Roger Jon Ellory est fou de musique. A tel point qu'il s'est accordé cette année quelques mois pour réaliser un vieux rêve : enregistrer un EP. Pour cela, il fallait des musiciens. C'est ainsi qu'est né le groupe des Whiskey Poets : Simon Chisholm (batterie, voix) Roger Jon Ellory (guitare, voix), Chris Malin (basse). Le trio sort aujourd'hui The Moonrise EP, quatre chansons dont trois originales et une reprise de Rory Gallagher, excusez du peu. Alors, bien sûr, vous pensez bien que la petite bulle "interview" est immédiatement apparue au-dessus de ma tête. Qu'à cela ne tienne, le texte de l'intérieur du CD est en forme... d'interview. Je suis donc passée en mode traduction ! Voilà.
Mais pour commencer, tels que je vous connais, vous ne résisterez pas au plaisir d'écouter un
extrait de chacune des chansons. Cliquez sur les liens, vous verrez, c'est magique !
Man from Louisiana
Brand New Day
Moonchild
Building Jails
Et ensuite, vous n'aurez plus qu'à vous rendre sur le site des Whiskey Poets pour vous procurer l'EP complet !
"Vers libre" avec les Whiskey Poets
« Ce que nous pensions faire et ce que nous avons fait sont deux choses bien différentes… »
Avec des vécus musicaux très divers, RJ Ellory, Chris Malin et Simon Chisholm constituaient sans doute le trio le plus improbable pour travailler ensemble à un projet musical.
Ellory (guitare, voix) est un auteur de best-sellers internationaux. Malin (basse), musicien professionnel, joue actuellement dans toute l’Europe au sein d’un groupe hommage à Queen, et a derrière lui une carrière de musicien de studio au cours de laquelle il a travaillé avec Kylie Minogue et Jamiroquai. Simon Chisholm (batterie, voix) , a une longue expérience de DJ et de percussionniste ; sa carrière l’a conduit un peu partout.
Ellory, Malin et Chisholm ont fait connaissance par l’intermédiaire d’amis communs, comme c’est souvent le cas. Fin 2010, Ellory a lancé l’idée de travailler ensemble à un projet musical.
> Lire la suite ici
LES CHANSONS
Roger Jon Ellory est l'auteur des paroles de Man from Louisiana, Building Jails et Brand New Day. Rien de plus difficile que de traduire des paroles de chanson... Ce qui suit est donc une tentative n'ayant pour but que de montrer de quoi il est question. Il y manque la musicalité, les sons, bref tout ce qui différencie des paroles de chanson d'un texte "à lire". Pour des raisons de copyright, vous ne trouverez pas les paroles de Moonchild, bien sûr. En revanche, vous trouverez les réponses de RJ Ellory à quelques questions, ce qui n'est quand même pas rien !
> Lire la suite ici (paroles en anglais et en français, interview de RJ Ellory)
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
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14 septembre 2011
18 août 2011
Polar et musique : "Midnight Rambler", The Rolling Stones (album "Let it bleed", 1969)

28 juillet 2011
Polar et musique : les Murder Ballads de Nick Cave

Dans Song of Joy la mal nommée, Nick Cave parle d'un homme dont la femme et les trois enfants ont été assassinés.
Stagger Lee est la reprise plus ou moins adaptée d'un traditionnel, et tourne autour de l'histoire du meurtrier du même nom.
Henry Lee est elle aussi une reprise d'un traditionnel.
Lovely Creature parle d'amour et de mort.
Where the Wild Roses Grow... même chose, sur un autre ton.
The Curse of Millhaven, toujours spectaculaire sur scène, raconte l'histoire de Loretta la folle...
Dans Kindness of Strangers, c'est du meurtre d'une jeune fille qu'il s'agit.
Crow Jane est l'histoire de la terrible vengeance d'une femme violée.
O'Malley's Bar raconte la folie meurtrière d'un homme.
Death is not the end est, paradoxalement, peut-être la chanson la plus gaie de la série.
Les anglophones curieux pourront aller lire les paroles des chansons et se faire une idée plus précise de leur contenu en suivant ce lien
Dans cette vidéo, Nick Cave et ses musiciens parlent de ce disque. En particulier, Nick Cave évoque avec ironie, et une certaine satisfaction, sa performance à "Top of the Pops", l'émission de variétés emblématique de la télé anglaise, et le contraste entre l'ambiance de l'émission, plutôt bon enfant, et les paroles de la chanson Where the wild roses grow.
Ici, le clip du duo PJ Harvey et Nick Cave (Henry Lee). Magnifique.
Et enfin, une version live et particulièrement fiévreuse de The Curse of Millhaven, filmée à Lyon en 200.1
Faites de beaux rêves, quand même...
