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1 avril 2015

Quais du polar 2015 - Le poids de l'histoire

La question du poids de l'histoire dans le roman noir et le roman policier aboutit souvent à la question de la recherche, de la documentation. Avec des histoires différentes et des approches sensiblement variées, les quatre auteurs aboutissent à une conclusion comparable... Une table ronde animée par Françoise Monnet.


Avec Attica Locke, Yasmina Khadra, Michel Bussi et Tom Rob Smith
Attica Locke, auteure et scénariste américaine
Son dernier roman : Dernière Récolte, traduit par Clément Baude, Paris, Gallimard, Série noire,
Yasmina Khadra, auteur algérien
Son dernier roman paru  : Qu'attendent les singes? Julliard
Michel Bussi, romancier français
Son dernier roman paru, Gravé dans le sable (Presses de la Cité) est en fait la réédition de son roman paru en 2007, Omaha Crimes
Tom Rob Smith, auteur anglais
Il est surtout connu pour la trilogie "Leo Demidow", qui se déroule dans la Russie post-stalinienne, et dont le dernier volume, Agent 6, a paru chez Belfond en 2013

Morceaux choisis...


Attica Locke : En 2004, j'ai assisté à un mariage mixte sur les lieux d'une ancienne plantation, une terre souillé du sang des esclaves, un lieu transformé en un véritable parc d'attraction, avec des cafés, des boutiques... C'est ce qui a inspiré mon dernier roman. Qu'est-ce qui a vraiment changé ? Il n'y a pas de lieu de mémoire pour les noirs américains, il y a véritablement un manque d'histoire.

Attica Locke
Michel Bussi : Je n'ai pas d'ambition d'historien. Mais j'ai entendu, dans mon enfance, mes parents et ma famille me parler du débarquement. Ce qui m'a intéressé dans ce livre, c'est le regard sur l'histoire que portent les Normands.

Michel Bussi et Attica Locke

24 octobre 2011

Michel Bussi et ses "Nymphéas noirs" croulent sous les prix!


Ce roman atypique et virtuose que le Blog du polar vous avait conseillé (voir la chronique et l'interview de Michel Bussi) a reçu le Prix Polar Michel Lebrun, le Prix Gustave Flaubert, le Prix du Polar Méditerranéen de Villeneuve-lez-Avignon et le Prix des Lecteurs du Festival Polar de Cognac. On vous l'avait bien dit, vous n'avez plus aucune excuse pour ne pas lire !

Michel Bussi - Nymphéas noirs, Presses de la Cité

29 mai 2011

Michel Bussi, l'homme aux nymphéas noirs, avoue tout (enfin presque) au Blog du polar


Nous avons parlé il y a peu de Nymphéas noirs, le dernier roman de Michel Bussi (voir la chronique ici). Curieux comme nous sommes, nous avons eu envie d'en savoir plus. Beau joueur, l'auteur a répondu à nos questions.

LBdP : Comment vous situez-vous dans la déferlante actuelle de romans policiers qui envahissent les librairies, pour le plus grand bonheur des lecteurs, mais aussi pour leur plus grand embarras...?
MB : On prétend que plus de plus de 2000 romans policiers sortent chaque année en France… Pour cultiver ma petite différence, disons que je ne me situe ni dans le roman noir, ni dans le thriller sanglant, mais davantage dans le « whodunit » (le «  quiquatué », pour le dire en français)

LBdP : Seriez-vous capable de mettre en scène un authentique "serial killer"? Car dans
Nymphéas noirs, si le criminel se rend coupable de plusieurs assassinats, il
n'en n'est pas pour autant un serial killer comme on l'entend habituellement.
MB : Capable, sans doute. Envie, pas vraiment. Le serial killer, c’est trois fois sur quatre le niveau zéro de l’imagination chez les auteurs. C’est au mieux une grosse ficelle de scénario (la série de cadavres comme fil conducteur), au pire un prétexte racoleur (et je tue, rien que par sadisme, des innocents, des familles, des enfants,). Je crois que dans un atelier d’écriture prochain, je vais un demander à mes élèves de prendre 5 minutes, de penser à n’importe quel thème, et d’inventer un serial killer  en rapport. Bien concentré, on peut inventer une bonne dizaine de serial killers à la minute.

