15 septembre 2022

Jurica Pavičić, l'interview en roue libre



Le nouveau roman de Jurica Pavičić, La femme du deuxième étage, vient de paraître (voir la chronique ici ). On lui souhaite ardemment le même sort qu'au premier, L'Eau rouge : un succès public et critique, et une pluie de récompenses. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ce nouveau roman, écrit deux ans avant L'Eau rouge, suscite des interrogations. Jurica Pavičić a bien voulu prendre le temps de répondre à mes questions, merci infiniment à lui et à son éditeur.

14 septembre 2022

Jurica Pavičić, La femme du deuxième étage : pur roman noir, tragédie féministe


On attendait avec impatience le deuxième roman traduit en français du romancier croate Jurica Pavičić, auteur de L'eau rouge, (voir la chronique ici) paru en 2021 chez Agullo et récompensé par de multiples prix, en particulier le prix Le Point du meilleur polar européen et, tout récemment, le trophée Michèle Witta du meilleur roman non francophone décerné par 813. Dès aujourd'hui, vous pouvez trouver chez votre libraire préféré La Femme du deuxième étage, traduit par Olivier Lannuzel et, assurément, vous ne serez pas déçu. Surpris peut-être, ce qui est toujours une bonne chose : quand un auteur du calibre de Jurica Pavičić investit le genre qui lui est cher - le roman noir - il y a fort à parier que le résultat sera une réussite. La Femme du deuxième étage est donc un roman noir, qui se concentre sur le destin d'une femme croate, Bruna.  Paru en Croatie en 2015, il a été écrit deux ans avant L'Eau rouge

13 septembre 2022

Benoît Séverac, Le Tableau du peintre juif : quand un homme renaît de son histoire


Stéphane, 52 ans, est un homme à la dérive : il vient de perdre son entreprise de transports dans des circonstances dramatiques. Quelques années auparavant, le petit hôtel qu'il tenait avec son épouse Irène avait fait faillite. Il est en pleine déprime : sa femme n'en peut plus, ses filles non plus, mais comme elles ont toutes les deux quitté la maison, ça se voit moins. Il traîne à la maison pas rasé, pas lavé. Il ne se reconnaît plus, et Irène non plus. Il est bien loin, le temps où ils partageaient les discussions enflammées, les rires, les projets enthousiastes... Le couple vit dans une maison encore en travaux et pas encore payée près de Firminy, pas très loin de Saint-Étienne. Irène travaille, heureusement, mais son emploi de vendeuse dans un magasin de vêtements n'a rien d'exaltant et ne rapporte pas grand-chose. En réalité, tout est réuni pour que le couple se fracasse sur le mur de l'échec économique et des illusions perdues. 

26 août 2022

Maryla Szymiczkowa, "Madame Mohr a disparu" : whodunit à Cracovie


Maryla Szymiczkowa est le pseudonyme du couple d'auteurs polonais Jacek Dehnel et Piotr Tarczynski, et Madame Mohr a disparu est la première d'une série d'enquêtes dont l'héroïne est Zofia Turbotynska, une bourgeoise de 38 ans qui vit rue Saint-Jean à Cracovie avec son mari, professeur à l'université. Nous sommes en 1893 et Zofia Turbotynska s'ennuie. Certes, la situation de son mari lui confère un certain statut dans la bonne société cracovienne, mais elle aspire à davantage. Il faut dire qu'elle a fait ce qu'il fallait pour faire oublier ses propres origines "provinciales" : Zofia n'est pas née à Cracovie, mais à Przemysl. Elle a néanmoins reçu une excellente éducation qui lui a permis d'épouser Ignacy, puis a travaillé dur pour adopter les habitudes qui font une Cracovienne respectable : elle fréquente les bons commerçants, va à la messe quand il faut et lit le bon journal. Elle connaît comme personne l'histoire des grandes familles de la ville. N'empêche, Zofia s'ennuie. Sa vie domestique et ses vaines tentatives pour devenir poétesse ne suffisent pas à son bonheur. Alors elle fait dans les bonnes œuvres et s'efforce de recueillir des fonds pour les enfants atteints de tuberculose.

24 août 2022

Tana French, "La Colline aux disparus" : un flic de Chicago dans la campagne irlandaise


Pour la deuxième fois de suite, Tana French laisse de côté ses enquêteurs de la brigade de Dublin pour offrir à ses lecteurs une histoire où la quête prend le pas sur l'enquête. Cal Hooper, jeune retraité de la police de Chicago - il a 48 ans - a décidé de tourner le dos à sa vie de flic de la grande ville, aux crimes, aux violences, à l'injustice sociale et aux ravages de la drogue. Il ne parvient pas à se remettre de son divorce avec Donna, qu'il n'a toujours pas compris, et laisse derrière lui sa fille Alyssa, qui a choisi de travailler pour un organisme humanitaire de Seattle. S'installe-t-il dans un coin perdu du Montana ? Non, il fait le choix plus radical de partir pour l'Irlande, où il vient d'acheter une petite maison en pleine campagne, près du village d'Ardnakelty, au pied des montagnes, pas très loin de Dublin. 

18 août 2022

Ambrose Parry, "Une lignée corrompue" : le triomphe du romanesque


Voilà le troisième volume, très attendu (par moi, en tout cas...) de la série créée par l'auteur de romans noirs Christopher Brookmyre et son épouse Marisa Haetzman, anesthésiste, sous le pseudonyme de Ambrose Parry, hommage au célèbre chirurgien français du XVIe siècle. La quatrième de couverture nous apprend d'ailleurs que la série est en cours d'adaptation pour la télévision par la société de production de Benedict Cumberbatch, homme de goût s'il en est. Pour mémoire, un bref rappel de l'histoire des principaux protagonistes, Sarah Fisher et Will Raven. La première a échappé toute jeune à un funeste destin et a trouvé sa place auprès du célèbre Professeur Simpson, pionnier de l'utilisation du chloroforme pour l'anesthésie, d'abord en tant que domestique puis en tant qu'aide. Le second, diplômé en médecine,  est l'assistant du Professeur et se dévoue comme lui à la santé des petites gens. Ces deux-là entretiennent une relation complice et affectueuse.

Articles récents