Ce soir, à la Maison de Poésie, c'était Virginie Despentes qui recevait, en compagnie du groupe Zéro. Carte blanche donc à l'auteure de Vernon Subutex. Lecture, voilà ce qui était annoncé. Alors bien sûr, on s'attendait bêtement à ce qu'elle lise ses propres textes. Eh non : excès de modestie ou d'orgueil, au choix, la grande Virginie a choisi de nous lire de larges extraits du Requiem des innocents de Louis Calaferte (Gallimard). Un peu plus d'une heure en compagnie d'une lectrice qui connaît son affaire et use de sa voix un peu grave de façon à la fois économe et expressive. Pas de pathos, pas de comédie, on sent bien que Virginie Despentes affectionne ce texte, qu'elle l'a beaucoup lu et qu'elle a envie de le faire aimer. Pari tenu de ce côté-là. Sans doute aurait-on aimé qu'elle nous parle un peu, au moins pour nous dire pourquoi Calaferte... mais après tout pourquoi pas. Un bon point pour l'accompagnement musical du groupe Zéro, nuancé, atmosphérique. Donc pas de star system sur scène. En revanche dans la salle, c'était l'affluence des grands soirs. Béatrice Dalle, magnifique, tout en épaules nues et tatouées, Olivier Adam et son regard bleu, des tas de gens dont on connaît la tête mais dont le nom reste, éternellement, sur le bout de la langue. Et même une ministre. Fleur Pellerin ? Non, elle était occupée à réviser son Modiano. Christiane Taubira, radieuse.
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29 septembre 2015
12 septembre 2015
Virginie Despentes et Vernon Subutex : les Bonnie and Clyde de l'année
Virginie Despentes dans le Blog du polar, on aura tout vu (je vous entends d'ici...). En fait avec Vernon Subutex, Virginie Despentes mérite d'être partout. Et puis elle sait exploser les genres, se fiche pas mal des frontières. Un chroniqueur parlait récemment de "vrai-faux polar". Voilà, comme ça on est tranquille... Vous l'avez compris, je suis tombée en amour pour Vernon Subutex 1 et 2. Ça faisait un moment que j'avais un peu lâché l'affaire Virginie Despentes. D'ailleurs ça faisait un moment qu'elle-même avait lâché l'affaire, puisqu'elle n'avait pas publié depuis 5 ans et son Apocalypse Bébé, qui rata de peu le Goncourt face à La Carte et le territoire de Michel Houellebecq. Je ne sais pas à quoi elle a passé ces cinq années-là, mais à coup sûr elle n'a pas perdu son temps. Car Vernon Subutex est une entreprise ambitieuse, d'une belle maturité, d'une richesse peu commune, et aussi un témoignage unique sur les 30 dernières années que nous avons vécues ensemble, elle, Virginie, et nous, ses lecteurs.
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