Table ronde animée par Mikaël Demets et Clémentine Thiébault
La ville change en fonction de l'époque, la langue que vous utilisez porte les stigmates de l'histoire. Par exemple, chez Philip Kerr, les noms des rues changent à Berlin. Mëme chose à Shanghaï pour Qiu Xialong, une ville qui change à toute vitesse.Philip Kerr : Je suis allé souvent à Berlin, qui est très différent du reste de l'Allemagne. C'est une ville très indépendante, très difficile. Un peu comme Londres est très différent de l'Angleterre ou comme la province regarde Paris avec un peu de détresse. Hitler haïssait les Berlinois, il s'en méfiait, comme le Kaiser. C'est cela qui fait qu'une ville est grande : son indépendance d'esprit. Souvent, les Américains viennent à Paris et ils s'exclament : "Oh, ils sont si grossiers...". Moi je dis "Fantastique. Allez vous faire foutre, si vous n'êtes pas capables d'aimer une des plus belles villes du monde." C'est comme Londres, c'est une ville difficile, où les gens n'ont pas le temps... C'est à l'individu de s'entendre avec la ville, pas le contraire.
Philip Kerr |