Russel D. McLean n'est pas tout à fait un inconnu pour moi : dès 2011, je vous parlais de son premier roman, The Good Son (voir chronique ici) en espérant pour bientôt une traduction en français de cet auteur écossais qui est aussi libraire à Glasgow, chroniqueur et animateur de tables rondes (dans le cadre du mouvement Noir at the Bar) autour du polar. Eh bien voilà, c'est chose faite grâce à Calmann-Lévy qui publie aujourd'hui, dans la collection "Robert Pépin présente..." le dernier roman de Russel D. McLean, Ed est mort.

A noter : Russel D. McLean sera présent au festival de Frontignan.

Jen, la trentaine bien tassée, héroïne de cette histoire aussi rocambolesque que cocasse, est... libraire à Glasgow. Eh oui, le hasard fait bien les choses. C'est dire qu'il ne faudra pas compter sur McLean pour dire n'importe quoi sur le métier de libraire : "Les clients attendent de vous que vous sachiez tout, même s'ils sont incapables de vous donner des précisions sur l’œuvre qu'ils recherchent (...) Par-dessus tout, la dimension physique du métier constitue la partie à laquelle presque personne ne pense." Voilà pour le réalisme. A cet égard, on s'en tiendra là car les pages qui suivent nous entraînent dans une histoire absolument invraisemblable, où la violence relève du Grand Guignol, et où l'enchaînement des événements ferait dresser les cheveux sur la tête de ... Donald Westlake. 

Cathi Unsworth, l'interview en roue libre 2018

Cathi Unsworth (le Goéland masqué 2018)
Retrouver Cathi Unsworth est toujours un plaisir, surtout dans le cadre du Goéland masqué. Nous étions nombreux à nous languir : depuis son formidable Zarbi, paru chez Rivages en 2014 (voir la chronique ici), pas de nouvelles sur le front de l'édition française. Le festival breton a été l'occasion pour son éditeur d'annoncer la publication de son roman Without the Moon au premier trimestre 2019. La bonne nouvelle ayant été annoncée dimanche matin, et l'interview ayant eu lieu samedi après-midi, j'ai dû faire quelques adaptations pour recentrer l'entretien sur l'ensemble des romans de Cathi Unsworth, car nous reviendrons l'année prochaine sur Without the Moon. Échange en toute liberté, comme d'habitude, avec une Cathi Unsworth en pleine forme, bourrée d'humour et d'énergie.

Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'être en train d'écrire l'histoire souterraine de votre pays ? Avec ce qui est arrivé récemment, le Brexit, votre démarche prend un sens particulier. En fait, en y réfléchissant bien, j'en arrive à faire un parallèle avec ce qu'a fait James Ellroy avec une partie de l'histoire de son pays...
Je pense qu'effectivement, tous mes livres sont liés par cette idée. Vous savez, la dernière guerre civile qu'ait connue l'Angleterre a eu lieu en 1984, avec la grève des mineurs et Margaret Thatcher... Mes parents m'ont beaucoup parlé de cette époque et de celle qui l'a précédée, et cela m'a beaucoup marquée. Quant à James Ellroy, il fait bien sûr partie de mes auteurs cultes, je relis certains de ses romans régulièrement.

Le Goéland masqué 2018 : du noir sous le ciel bleu

C'est traditionnellement pendant le week-end de la Pentecôte que le Goéland masqué déploie ses ailes et réunit à Penmarch' les auteurs de polar français et étrangers qui ont eu la bonne idée d'accepter l'invitation de ce festival à la fois familial et passionné. Ceux qui y viennent y reviennent souvent.

Moi aussi... Quelques photos souvenir de l'édition 2018, particulièrement réussie, avec des invités de qualité et une météo de rêve...

Vous pouvez retrouver ici les enregistrements des tables rondes.

Roger Hélias, président d'honneur de l'association, en compagnie de Claude Mesplède pour l'inauguration. Avec un hommage ému à Jean-François Coatmeur et Firmin Le Bourhis, récemment disparus.

Hervé Delouche avec Patrick Pécherot et Romain Slocombe
Cathi Unsworth en pleine séance de dédicace
Patrick Raynal et Chris Offutt
Marin Ledun


Nicolas Jaillet     
Sans oublier, à deux pas de là...

13 mai 2018

Cathi Unsworth, du punk au Blitz en passant par la magie noire

Cathi Unsworth fait partie des auteures les plus singulières et les plus attachantes de la littérature anglaise. Ex-journaliste dans la presse musicale, ses premiers romans sont marqués par ce milieu et les êtres peu ordinaires qui le peuplent. Adoubée par la "crème de la crème" de la littérature noire du Royaume-Uni (Ken Bruen, Robin Cook et David Peace), elle commence sa carrière de romancière en 2005 avec The Not Knowing (Au risque de se perdre, voir chronique ici ) et, d'emblée, fait la preuve de son sens dramatique et de son talent de créatrice de personnages inoubliables. Mais c'est probablement grâce à sa capacité à évoquer le Londres du début des années 90, ses lieux et ses ambiances, qu'elle forge sa réputation.

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