C'est toujours avec une certaine émotion que je démarre la lecture d'une enquête de l'inspecteur Chen. Exotiques certes, puisqu'ils se passent à Shanghaï, les romans de Qiu Xiao Long ont paradoxalement quelque chose de familier, presque intime. Au fil du temps, Qiu Xiao Long a réussi à créer un personnage, un univers humain et géographique qui s'ancrent profondément dans l'esprit et dans le cœur du lecteur, et ce n'est pas une mince réussite. L'inspecteur Chen a pris du galon, à son corps défendant presque, car on ne peut pas dire que l'homme soit porté par une ambition dévorante. Plus les livres se multiplient, plus on a la sensation aiguë que Chen n'est pas à sa place, qu'il est une sorte d'esprit mélancolique et libre dans une Chine où le capitalisme galopant n'a pas fait disparaître la bureaucratie, les classes sociales, et encore moins la corruption qui s'est emparée de toute l'économie chinoise, et en particulier de l'immobilier qui n'en finit pas de flamber.
Le Blog du Polar de Velda
L'actualité du roman policier, du polar noir et du thriller, films, salons, rencontres avec des auteurs...
12 mai 2013
11 mai 2013
Avec No more Natalie, Marin Ledun s'offre Hollywood à boulets rouges
Natalie Wood, star mythique du cinéma américain, héroïne de West Side Story, partenaire de Warren Beatty dans La Fièvre dans le sang de Kazan, de James Dean dans La fureur de vivre de Nicholas Ray... Morte noyée en 1981, à l'âge de 43 ans, dans de très troubles circonstances alors qu'elle était à bord du yacht de Robert Wagner, son mari (épousé 2 fois) en compagnie de Christopher Walken. Natalie Wood donc présente toutes les caractéristiques propices à la naissance d'un mythe. Belle, à la fois sensuelle et fragile, innocente et perverse, on comprend qu'elle suscite chez un auteur le désir d'aller plus loin, de connaître la vérité sur cette mort absurde, et, plus largement, de faire un peu de lumière sur les milieux hollywoodiens qui font rêver les midinettes. Marin Ledun s'est jeté tête la première dans cette entreprise, qu'il mène à bien dans les soixante pages de cette novella où il se met dans la peau de Robert Wagner, comédien en perte de vitesse obligé, pour maintenir un niveau de vie à la hauteur de ses ambitions et des besoins de Natalie, de tremper jusqu'au cou dans des trafics de drogue, avec la complicité de Christopher Walken, présenté ici sous un jour édifiant, qui révoltera sans aucun doute les nombreux fans de l'acteur.
Noir Linceul, de Mikhaïl W. Ramseier: une sale histoire...
De Mikhaïl W. Ramseier, je ne savais pratiquement rien avant d'ouvrir Noir Linceul. Le site de son éditeur québecois, Coups de tête, explique que Ramseier est né à Genève d'une famille d'origine russe, qu'il a pubié ses premiers poèmes à 17 ans, exercé de nombreux métiers et fait le tour du monde, avec une étape à Katmandou où il enseigne le français, en Mongolie où il est voyagiste, en Afrique du Sud et en Syrie, afin de se poser dans une île des Caraïbes. Plutôt sympathique, somme toute. Noir Linceul est son douzième livre, et ce roman se déroule presqu'entièrement à Saint-Pierre et Miquelon, contrée qui, allez savoir pourquoi, m'a toujours fascinée. Raison de plus pour aller plus loin et attaquer la lecture du roman.
10 mai 2013
Fans d'Aloysius Prendergast et de Preston & Child, ce mois de mai est le vôtre!
En grand format, une nouvelle enquête de l'élégant inspecteur Prendergast, qui clôt la trilogie où ce cher Aloysius se lance à la recherche de sa femme Hélène. Quelle est cette organisation diabolique qui l'a enlevée? C'est ce que l'enquêteur va chercher à savoir tout au long de ce suspense toujours aussi efficace, qui va le conduire jusqu'au Mexique après péripéties et rebondissements parfaitement jouissifs.
Preston & Child, Descente en enfer, traduit de l'américain par Sébastian Danchin, L'Archipel
Et en poche, Vengeance à froid, le premier volume de la trilogie "Hélène", où son beau-frère Judson Esterhazy lui révèle que sa femme Hélène n'est pas morte 12 ans plus tôt dans un accident de chasse. Elle a été enlevée... L'Ecosse, la Louisiane et la ville de New York servent de toiles de fond à une quête de la vérité riche en coups de théâtre.
