On connaît le goût prononcé de
Michel Embareck pour la musique, et particulièrement le blues et le
rock américains. De son propre aveu, ce qui se passait de l'autre
côté de la Manche l'intéresse nettement moins... Il fait la preuve
ici à la fois de son érudition en la matière, de sa passion pour
la chose et d'une imagination réjouissante. Et en profite au
passage pour mettre un bon coup de pied au derrière de la nostalgie
et de son avatar contemporain, vous savez, ce qu'on appelle l'esprit
« vintage ».
L'histoire que Michel Embareck va nous
raconter passe par plusieurs points de vue. On commence fin 1968 avec
Clara Morrison, la mère de Jim qui n'a pas eu de ses nouvelles
depuis un bon bout de temps. Et ça n'est pas plus mal, car quand il
donne de ses nouvelles, elles sont rarement bonnes. Là, Jim est dans
le coin, en Floride, et il se propose de venir regarder le Elvis Show
à la télé avec sa maman, en bon fils qu'il est. Quand il arrive,
sale comme un peigne, l'haleine chargée, c'est sûr qu'on est loin
de l'image du fils modèle tel que se l'imagine Mme Morrison mère,
qui se demande ce qu'elle a bien pu rater.