26 juin 2011
Polar et musique - Fairport Convention écrit une histoire criminelle en musique
Les amateurs de polars ont aussi des oreilles. Voilà une nouvelle rubrique qui parlera des disques et des chansons ayant pour thème plus ou moins central une histoire criminelle, ou encore des musiques liées à l'univers du film ou du roman noir. C'est grâce à l'ami Fred que nous inaugurons cette rubrique avec un disque sorti en 1971, "Babbacombe" Lee de Fairport Convention. Vos idées sont bien sûr les bienvenues.
Pour mémoire, Fairport Convention est un groupe britannique qui a revisité le folklore anglais, et qui a compté parmi ses membres la chanteuse Sandy Denny, qui chanta avec Robert Plant l'épique morceau The Battle of Evermore sur l'album Led Zeppelin IV, avant de mourir en 1978 d'une banale chute d'escalier. Le groupe, qui connut ses heures de gloire à la fin des années 60 et dans les années 70, est séparé mais se retrouve régulièrement, notamment pour le festival annuel de Cropedy, dans l'Oxfordshire, qu'il organise.
Dans ce disque, pas de chanteuse. On retrouve Simon Nicol (guitare et dulcimer), Dave Mattacks (batterie, piano élecrrique), Dave Swarbrick (violon et mandoline) et Dave Pegg (basse et mandoline).
Sur la pochette, une photo du "vrai" John Babbacombe Lee en compagnie de sa vieille mère.
John "Babbacombe" Lee est un album "concept", certains disent même qu'il s'agit du premier opera folk rock.
John Lee naquit en 1864 dans le Devon dans une famille pauvre. Il entra dans la marine, mais dut renoncer à la carrière à cause de problèmes de santé. Il vécut alors d'expédients et de menus travaux, et entra au service de Miss Keyes, une vieille dame qui habitait près de Torquay, dans un lieu-dit nommé "Babbacombe". Un jour, cette dernière fut retrouvée assassinée à son domicile, et ce fut John Lee qui fut accusé, quelque peu hâtivement semble-t-il. Il fut condamné à mort par pendaison. Le 23 février 1885, on l'amena à la prison d'Exeter pour y subir sa peine. Par trois fois, on tenta de le pendre : en vain. Sa sentence fut commuée en une peine de prison à vie. Il ne cessa de proclamer son innocence et fut finalement libéré en 1907. On ne sait pas vraiment ce qu'il devint : aux dernières nouvelles, il serait mort aux Etats-Unis en 1945.
C'est David Swarbrick, violoniste du groupe, qui se passionna le premier pour cette histoire hors du commun, après avoir découvert des coupures de presse chez un brocanteur, dont certaines, apparemment, appartenaient à John Lee lui-même. Le disque comporte 5 parties. Au début, c'est Philip Sterling-Wall qui énonce le verdict prononcé contre John Lee. Le premier morceau de l'album d'origine est une évocation de la vie du jeune John Lee, et de sa volonté d'entrer dans la Navy. La deuxième partie est consacrée à sa première expérience dans la marine, puis à son renvoi pour cause de maladie. La troisième partie raconte le drame et le meurtre de Miss Keyes. Dans la quatrième partie, on assiste au procès, au cours duquel John Lee n'ouvre pas la bouche : il est littéralement balayé par le destin. Il passera trois semaines en prison à attendre son exécution. Dans la cinquième partie, Fairport Convention nous raconte le rêve prémonitoire que fait John Lee la veille de son exécution.
La musique est typiquement folk rock, avec un mélange habile d'acoustique et d'électrique. La partie heureuse de la vie de John Lee est traitée sur le ton de la chanson de marin. La dramaturgie est particulièrement travaillée, avec des passages très sombres et des paroles vraiment originales. En particulier un abécédaire du marin particulièrement réussi. Curieusement, contrairement à beaucoup de disques de cette époque, il n'a pas mal vieilli. Les instruments à cordes se taillent la part du lion, les guitares électriques et acoustiques dialoguent de façon subtile, mandolines et dulcimer apportent leur voix très typée, les instrumentistes sont au sommet de leur art. Quant aux harmonies vocales, elles sont à la hauteur de la réputation du groupe, même si on peut regretter l'absence de voix féminine. A noter : dans une réédition ultérieure, le groupe ajoutera deux "bonus tracks", dont un morceau où chante Sandy Denny.
On peut écouter quelques extraits ici.

Dans ce disque, pas de chanteuse. On retrouve Simon Nicol (guitare et dulcimer), Dave Mattacks (batterie, piano élecrrique), Dave Swarbrick (violon et mandoline) et Dave Pegg (basse et mandoline).