LBdP : Vous semblez très à l'aise avec les personnages féminins, ce qui n'est pas
nécessairement le cas pour les auteurs de romans policiers. Comment
expliquez-vous cette apparente facilité avec laquelle vous faites parler les
femmes, de façon crédible et sensible ?
MB : Voilà une question qui me fait plaisir ! On dit souvent que pour réussir à cela, un homme doit avoir été élevé dans un univers de femmes, sans père. C’est mon cas. J’ai également une vision assez romanesque des femmes. Mes lectrices trouvent peut-être cela flatteur. Je dois être moins indulgent avec mes héros…

LBdP : Votre Code Lupin a parfois été comparé au Da Vinci Code. Flatté ou agacé ?
MB : Je l’ai un peu cherché tout de même  avec mon héros qu’il s’appelle Rolland Bergton ! Il est de bon ton de ricaner sur la construction linéaire du Da Vinci Code… Cela dit, Dan Brown, possède au moins un talent rare, celui de vous donner une envie irrépressible d’aller visiter les lieux qu’il décrit, Paris, Rome ou Washington… Cette envie, c’est le moteur même de Code Lupin, et un peu aussi des autres romans…

LBdP : Quel est votre mode de fonctionnement? Certains auteurs veulent traiter un thème
précis, et construisent leur histoire autour. D'autres commencent par bâtir leur
intrigue, d'autres encore veulent susciter un certain type d'émotion (la peur,
l'empathie, la compassion, la curiosité...) Pensez-vous que ces trois approches
(parmi d'autres) conditionnent nécessairement le résultat final ?
MB : Parmi elles, je retiens d’abord l’intrigue ! Un roman est  d’abord une histoire, rien qu’une histoire, seulement une histoire, avec une fin bluffante et un début qui rend le lecteur accroc…  Pour moi, c’est l’intrigue qui rend les personnages intéressants, leurs émotions plus fortes et leurs décors plus envoutants… Pas l’inverse…

LBdP :  Votre passage chez un éditeur parisien, après une longue fidélité à un éditeur
régional, a-t-il changé radicalement votre façon de travailler (avant, pendant
et après la publication) ?
MB : Avant, pas vraiment. Contrairement à ce que l’on croit, l’éditeur laisse toute liberté à son auteur. Donc je travaille seul jusqu’à que je sois assez fier de moi pour aller rendre ma copie…
Pendant, un peu. Un éditeur national possède une équipe beaucoup plus structurée de relecteurs, de maquettistes, de publicitaires, de services de presses…  La première fois que mon éditeur m’a invité à déjeuner sur la Butte aux cailles avec toute l’équipe, j’étais super fier, avec presque l’impression d’être un provincial qui entre dans le cénacle du cercle culturel parisien…
Après beaucoup. Ma maison d’édition (les Presses de la cité) s’active sur tous les fronts ; service de presse bien entendu, mais aussi les festivals, les éditions en poche, les adaptations télé, les sorties en club de lecture… Un vrai travail d’équipe ! J’ai compris que la qualité du livre est une condition nécessaire, mais pas suffisante…


LBdP :  La littérature policière a ses figures mythiques. Pourriez-vous citer 5 titres
de littérature policière / noire qui vous ont particulièrement marqué et qui ont
contribué à votre démarche d'auteur ?
Je cite 5 livres donc, du plus récent au plus ancien dans l’ordre de mes lectures. Un choix peut-être surprenant … mais il s’agit de livres dont j’ai eu à chaque fois l’impression de n’avoir jamais rien lu de tel auparavant… et qui ont donc forcément inspiré ma façon de raconter des histoires…
1.    Juste un regard, Harlan Coben
2.    Les rivières pourpres, Jean-Christophe Grangé
3.    L’été meurtrier, Sébastien Japrisot
4.    10 petits nègres, Agatha Christie
5.    Alice chez les incas, Caroline Quine


LBdP : Enfin, que pensez-vous de l'éternelle dualité littérature générale / littérature
policière ? Pensez-vous que certains auteurs contribuent à rendre plus floue la
frontière entre les deux ? Croyez-vous, comme certains passionnés, que la
littérature policière, si elle veut garder sa liberté, doit garder son "quant à
soi" ?
MB : Difficile de garder sa liberté sans faire sauter les frontières…  donc je n’ai aucune hésitation, il y a des histoires que l’on écrit, qui contiennent une tension,  un suspense, des rapports de pouvoir. Définis ainsi, les contes  traditionnels sont des romans policiers (Blanche-neige, le Petit chaperon rouge, le Petit poucet). Même constat pour les tragédies classiques. Réduire la littérature policière à des histoires de flics, parfois même écrite par des flics n’aurait aucun intérêt selon moi….

