22 avril 2019

Arnaldur Indridason, "Ce que savait la nuit" : un nouvel enquêteur, une plongée dans le passé

Konrad, tel est le nom du nouvel enquêteur que nous présente Arnaldur Indridason. Côté localisation, nous ne quittons pas Reykjavik. Konrad, policier à la retraite, veuf de fraîche date, s'efforce de se faire à sa nouvelle vie et à vrai dire, la réussite n'est pas au rendez-vous... Le deuil, l'ennui, la nostalgie, la vie en banlieue alors qu'il aime le centre ville, les insomnies, les perspectives peu réjouissantes d'un avenir solitaire et vide, si vide, font de lui un être tourmenté, mélancolique... Le vin, les cigarillos, les tubes des années 60 et 70, la famille - il a une sœur, la bibliothécaire Elisabet, et un fils lui-même père de jumeaux - tout cela ne l'aide pas à reprendre du poil de la bête. Le temps a beau passer, Konrad ne parvient pas à oublier son escroc de père, dont le meurtre, en 1963,  n'a jamais été élucidé.

15 avril 2019

Anders Roslund, l'interview en roue libre à Quais du polar 2019

Photo Emil Eiman

Co-auteur de la trilogie 3 secondes, 3 minutes, 3 heures, Anders Roslund était présent au festival Quais du polar pour y présenter le premier volume (voir la chronique ici). Un thriller contemporain et très réussi, l'occasion ou jamais d'en savoir plus sur un auteur aux multiples récompenses.

Vous avez participé aujourd'hui à une table ronde sur le roman d'espionnage, et vous sembliez un peu mitigé sur le sujet...
En fait, je trouve qu'on en est resté à la Guerre froide, et qu'il serait temps qu'on passe à l'espionnage d'aujourd'hui et du futur, simplement...

Parlons donc tout de suite de la trilogie 3 secondes, 3 minutes, 3 heures.
Mon fils est en train de quitter la maison, il avait besoin de cartons pour ranger ses affaires. Et en cherchant des cartons, je suis tombé sur une boîte dans laquelle je gardais les souvenirs de l'époque où j'espérais devenir écrivain un jour... J'ai découvert un exemplaire du principal quotidien suédois daté d'il y a vingt ans à peu près. En dernière page, il y avait la liste des best-sellers du mois. Et dans cette liste, il n'y avait aucun polar suédois !  

14 avril 2019

Anders Roslund et Börge Hellström, "3 secondes" : d'infiltration en schizophrénie


Premier volume d'une trilogie dont les volumes suivants s'intitulent 3 minutes et 3 heures, 3 secondes est l’œuvre commune de Anders Roslund, journaliste spécialisé dans les affaires criminelles, homme de télévision et Börge Hellström, décédé en 2017, ancien détenu, fondateur d'un organisme de prévention, très actif dans la réhabilitation des délinquants et des toxicomanes. Le duo est d'ores et déjà l'auteur de 6 romans, dont 3 ont été traduits en français. 

Ce premier volume fait l'objet d'une adaptation au cinéma, qui devrait sortir à l'été 2019. Quant à la trilogie, elle a d'ores et déjà été récompensée par le CWA International Dagger, le Prix du polar scandinave et le Prix des auteurs de polar suédois.

7 avril 2019

Joseph Knox : l'interview en roue libre à Quais du polar 2019

Joseph Knox - photo Maryan Harrington
Quais du polar 2019 ! Passage éclair cette année, suffisant néanmoins pour apprécier le succès incroyable du festival lyonnais (plus de 100 000 visiteurs en trois jours), et les deux prix décernés à Frédéric Paulin pour La guerre est une ruse (Prix des Lecteurs Quais du Polar / 20 Minutes) publié chez Agullo et à Tim Willocks pour La mort selon Turner (Prix Le Point du polar européen) publié chez Sonatine. Près de 140 auteurs invités, plus de 40 000 livres vendus, un "focus" sur le polar nordique, des tables rondes à foison, que vous pourrez retrouver en replay sur le site de Quais du Polar

Et puis l'occasion de rencontrer Joseph Knox, l'auteur de Sirènes (voir chronique ici), une de mes plus précieuses découvertes 2018. Merci à lui d'avoir joué le jeu de l'interview en roue libre, merci pour sa spontanéité et le temps qu'il m'a généreusement accordé. Une interview à l'issue de laquelle vous n'aurez qu'une envie : découvrir Sirènes si ce n'est pas encore fait, et attendre avec impatience son deuxième roman, à paraître en septembre au Masque.

29 mars 2019

Franck Bouysse, l'interview en roue libre saison 4, "Né d'aucune femme")

Franck Bouysse à la librairie Ici
Né d'aucune femme (voir chronique ici) n'est en librairie que depuis janvier, et déjà il a fait la conquête des lecteurs fidèles de Franck Bouysse, mais aussi de nombreux nouveaux lecteurs qui le découvrent avec ce roman bouleversant, terrifiant, magnifique. Interviews, émissions littéraires à la radio et à la télévision, critiques unanimes : c'est un vrai bonheur que de voir un auteur qu'on affectionne trouver la reconnaissance qu'il mérite. Inutile de dire que ce nouveau roman suscite beaucoup de questions. Franck Bouysse a bien voulu répondre aux miennes, avec générosité, sensibilité et franchise. Un grand merci à lui pour son temps et sa fidélité...

27 mars 2019

Frédéric Paulin, "Prémices de la chute" : de Roubaix à Manhattan

A peine Frédéric Paulin vient-il d'obtenir le Grand Prix du roman noir français et le Prix des lecteurs Quais du polar - 20 minutes pour La Guerre est une ruse (voir la chronique ici et l'interview ) que vous n'avez plus qu'à vous précipiter chez votre libraire préféré pour vous procurer Prémices de la chute, suite de La Guerre est une ruse, où il continue sa course, à la recherche de l'histoire, du passé, du présent et du futur... Autant le dire tout de suite : Prémices de la chute va vite, très vite. Et loin, très loin.

Entre Roubaix en 1996 et Manhattan en 2001, le terrorisme islamiste a pris un essor dramatique, et emprunté des voies aussi inattendues qu'effrayantes. "On ne se prépare pas à la guerre". C'est ainsi que commence le roman. Nous sommes dans le Nord, Lille, Roubaix, Tourcoing, Croix... Et les flics qui sont en train de se faire canarder ne sont pas préparés à la guerre. Le capitaine Joël Attia et le lieutenant Riva Hocq, de la PJ, sont dans leur voiture quand leur parvient l'appel du major Cardon. A quelques kilomètres de là, "des flics qui s'apprêtaient à contrôler une Audi se font arroser à l'arme de guerre." Attia fonce vers les lieux du combat : une résidence, au bout d'une avenue. La ville est calme, nous sommes dans la banlieue de Roubaix. Sauf là-bas, au bout de la rue; c'est le carnage, ça sent la poudre, il y a du sang par terre. Attia et Hock sont hébétés, effondrés, ils ne comprennent rien à ce qui est en train de se nouer devant eux.

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