Preston & Child, Vengeance à froid, traduit de l'américain par Sébastian Danchin, J'ai lu
Preston & Child, Descente en enfer, traduit de l'américain par Sébastian Danchin, L'Archipel
Et en poche, Vengeance à froid, le premier volume de la trilogie "Hélène", où son beau-frère Judson Esterhazy lui révèle que sa femme Hélène n'est pas morte 12 ans plus tôt dans un accident de chasse. Elle a été enlevée... L'Ecosse, la Louisiane et la ville de New York servent de toiles de fond à une quête de la vérité riche en coups de théâtre.
Preston & Child, Vengeance à froid, traduit de l'américain par Sébastian Danchin, J'ai lu
9 mai 2013
William McIlvanney, parrain du "Tartan noir" révèle sa mésaventure avec la BBC Scotland
Réponse de William McIlvanney à l'auteur John Niven, qui lui demande si on peut considérer son personnage de Laidlaw comme celui qui a inspiré le Taggart* de la célèbre série..."Inspiré, oui on pourrait dire cela. Disons que j'ai eu quelques rendez-vous avec BBC Scotland à la fin des années 70 - il s'agissait de réaliser une version télé de Laidlaw. Il n'y a pas eu de suite, et puis tout à coup est apparu Taggart. Un ami m'a appelé, il m'a dit : "Willie, ils ont simplement changé le lieu où on découvre le corps." J'ai bien pensé à faire un procès, mais ces choses-là usent toute votre énergie, et si j'avais perdu, je paierais encore à l'heure qu'il est. Ma mère n'a jamais pu regarder Taggart. Elle jetait sa chaussure sur la télé à chaque fois que ça commençait..."
Toute l'interview est à lire ici (en anglais).
*La série écossaise Taggart, qui se déroule à Glasgow, est sans doute une des plus prolifiques avec ses 174 épisodes diffusés jusqu'en 2010 au Royaume-Uni et traduites pratiquement partout dans le monde. Particulièrement noires, ses intrigues et ses personnages sont tordus et passionnants. On a pu en voir quelques saisons en France, et aujourd'hui encore sur certaines chaînes du satellite comme Canal Jimmy.
Toute l'interview est à lire ici (en anglais).
*La série écossaise Taggart, qui se déroule à Glasgow, est sans doute une des plus prolifiques avec ses 174 épisodes diffusés jusqu'en 2010 au Royaume-Uni et traduites pratiquement partout dans le monde. Particulièrement noires, ses intrigues et ses personnages sont tordus et passionnants. On a pu en voir quelques saisons en France, et aujourd'hui encore sur certaines chaînes du satellite comme Canal Jimmy.
Simenon, un auteur qui fait parler ses personnages
De Maigret et Simenon on a déjà tout dit, aussi vais-je me faire un plaisir d'enfoncer quelques portes ouvertes, c'est moins dangereux pour les épaules ! En fait ce qui m'a le plus surpris lors de la lecture récente de Maigret et monsieur Charles, c'est la précision chirurgicale des dialogues écrits sans ajout inutile, notamment dans les descriptifs des mimiques des intervenants qui sont généralement au rendez-vous des classiques des années 60. Aucun "insista Machin Truc en se tordant la bouche". Nul "grimaça Bidule hors de lui". Seuls les mots comptent et leur choix ainsi que leur rythme dans un face à face rituel qui donne le ton du récit à peine ponctué de quelques lignes qui font plus penser à des indications scénaristiques. D'autant que Simenon ne s'embarrasse pas à rappeler qui "cause". Un tiret et c'est tout, à vous de savoir qui a la parole en suivant attentivement le dialogue. Ce qui me fait penser que ce serait peut-être intéressant d'adapter un roman de Simenon en version audio à la manière d'une pièce radiophonique avec deux acteurs. D'autant qu'un polar de Simenon est entièrement basé sur le principe de l'interrogatoire et du face à face. Pour en revenir au bouquin, c'est chaque fois un plaisir renouvelé que de se plonger dans les polars de ce Balzac de la littérature policière qui en sociologue avisé portait un regard sans concession sur ses contemporains qui finalement sont presque les mêmes que les nôtres.
Frédéric
Frédéric
8 mai 2013
Justified, du livre à la série télé : un Stetson peut en cacher un autre
Timothy Olyphant, vous l'avez adoré dans Deadwwod, vous l'avez détesté dans Damage et le revoilà dans Justified plus cool mais impitoyable que jamais ! C'est avec un peu de retard, certes, mais à l'occasion d'un anniversaire que me voilà avec la saison 1 entre les mains. Très bonne surprise, mais je m'y attendais pour avoir lu des critiques dithyrambiques sur ce feuilleton créé par Graham Yost sous la forme de 13 épisodes courts de moins de 40 minutes chacun dont les histoires s’entremêlent tout en créant une route sinueuse et sanglante de 8 heures 57 en tout, en comptant les bonus.
Inscription à :
Messages (Atom)