LBdP : Enfin, question "fétiche" : écrivez-vous en musique ? Si oui, quelle musique
vous a accompagné pendant l'écriture de Nymphéas noirs ?
MB : Oui, je l’avoue, j’écris en musique…
Laquelle ?
« Une souris verte, c’est Gugusse avec son violon, dans sa maison un grand cerf », chanté par ma fille de 3 ans sur son tapis de jeu à côté de moi…

Un rythme de rap (auteur inconnu), qui sort du MP3 du type assis à côté de moi dans le Rouen-Paris
Un hit plutôt dansant qui passe en boucle sur Virgin radio, dans une des chambres de mes ados à l’étage…
« Chuuut, papa travaille…  On maaange… Michel ! Miiiichel ? Miiiiiiiiiiichel ?"
Bref, autant de moments d’écriture grappillés dans une maison et une vie joyeuses et bruyantes.


Les romans de Michel Bussi :
Nymphéas noirs, Presses de la cité, 2010
Code Lupin - un Da Vinci Code normand, PTC, 2006
Omaha Crimes - Le polar du débarquement en Normandie, PTC, 2007
Mourir sur Seine - Le polar de l'Armada, éditions des Falaises, 2008
Sang famille - Traque dans les Anglo-normandes, éditions des Falaises, 2009

14 mai 2011

Un roman policier impressionniste : "Nymphéas noirs", de Michel Bussi

L'histoire ne se passe ni en Islande, ni dans les bas-fonds de New York, ni sur les hauteurs de Los Angeles. Non, c'est à Giverny, à une centaine de kilomètres de Paris, que Michel Bussi a choisi de situer son roman. Giverny, ça vous dit quelque chose? Oui, la maison de Monet et le Musée des impressionnismes. Mais Giverny, c'est aussi un village avec ses habitants, son histoire, ses secrets. Bien sûr, Monet est omniprésent dans ce livre. Il tient une place toute particulière pour les trois héroïnes que Michel Bussi a choisir de mettre en scène. Une fillette de 11 ans, petit génie de la peinture, une jolie institutrice trentenaire et une octogénaire presque veuve.
Comme tout bon roman policier qui se respecte, l'affaire commence par un crime : le chirurgien ophtalmologue du village, Jérome Morval, qui a son cabinet dans les beaux quartiers de Paris, est retrouvé dans la rivière qui traverse Giverny, le crâne défoncé. L'accident est peu probable... C'est l'inspecteur Laurenç Sérénac qui est chargé de l'affaire. Il investit donc les lieux, chevauchant sa moto, et pas n'importe quelle moto : une Triumph Tiger. Un homme de goût, quoi... La victime n'est pas particulièrement sympathique: plutôt vilain, c'est néanmoins un véritable tombeur, et sa malheureuse épouse a bien été obligée de s'en accommoder. L'homme était aussi un collectionneur d'art avisé dont le but dans la vie était de s'offrir un authentique Monet. Est-ce bien raisonnable? Plusieurs pistes donc, toutes plus floues les unes que les autres. Le mari jaloux? Un crime lié au milieu de l'art? Ou encore une réminiscence d'un passé trouble? Sérénac va avoir fort à faire, d'autant qu'il lui prend l'idée saugrenue de tomber amoureux de la jolie institutrice, qu'on soupçonne d'avoir eu des relations plus qu'amicales avec la victime. Les hypothèses se démentent les unes après les autres, mais heureusement Sérénac a un adjoint extrêmement rigoureux, Sylvio Benavides, qui va l'aider à mettre un peu d'ordre dans ce fatal foutoir.
Nymphéas noirs se lit avec un réel plaisir, surtout quand on a passé plusieurs mois à naviguer de serial killer en psychopathe sournois : une narration à plusieurs voix, de beaux personnages féminins, une intrigue habile et un vrai coup de théâtre qui vous fera réfléchir a posteriori sur le savoir faire avec lequel l'auteur a écrit son histoire. Situé dans un contexte géographique, historique et artistique réellement séduisant, avec une écriture soignée et un goût avoué pour la littérature et la poésie, Nymphéas noirs est une vraie bonne surprise. Pour un peu, on s'offrirait une ballade à Giverny, en Triumph Tiger de préférence!

Michel Bussi - Nymphéas noirs - Presses de la cité, collection "Terres de France", 2010

Voir aussi notre interview.

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