Sur la pochette, une photo du "vrai" John Babbacombe Lee en compagnie de sa vieille mère.
John "Babbacombe" Lee est un album "concept", certains disent même qu'il s'agit du premier opera folk rock.
John Lee naquit en 1864 dans le Devon dans une famille pauvre. Il entra dans la marine, mais dut renoncer à la carrière à cause de problèmes de santé. Il vécut alors d'expédients et de menus travaux, et entra au service de Miss Keyes, une vieille dame qui habitait près de Torquay, dans un lieu-dit nommé "Babbacombe". Un jour, cette dernière fut retrouvée assassinée à son domicile, et ce fut John Lee qui fut accusé, quelque peu hâtivement semble-t-il. Il fut condamné à mort par pendaison. Le 23 février 1885, on l'amena à la prison d'Exeter pour y subir sa peine. Par trois fois, on tenta de le pendre : en vain. Sa sentence fut commuée en une peine de prison à vie. Il ne cessa de proclamer son innocence et fut finalement libéré en 1907. On ne sait pas vraiment ce qu'il devint : aux dernières nouvelles, il serait mort aux Etats-Unis en 1945.
C'est David Swarbrick, violoniste du groupe, qui se passionna le premier pour cette histoire hors du commun, après avoir découvert des coupures de presse chez un brocanteur, dont certaines, apparemment, appartenaient à John Lee lui-même. Le disque comporte 5 parties. Au début, c'est Philip Sterling-Wall qui énonce le verdict prononcé contre John Lee. Le premier morceau de l'album d'origine est une évocation de la vie du jeune John Lee, et de sa volonté d'entrer dans la Navy. La deuxième partie est consacrée à sa première expérience dans la marine, puis à son renvoi pour cause de maladie. La troisième partie raconte le drame et le meurtre de Miss Keyes. Dans la quatrième partie, on assiste au procès, au cours duquel John Lee n'ouvre pas la bouche : il est littéralement balayé par le destin. Il passera trois semaines en prison à attendre son exécution. Dans la cinquième partie, Fairport Convention nous raconte le rêve prémonitoire que fait John Lee la veille de son exécution.
La musique est typiquement folk rock, avec un mélange habile d'acoustique et d'électrique. La partie heureuse de la vie de John Lee est traitée sur le ton de la chanson de marin. La dramaturgie est particulièrement travaillée, avec des passages très sombres et des paroles vraiment originales. En particulier un abécédaire du marin particulièrement réussi. Curieusement, contrairement à beaucoup de disques de cette époque, il n'a pas mal vieilli. Les instruments à cordes se taillent la part du lion, les guitares électriques et acoustiques dialoguent de façon subtile, mandolines et dulcimer apportent leur voix très typée, les instrumentistes sont au sommet de leur art. Quant aux harmonies vocales, elles sont à la hauteur de la réputation du groupe, même si on peut regretter l'absence de voix féminine. A noter : dans une réédition ultérieure, le groupe ajoutera deux "bonus tracks", dont un morceau où chante Sandy Denny.
On peut écouter quelques extraits ici.
18 juin 2011
Face à face Miles Davis - John Lee Hooker pour une BO de luxe

The Hot Spot, cela vous dit quelque chose? Un film chaud, très chaud de Dennis Hopper ! Souvenez-vous, un certain Harry Madox (Don Johnson) est engagé comme vendeur de voitures dans une minuscule bourgade du Texas. Sous une chaleur accablante il tire sa flemme entre la douce Gloria (Jennifer Connelly) et la torride Dolly (Virginia Madsen), au passage la femme de son patron. Mais il s'intéresse aussi à la banque du coin... La bande son n'a rien à envier à la mise en scène de Hopper. Le rythme est lent, répétitif avec la voix de John Lee Hooker en arrière plan qui déchire l’âme par des vagissements d'outre-tombe. La trompette insolente de Miles est en contrepoint avec les doigts du bluesman qui marque les temps de sa guitare au son légèrement saturé et bien gras. On distingue parfois les miaulements de la slide de Roy Rogers et Taj Mahal participe à l'ambiance étouffante par quelques parties vocales et de la guitare. Plus qu'une simple musique de film ce disque est un appel vers le blues, celui qui vous prend aux tripes même s'il ne parle pas de ruptures ou de filles énigmatiques. Cette rencontre entre deux monstres sacrés de la musique noire américaine est en parfaite adéquation avec les images qui défilent sur l'écran et on en vient à regretter que cela se termine lorsque le mot fin s'affiche sur l'écran. Heureusement le disque de cette musique originale composée par Jack Nitzsche prolongera ce plaisir enivrant.
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