23 juin 2019

Luc Chomarat, "Le dernier thriller norvégien" : le délice glacé de votre été

On annonce une canicule à 40°, on se précipite sur les climatiseurs et les ventilateurs. Voilà une idée toute fraîche pour résister à la chaleur : le nouveau roman de Luc Chomarat qui, après Le Polar de l'été (voir chronique ici), nous offre cette année un de ces bijoux dont il a le secret. Le genre de texte qui donne au lecteur l'impression qu'il est intelligent, ce qui est plutôt malin. Le genre de texte qui vous redonne goût à la littérature, pour peu que vous l'ayez perdu - ça peut arriver... Le genre de texte qui vous arrache un sourire qui ne quittera pas votre visage tant que vous n'aurez pas tourné la dernière page.

7 juin 2019

Cathi Unsworth," London Nocturne" : Londres sous les bombes, des femmes massacrées

Quel plaisir de retrouver Cathi Unsworth ! Avec London Nocturne, son dernier roman habillé d'une couverture magnifique, elle reprend son bâton de pèlerin, celui qui la guide à rebours de l'histoire de l'Angleterre. Avec Bad Penny Blues (voir chronique ici), elle nous attirait à la fin des années 50, jusqu'à la veille des années pop. Dans London Nocturne, c'est le Londres de la Seconde Guerre mondiale qui sert de toile de fond à un roman très noir, où les femmes sont une fois de plus les victimes de terribles violences, de meurtres barbares... En 1942, les rues de Londres sont dévastées, les bombardements ont chassé de la capitale bon nombre de familles parties se mettre en sécurité à la campagne. Celles et ceux qui sont restés en ville doivent se battre pour survivre. Surtout les femmes... Pour celles qui gagnent leur vie en donnant du plaisir aux hommes, c'est double peine. Non seulement il faut survivre aux bombardements, aux privations, continuer à gagner sa vie, mais en plus il faut échapper aux violences et aux agressions. Depuis quelques semaines, un meurtrier particulièrement violent sévit, laissant derrière lui les cadavres mutilés de femmes de tous horizons, seules, abandonnées à leur sinistre destin...

6 juin 2019

Wojciech Chmielarz, "La Colombienne" : quand l'inspecteur Mortka décolle

Les séries ne sont pas si populaires que cela dans nos contrées francophones, allez savoir pourquoi. Il faut aux personnages récurrents un certain temps pour s'installer, et comme le monde de l'édition a perdu sa patience, il est devenu  bien difficile à de nouveaux enquêteurs de s'imposer. Et puis de temps en temps, victoire ! Un nouveau héros est né. C'est le cas de Jakub Mortka, dit le Kub, créature de l'auteur polonais Wojciech Chmielarz, dont les éditions Agullo viennent de publier la troisième enquête, déjà récompensée par le Prix du meilleur polar polonais. Après Le pyromane (voir chronique ici) et La ferme aux poupées (voir chronique ici et interview là), La Colombienne marque une étape dans l'évolution du romancier et de son héros: les intrigues se multiplient, s'entrecroisent et se rejoignent, l'histoire s'internationalise et prend du coup une ampleur plus ambitieuse. Dans ces cas-là, un danger guette : celui de la métamorphose du personnage, éventuellement d'une certaine "standardisation" . Wojciech Chmielarz n'est pas tombé dans le piège : le personnage du Kub continue à évoluer, à mûrir, mais sa personnalité profonde reste la même, et c'est tant mieux, car comme chez les "vrais" humains, ce sont souvent les failles qui font d'un héros romanesque ce qu'il est et qui le rendent attachant.

3 juin 2019

Week-end de Pentecôte : tous à l'Ouest !

Cette année comme les précédentes, la Bretagne accueille pour le week-end de Pentecôte "la crème de la crème" des auteurs internationaux, tous genres confondus. De Saint-Malo à Penmarc'h, finalement la route n'est pas si longue et personne ne vous empêche de vous offrir un beau doublé. D'autant que cette année les programmes d'Étonnants voyageurs et du Goéland masqué sont plutôt séduisants, jugez-en :


Étonnants voyageurs a beau nous avoir habitués à une liste d'invités impressionnante en qualité comme en quantité, cette année est particulièrement riche, avec une programmation thématique passionnante, des tables rondes prometteuses, des remises de prix, des expos, des films, des spectacles. A noter, dans le domaine du polar et du roman noir, la présence de Franck Bouysse, Hervé Le Corre, Andrée A. Michaud, Patrick Raynal, Thomas McGuane, Ron Rash, Jon K. Stefansson, Olivier Truc, Bertrand Tavernier, James Bradbury et bien d'autres.

Côté Goéland masqué, si la taille est plus modeste, l'ambition est au rendez-vous avec des invités fidèles et prestigieux. Deux Prix Goncourt seront à Penmarc'h cette année : Nicolas Mathieu, Goncourt 2019 pour Leurs enfants après eux (Actes sud) et Alice Zeniter, Goncourt des lycéens pour L'art de perdre (Flammarion). Côté international, on notera la présence de la formidable Cathi Unsworth qui viendra présenter son tout nouveau roman, London Nocturne (traduction Isabelle Maillet, Rivages), de Jake Hinkson, Victor del Arbol, Carlos Zanon. Côté français, du beau monde également avec Pascal Dessaint, Marc Villard, Jean-Bernard Pouy, Benoît Severac, Thomas Cantaloube... La littérature jeunesse et la BD ne sont pas oubliées. Des jeux littéraires, des ateliers, des signatures, des tables rondes témoignent du dynamisme de l'association autour d'un festival qui n'en finit pas de grandir.

2 juin 2019

"White Spirit", de Pierre-François Moreau : le sort tragique des black beauties du Nigeria

Début mai 2019, l'hebdomadaire Le Point consacrait un article édifiant  au sort terrible des jeunes Nigérianes victimes de réseaux mafieux de prostitution, qui, de plus en plus souvent, se retrouvent dans le sud de la France, après avoir été longtemps dirigées vers l'Italie. 

White Spirit s'attaque donc à un sujet plus que jamais d'actualité, et l'angle romanesque ne fait qu'accentuer l'horreur que vivent ces jeunes femmes prisonnières d'un système impitoyable qui joue habilement avec l'influence des forces magiques et la peur des représailles.

20 mai 2019

Ambrose Parry, "Le coeur et la chair" : formidable début pour une nouvelle série prometteuse

Décidément, Chris Brookmyre est partout, et c'est tant mieux. Cette fois, c'est avec son épouse le médecin anesthésiste Marisa Haetzmann, et sous le pseudonyme de Ambrose Parry, hommage à notre Ambroise Paré national, qu'il se lance dans une série de romans historiques situés à Edimbourg et centrés autour de James Simpson, célèbre médecin écossais qui découvrit les propriétés anesthésiantes du chloroforme. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais quand on y réfléchit un peu, on prend la mesure de ce que bon nombre de malades doivent à James Simpson, dont on peut voir la statue dans les jardins de Princes Street, à Edimbourg bien sûr.

Articles récents