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1 novembre 2012

Cadfael ne demande qu'à reprendre du service

Il y a des séries télé qui ont marqué leur temps mais qui finissent pourtant par tomber dans les oubliettes un jour ou l'autre. Parfois c'est une très bonne chose mais il arrive aussi que ce soit dommage. C'est le cas de Cadfael, un polar historique qui se passe au début du XIIe siècle, réalisé à partir des romans à succès d'Ellis Peters. Derek Jacobi* qui tient le rôle du moine détective personnifie à la perfection ce héros attachant en robe de bure et sandalettes été comme hiver... Brrr, j'en frissonne encore ! Heureusement que ces feuilletons d'une heure quinze sont publiés en coffrets et qu'ils sont relativement faciles à trouver d'occasion à petit prix car c'est un véritable plaisir que de cotoyer ce sympathique héros en proie à sa hiérarchie, eh oui déjà en ce temps-là, et aux puissants qui dominent la contrée, là aussi rien n'a changé. Les reconstitutions du village et de l'abbaye de Shrewsbury en Hongrie pour les besoins du tournage sSix mois de travaux ont été nécessaires) sont simples et de bon goût sans tomber non plus dans le carton pâte ou le bricolage grossier. Dans ces 13 épisodes basés systématiquement sur un crime résolu à la fin grâce au talent de détective de Cadfael tout est dans la psychologie des personnages hauts en couleurs, souvent associés à une actualité historique qui laisse à penser que finalement pas grand chose n'a changé sous nos latitudes. Assassinat pour le profit ou l'ambition politique, meurtre d'un détraqué, vol ou autre rapine qui tourne mal et crimes familiaux feront la joie des amateurs de feuilletons en costumes avec un plus dû à la qualité des dialogues qui sonnent sans anachronisme. Profitez des cadeaux de Noël pour faire redécouvrir à vos amis cette série qui mérite le détour et qui est malheureusement absente des chaînes numériques terrestres.

* Un acteur que l'on retrouve, entre autres, dans un épisode de Miss Marple, L'affaire Protheroe, où il interprète le rôle d'un militaire à la retraite particulièrement odieux.

Les épisodes
- Première saison (1994)
Un cadavre de trop (One Corpse Too Many)
Le Moineau du sanctuaire (The Sanctuary Sparrow)
Le Lépreux de Saint-Gilles (The Leper of St Giles)
Le Capuchon du moine (Monk's Hood)
- Deuxième saison (1995-1996)
La Vierge dans la glace (The Virgin in the Ice)
L'Apprenti du diable (The Devil's Novice)
Trafic de reliques (A Morbid Taste for Bones)
- Troisième saison (1997)
Une rose pour loyer (The Rose Rent)
La Foire de Saint-Pierre (St. Peter's Fair)
Les Ailes du corbeau (The Raven in the Foregate)
- Quatrième saison (1998)
Le Saint voleur (The Holy Thief)
Le Champ du potier (The Potter Field)
Le Pèlerin de la haine (The Pilgrim of Hate)

26 octobre 2011

Cadfael, un moine détective au XIIe siècle

En 1994 la télévision britannique proposait à ses téléspectateurs 13 épisodes de 75 minutes basés sur les romans d’Ellis Peters. Deux ans plus tard la France diffusait sur Canal+ cette série culte. C’est le grand rôle de Derek Jacobi que les cinéphiles reconnaîtront sur notre trombinoscope car il a participé à de nombreux feuilletons (Claudius) et films (Gladiator). Nous sommes au XIIe siècle en Angleterre. Frère Cadfael est un ancien militaire qui a prononcé ses vœux après une vie mouvementée consacrée aux croisades. Non seulement il exerce avec talent l’activité d’herboriste mais son sens de l’observation et de la déduction lui permet de participer à des enquêtes sur des meurtres et disparitions autour de l’abbaye de Shrewsbury. Il seconde Hugh Berringer en charge de la police de la région et se retrouve souvent en conflit avec sa hiérarchie pas tout à fait d’accord avec l’exercice de cette activité de détective en robe de bure au sein de leur communauté.

24 avril 2011

Frère Cadfael, tout le monde connaît et pourtant...

Lire un roman d’Ellis Peters à une époque où les polars se veulent de plus en plus "trash", ça a un petit côté ringard. Eh bien oui, voilà, tant pis, j’aime les histoires où le crime paraît presque "modeste" par rapport à tout ce qu’on peut lire actuellement. D’accord, c’est un livre que j’ai acheté 2 euros chez Gibert, dans une caisse au sous-sol, rayon polars, pendant une opération spéciale "soldes et occasions". Mais il n’empêche que ce fut un vrai plaisir de se plonger dans ce roman qui se passe dans une Angleterre troublée, en l’an de grâce 1141. Un texte qui tient plus de la prouesse d’historien que du spécialiste de l’énigme tordue, car le meurtre en lui-même est très en arrière-plan par rapport aux événements, notamment les conflits larvés entre Gallois et Anglais. Frère Cadfael y tient un rôle d’important puisqu’il est d’origine galloise et parle donc les deux langues : il peut ainsi communiquer avec les différents protagonistes des deux côtés de la frontière. Les noms de personnages aux consonances typiques comme Eliud, Owain, Gwynedd, Madog ap Meredith ou encore Cadwaladr, ou les lieux tels que Oswestry, Whitchurch, la vallée de la Rea, Minsterley et bien sûr Shrewsbury tournoieront dans votre tête et par moments se mélangeront certainement un peu, créant parfois des difficultés dans la compréhension de l’histoire. Mais quel plaisir de lire la langue raffinée de ces auteurs pour qui le plaisir des mots est sans doute aussi grand que celui de créer une intrigue haletante. Ce livre m’a donné envie de relire toute la série des Cadfael parus dans la collection 10/18, mais là je sens que ça va me coûter plus cher : il va falloir taper dans le neuf.

Ellis Peters - La rançon du mort - 10/18

Frère Cadfael fait pénitence... moi aussi !
Coup de bol : huit jours après l'écriture du premier texte, j'en ai trouvé un autre. Mais déception après lecture de ce énième épisode des aventures de frère Cadfael, ce livre ne ressemble pas du tout aux autres dans la mesure où il n'y a pas d'enquête, mais une suite d'épisodes romanesques dans la grande tradition des livres de chevalerie. Si vous avez aimé Ivanhoé ou Quentin Durward, vous serez ravi de retrouver la même ambiance (attaques de châteaux, oubliettes). En revanche, si vous vous attendiez à un bon vieux Ellis Peters à l'ancienne, mieux vaut passer votre chemin.

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