La lecture de ce roman de 1954 semble bien actuelle alors que les banlieues s'enflamment périodiquement. Lorsque Richard Dadier prend son poste de professeur d'anglais dans l'école des travaux manuels secteur nord, il ne se doute pas qu'il met le doigt dans un engrenage qui va broyer ses illusions sur l'idée qu'il se fait de sa mission d'enseignant. Ce livre intelligent est à rapprocher du récent Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte de Thierry Jonquet, adapté pour la télévision sous le titre de Fracture. On y retrouve la même désillusion du corps enseignant qui, s'il écoute aujourd'hui du rap au lieu des standards de jazz des années 50, n'en reste pas moins totalement désarmé face à la violence de jeunes sans espoir. Tout au long des 340 pages de ce livre bouleversant, Ed McBain nous décrit le parcours semé d'embûches d'un homme qui croit encore que l'on peut apprivoiser ces gamins qui pour la plupart n'ont d'autre horizon que la violence des rues, qui conduit trop souvent jusqu'à l'incarcération. Un thème toujours d'actualité lorsque l'on constate l'incapacité de notre société à apporter une éducation suffisamment valorisante pour ramener ces enfants perdus vers la lumière. On dit volontiers que la France est le miroir de l'Amérique avec un temps de latence d'une vingtaine d'années. Preuve en est faite avec l'univers de l'enseignement dans le cadre des cités sinistrées. Mais heureusement, les dernières pages de "Graine de violence" ouvrent une porte vers un espoir lorsque Richard Dadier découvre qu'une partie de sa classe prendra sa défense lorsque sa vie sera menacée. Le livre a été adapté au cinéma par Richard Brooks en 1956, avec Glenn Ford dans le rôle principal.
Rappelons pour les inconditionnels de Alfred Hitchcock que Ed McBain a été le scénariste du film Les oiseaux, et pour les amateurs de polars traditionnels qu'il est l'auteur de la célèbre série de romans 87e District, commencée en 1956.
Evan Hunter (Ed McBain) Graine de violence - traduit de l'américain par Renée Tesnière - Points Seuil
Blackboard Jungle, film américain réalisé par Richard Brooks (1956)
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
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24 avril 2011
Ed McBain et Ponson du Terrail, les compils des compères
Quel bonheur que les éditeurs aient la bonne idée de rassembler des oeuvres majeures d'auteurs de romans policiers classiques ou contemporains sous la forme de "compilations". Une visite au rayon polars de Gibert, et voilà deux nouveaux pensionnaires pour ma bibliothèque, deux "occases" qui en plus ne m'ont coûté qu'une dizaine d'euros chacune.
Tout d'abord, Ed McBain, 87e District volume 1 en collection Omnibus. Presque 1000 pages, papier bible et tout petits caractères, pour retrouver les premières histoires de la brigade de Carella, Meyer Meyer, Bert Kling et les autres.Sept romans réalistes qui feront découvrir à ceux qui ne la connaissent pas encore l'Amérique des années 50. Bien sûr, il vaut mieux commencer par le premier volume, puisqu'Ed McBain a pérennisé ses personnages tout au long de dizaines de romans pour les amener jusqu'aux années 90. Ca se lit comme le journal à la page des faits divers, et on y retrouve la vie d'un commissariat de quartier avec toutes ses anecdotes, ses figures hautes en couleurs, ses crimes et délits plus vrais que nature. On pleurera lorsqu'un des héros sera blessé... voire tué ! On rigolera lorsqu'ils glisseront sur des peaux de banane, et on participera à leurs déjeuners et dîners en famille, avec les petits soucis de la vie quotidienne.
Difficile de passer à côté d'un des fondateurs du roman policier en France, j'ai nommé Ponson du Terrail et son Rocambole qui a enflammé les lecteurs de la page feuilleton des quotidiens du dernier tiers du XIXe siècle. Là encore, papier bible un poil plus épais, 900 pages en collection "Bouquins" (Robert Laffont) pour découvrir 3 aventures de ce personnage énigmatique dont les exploits ravirons les amateurs d'une écriture classique et fleurie qui avait pour but de fidéliser les blanchisseuses et les petites mains d'un temps où le roman n'était pas encore accessible à tous. On y retrouve des méchants bien sûr, mais surtout des marquis, des comtes et des comtesses, des jeunes filles pauvres qui deviennent riches et vice versa, des ducs et des duchesses qui devaient certainement faire rêver les lecteurs d'un temps où la classe ouvrière était plutôt maltraitée.
Ed McBain - 87e district volume I - Préface de Jacques Baudou - Omnibus
Ponson du Terrail - Rocambole - Les exploits de Rocambole - Préface de Laurent Bazin - "Bouquins", Robert Laffont
Tout d'abord, Ed McBain, 87e District volume 1 en collection Omnibus. Presque 1000 pages, papier bible et tout petits caractères, pour retrouver les premières histoires de la brigade de Carella, Meyer Meyer, Bert Kling et les autres.Sept romans réalistes qui feront découvrir à ceux qui ne la connaissent pas encore l'Amérique des années 50. Bien sûr, il vaut mieux commencer par le premier volume, puisqu'Ed McBain a pérennisé ses personnages tout au long de dizaines de romans pour les amener jusqu'aux années 90. Ca se lit comme le journal à la page des faits divers, et on y retrouve la vie d'un commissariat de quartier avec toutes ses anecdotes, ses figures hautes en couleurs, ses crimes et délits plus vrais que nature. On pleurera lorsqu'un des héros sera blessé... voire tué ! On rigolera lorsqu'ils glisseront sur des peaux de banane, et on participera à leurs déjeuners et dîners en famille, avec les petits soucis de la vie quotidienne.
Difficile de passer à côté d'un des fondateurs du roman policier en France, j'ai nommé Ponson du Terrail et son Rocambole qui a enflammé les lecteurs de la page feuilleton des quotidiens du dernier tiers du XIXe siècle. Là encore, papier bible un poil plus épais, 900 pages en collection "Bouquins" (Robert Laffont) pour découvrir 3 aventures de ce personnage énigmatique dont les exploits ravirons les amateurs d'une écriture classique et fleurie qui avait pour but de fidéliser les blanchisseuses et les petites mains d'un temps où le roman n'était pas encore accessible à tous. On y retrouve des méchants bien sûr, mais surtout des marquis, des comtes et des comtesses, des jeunes filles pauvres qui deviennent riches et vice versa, des ducs et des duchesses qui devaient certainement faire rêver les lecteurs d'un temps où la classe ouvrière était plutôt maltraitée.
Ed McBain - 87e district volume I - Préface de Jacques Baudou - Omnibus
Ponson du Terrail - Rocambole - Les exploits de Rocambole - Préface de Laurent Bazin - "Bouquins", Robert Laffont
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