L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
24 mai 2024
Arpád Soltész, un homme en colère
Arpàd Soltész, auteur de Colère (voir la chronique ici), était présent au festival du Goéland Masqué (Penmarc'h) du 18 au 20 mai 2024. Depuis peu, il a quitté la Slovaquie pour s'installer à Prague où il peut exercer son métier de journaliste politique dans une sécurité toute relative, puisqu'on lui a proposé une protection policière dès son arrivée... Sa présence coïncidait avec un moment important de l'actualité, puisque le Premier ministre slovaque Robert Fico venait d'être grièvement blessé par un tireur juste avant une réunion politique à Handlova, au centre du pays. Après l'avoir longuement interrogé sur son roman et l'état de son pays devant le public du festival, nous l'avons sollicité pour une conversation plus centrée sur l'actualité, qu'il a bien voulu nous accorder en exclusivité. On va vite comprendre que le titre de son dernier roman décrit parfaitement son état d'esprit. Merci à lui de s'être exprimé en toute liberté.
1 avril 2024
Colère, de Arpád Soltész : hero or not hero ?
Avec Il était une fois dans l’Est, lauréat du Prix du
premier roman slovaque en 2017, Arpád Soltész avait déjà bien remis les
pendules à l’heure sur l’état de la Slovaquie et la corruption qui la ravage. Puis
Le Bal des porcs, paru en 2020, poursuivait son chemin en décryptant avec opiniâtreté
et goût du risque une situation aussi chaotique qu’impossible à rapporter dans
une presse sous contrôle. Colère, le bien nommé, nous permet de retrouver le
journaliste Schlesinger qui, s’il n’est pas le héros à proprement parler du
roman, en est pourtant le détonateur.
Nous sommes toujours à Košice, deuxième ville du pays après
Bratislava, à l’Est de la Slovaquie, pas très loin des frontières ukrainienne,
hongroise et polonaise. Miki Miko, 33 ans, est un flic expérimenté et connaît
bien les mécanismes qui contrôlent sa ville. On vient de lui attribuer un jeune
adjoint, le lieutenant Molnar, tout feu tout flamme et prêt à tout pour « nettoyer »
la ville. Il va falloir contrôler le chien fou… Pas très longtemps, puisque dès
le début du roman, Molnar/Moly succombe lors d’un accident de voiture franchement
suspect. Moly avait beau être un peu irritant, Miko est fou de colère et de
chagrin.