19 février 2017

Vladimir Lortchenkov, un Moldave à Paris

Il y a quelques jours, l'écrivain moldave Vladimir Lortchenkov était à Paris, dans le cadre de la séduisante librairie Petite Égypte (35 rue des Petits Carreaux 75002 Paris), pour présenter, autour d'un verre de vodka, son roman Le dernier amour du lieutenant Petrescu, paru chez Agullo éditions. 

Cocasse, absurde, plein de rebondissements et de coups de théâtre aussi improbables que spectaculaires, ce livre animé par des personnages hauts en couleurs, des dialogues au cordeau et des descriptions particulièrement savoureuses, se lit le sourire aux lèvres et l'air incrédule... Morceaux choisis, extraits des réponses (en français) d'un auteur partisan de l'humour à la moldave et du énième degré.

12 février 2017

Jeremy Gavron, "Je vous aimais, terriblement" : une performance d'équilibriste émotionnel

Le livre de Jeremy Gavron surprend et trouble. Le joli titre est trompeur : il pourrait laisser croire à un roman sentimental des années trente... Nous en sommes très loin. Ces mots, "Dites aux garçons que je les aimais, terriblement, je vous en prie" constituent le message que Hannah Gavron laisse à ses fils Jeremy, quatre ans, et son frère aîné Simon. Nous sommes en 1965, à Londres. Hannah Gavron a 29 ans et elle vient de se donner la mort...  Dans les années qui suivront, la famille Gavron jettera un voile pudique sur le suicide de cette jeune et jolie universitaire prometteuse, rieuse, pétillante et anticonformiste. Il faudra attendre 40 ans pour que Jeremy Gavron retrouve le message d'adieu de sa mère et décide d'en savoir plus sur cette mère dont il ne garde qu'un souvenir flou et fugace. Jeremy est journaliste. Rechercher l'information, enquêter, il sait faire. Et il va nous le démontrer tout au long des pages de ce livre étrange, roman souvenir, roman hommage construit comme une fiction.

29 janvier 2017

George Arion, "La vodka du diable" : le retour d'Andreï Mladin, intrépide journaliste

On le croyait mort, fracassé au fond d'un ravin, tel Sherlock Holmes dans les chutes du Reichenbach. Eh non, il est là, il sort de l'hôpital, et prêt à en découdre. Il, c'est-à-dire Andreï Mladin, journaliste à Bucarest pour Flacara. Son rédacteur en chef, pour sa peine, l'envoie écrire une série d'articles sur... l'agriculture à Marna, sinistre petite ville de province où, en plus, il pleut tout le temps. Mais chacun sait que les petites villes de province cachent des secrets sordides, pour ne pas dire pire. Marna ne fait pas exception à la règle. Mladin s'installe à l'hôtel et fait derechef la connaissance d'une ravissante laborantine peu farouche, la belle Mirela.

Tout commence avec une rencontre avec Miron, l'idiot du village en quelque sorte, un personnage étrange qui aurait perdu la raison d'un seul coup d'un seul, après avoir entamé de brillantes études destinées à tirer sa pauvre mère d'une misère sans nom. Miron n'est pas méchant : il a juste la désagréable manie de sortir de ses poches un couteau (émoussé) et une trompette (assourdissante), tout en annonçant sa mort prochaine à tout interlocuteur dont la tête ne lui revient pas. Ce jour-là, l'interlocuteur, c'est Mladin. Certes, la rencontre n'est pas agréable, mais ce pauvre Miron fait plus pitié qu'autre chose. 

Dominique Forma, "Albuquerque" : un homme, une femme...

Un homme, une femme. Oubliez tout de suite les "chabadabada...", avec Dominique Forma, ça ne se passe pas comme ça. D'ailleurs, l'exergue est une libre adaptation des paroles du 1969 de James Osterberg, alias Iggy Pop, histoire de remettre les pendules à l'heure. Pour couronner le tout, le héros s'appelle Jamie Asheton. Oui, comme les deux Asheton des Stooges. Pourtant on n'est pas à Detroit, mais à Albuquerque, Nouveau-Mexique. Et malgré ça, c'est l'hiver 2001 et il fait froid. Et il pleut. Jamie, gardien de parking, a bientôt fini, il va rentrer chez lui, après une nuit comme les autres, calme. Personne ne se gare jamais au dernier étage : en plein vent, en plein cagnard, qui a envie d'y laisser sa voiture ? Et pourtant, ce matin-là, une Pontiac des années 90 monte jusque-là. Et la vie de Jamie bascule, encore une fois. Fini le train-train du parking Central, fini la petite vie morne en compagnie - si l'on peut dire - de sa femme Jackie, qui s'ennuie à mourir dans leur petite baraque, et qui ne l'attend plus depuis longtemps. Pourtant, il va bien falloir qu'elle le suive, cette fois. Vu qu'il faut partir, et vite.

18 janvier 2017

Hervé Le Corre, "Prendre les loups pour des chiens" : tragédie humaine sous soleil écrasant

Franck sort de prison, cinq ans à l'ombre. C'est Jessica, la compagne de son frère Fabien, qui vient le chercher pour l'emmener dans la maison de sa famille, sous le soleil écrasant du sud-ouest. Là vivent la mère de Jessica, mégère aux cheveux rouges, clope au bec et grande gueule; et son père, qui gagne sa vie en retapant des voitures pour une bande de truands du coin. Fabien n'est pas là: il est parti en Espagne pour "affaires", nul ne sait exactement quand il va rentrer. Et puis Rachel, petite personne brune en robe rouge. Rachel qui ne parle pas beaucoup, qui range sa chambre avec une méticulosité maniaque, qui ne supporte pas de boire dans un verre pas propre. Rachel, fille de Jessica.

15 janvier 2017

Joe Meno, "Le Blues de La Harpie" : "Personne n'est jamais totalement innocent" (Ian Rankin)

Tout commence avec Johnny Cash, Folsom Prison Blues, et c'est Joe Meno qui l'a décidé. Agullo éditions nous offre là le premier roman traduit en français d'un romancier dramaturge et journaliste né en 1974. Le Blues de La Harpie est son deuxième roman, initialement publié en 2001. Ce qui n'a rigoureusement aucune incidence puisque, si on sait dès le départ que l'histoire se déroule à La Harpie, bourgade de l'Illinois, l'époque n'a absolument aucune importance... 

Adoubé par Hubert Selby Jr lui-même, Joe Meno débarque donc en contrées francophones avec ce roman qui nous dévoile les codes de vie d'une petite ville un brin paumée en pleine campagne du MidWest. 




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