Affichage des articles dont le libellé est Benjamin Myers. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Benjamin Myers. Afficher tous les articles

3 novembre 2024

Benjamin Myers, "Le prêtre et le braconnier" : une parabole vénéneuse

 


Benjamin Myers connaît auprès du public français un parcours aussi original que sa personnalité, parcours qui favorise peu la découverte de ses livres profondément originaux, salement noirs, profondément ancrés dans cette région du nord de l'Angleterre qui nous a déjà donné bien des auteurs dans le domaine qui nous est cher, le Yorkshire. Avec Ben Myers, on n'est pas dans le Yorkshire urbain, désolé, post-industriel ravagé par la pauvreté. Avec Ben Myers, on est plongé au cœur de la campagne du nord, de ses paysages hostiles, de son climat rude, et de sa beauté noire. On lui doit déjà Dégradation et Noir comme le jour (voir ici et ici ), mais aussi Au large, un beau roman d'apprentissage, qui a remporté un grand succès au Royaume-Uni et en Allemagne et est curieusement passé "sous les radars" en France. 

9 janvier 2020

Benjamin Myers, "Noir comme le jour" : qu'elle était sombre, ma vallée

Benjamin Myers revient, et avec lui le tandem d'enquêteurs dont on a fait la connaissance dans le premier épisode, Dégradation, paru en 2018. L'inspecteur James Brindle et le journaliste Roddy Mace évoluent, cette fois encore, dans le décor riche en paysages pittoresques et en atmosphères troublantes des Yorkshire Dales et des Pennines, cette région du nord-est de l'Angleterre nichée entre Leeds, York et Teesdale. On remarquera au passage que le Yorkshire est une généreuse source d'inspiration pour bien des auteurs de romans noirs, allez savoir pourquoi... D'ailleurs David Peace a écrit tout le bien qu'il pensait de Benjamin Myers, et ce n'est pas surprenant car la parenté entre les deux auteurs ne se limite pas à la localisation. Pour autant, n'allez pas vous imaginer une promenade touristique. Ceux d'entre vous qui ont lu Dégradation savent que ça n'est pas le genre de la maison... Les autres vont vite le comprendre.

James Brindle, grand, efflanqué, élégant, froid, le visage défiguré par un angiome, membre de l'unité d'élite spécialisée dans les crimes majeurs surnommée la Chambre froide, est en congés prolongés. Ses supérieurs lui ont fortement conseillé de prendre un repos bien mérité après l'affaire traumatisante que Benjamin Myers racontait dans Dégradation, et qui impliquait la mort violente - c'est un euphémisme - des multiples victimes d'un psychopathe à la personnalité particulièrement complexe. 

Roddy Mace, de son côté, rumine ses ambitions passées, repense à sa carrière londonienne avortée, songe à son projet de livre et, en attendant mieux, travaille pour le Valley Echo, une feuille de chou locale sans moyens ni ambition. Brindle vit seul dans son appartement tiré au cordeau, s'adonne à ses légendaires TOC et à ses exercices physiques dûment comptés, se coupe volontiers du monde extérieur. Mace, lui, habite une sorte de péniche certes originale, mais inconfortable, froide et humide. Seul, lui aussi, avec son manque d'alcool. C'est un flash d'actualités de la chaîne locale de la BBC qui va faire basculer les deux hommes de l'autre côté du miroir... 

Articles récents