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31 décembre 2023

La dernière séance 2023

 

Ceci n'est pas un top 6, ce n'est pas un florilège non plus. Bien plutôt une forme d'acte de contrition. Eh oui, avec l'esprit de Noël, le spirituel est passé par là.  Trève de plaisanterie, vous avez peut-être  remarqué que cette année 2023 a été un peu chaotique pour moi. Je ne vais pas vous faire pleurer avec l'angoisse de la page blanche : après tout, ce ne sont que des chroniques. Mais quand même, pour rester dans les lieux communs, faute avouée est, paraît-il, à moitié pardonnée. Alors avant de basculer en 2024, voici quelques romans qui m'ont aidée à franchir le cap de cette "annus horribilis", tant sur le plan personnel que sur celui de l'état du monde. Six romans qui auraient mérité une bonne vraie chronique, six romans qui m'auront encouragée, espérons-le, à aborder 2024 avec davantage d'énergie et d'enthousiasme. Il vaudrait mieux, vu que le mois de janvier s'annonce fertile. Bonne fin d'année à tou.te.s ! 

17 mars 2021

Gilles Verdet, "Les Ardomphes" : roman-labyrinthe, roman-jeu, roman noir


On connaît l'attachement de Gilles Verdet pour Arthur Rimbaud. Dans son roman Voici le temps des assassins (voir chronique ici  et interview là), déjà Verlaine et Rimbaud tenaient une place de choix. Cette fois, il a choisi pour titre le surnom affectueux (ou pas!) que Rimbaud donnait à sa région des Ardennes. Dans Les Ardomphes, Gilles Verdet joue avec son lecteur et lui offre un puzzle littéraire aussi savoureux qu'addictif. 

Richard est SDF, il dort sur les bancs, mange quand il peut, chope ce qu'il peut lors de ses tournées quotidiennes, et fait de temps en temps les poubelles avec son pote antillais Jean-Jean, éboueur de son état. "Et tous deux, en douce, ramassaient. Ramassaient tant qu'ils pouvaient. Et ce qu'ils pouvaient." Ce jour-là est faste : Richard a réussi à récupérer à une station de taxi un sac oublié par un homme pressé et étourdi. Dedans, une luxueuse écharpe en soie et cachemire, des livres, une bouteille d'un grand château bordelais. Pittoresque, Richard... C'est bien l'avis de Claire, photographe, qui se prend d'une passion éphémère pour le clodo odorant et son écharpe de luxe, le photographie tant et plus, et finit par vendre son image pour une campagne publicitaire. Vu que l'art, c'est bien, mais c'est encore mieux quand ça paye.

17 juin 2015

Gilles Verdet, l'interview en roue libre

Il y a quelques semaines paraissait le nouveau roman de Gilles Verdet, Voici le temps des assassins (Jigal) (voir chronique ici). Littérature noire mais généreuse, écriture à la fois nerveuse et poétique, engagement politique qui n'exclut ni l'élégance ni la lucidité et l'ironie,  les romans de Gilles Verdet mériteraient d'être plus connus. J'ai voulu en savoir plus sur le parcours de Gilles Verdet, il s'est volontiers prêté au jeu de l'interview en roue libre. Merci à lui.

Qu'est-ce qui t'a incité à associer l'aspect politico-historique et l'aspect poétique?
J'ai toujours pensé que la poésie, quand elle n'est pas contemplative, a quelque chose de rebelle. Le roman noir, lui, est le lieu de la contestation sociale. Il me paraissait normal qu'ils se rencontrent. C'est comme ça que le livre est venu. J'avais fait des recherches sur la biographie de Rimbaud, et j'avais envie de parler du Club des Vilains Bonshommes, où Verlaine l'avait entraîné juste après la Commune. A l'époque, Rimbaud avait 17 ans, c'était un sale gosse : il a foutu sa merde, il est parti. C'était intéressant de relier ça à l'histoire de la Commune.

26 février 2015

Gilles Verdet, Voici le temps des assassins : quand le polar flirte avec la poésie...

Gilles Verdet est loin d'être un inconnu pour l'amateur de roman noir. On se rappelle notamment son très beau Larmes blanches, paru chez Buchet Chastel en 2007 (voir chronique ici). A vrai dire, on attendait même avec quelque impatience son nouveau roman, qui paraît ces jours-ci chez Jigal. Et on n'est pas déçus... Gilles Verdet réussit son retour avec un texte qui commence sur les chapeaux de roue, avec un hold-up en direct dans une bijouterie du boulevard Saint-Germain. Le narrateur, Paul, est de la partie, et on suit toute l'affaire à travers son regard. Dès le début, on sent bien qu'on n'a pas affaire à un gangster professionnel. Et la fin tragique de cette folle entreprise, avec la mort de son complice et ami Simon, ne va pas nous rassurer. Simon tombe sous les balles de deux femmes en burkha entrées là comme de simples clientes. Et qui sont, elles, visiblement habituées à la mort qu'on donne sans plus y penser. Quant à Paul, il réussit à s'enfuir sans trop savoir comment.

24 avril 2011

Gilles Verdet nous balade... De l’Ecosse à la zone du périf


Dans Larmes blanches, de Gilles Verdet, il est question de cocaïne, mais aussi de whisky... Au fil des pages, on y suit un flic écossais, un ex-taulard, un "vieux zonard", une vedette de la télé aux activités plus que louches...

Entre le petit port écossais où l’on repêche un cadavre et le périf où un camion accidenté laisse échapper une cargaison où il n’y a pas que du poisson... ce n’est pas une promenade de santé que nous propose l’auteur... Un drame où les destins se croisent et se heurtent, avec un humour ravageur et une nostalgie qui rappellera bien des choses aux plus de... allez, 45 ans !

Que les autres pourtant ne se privent pas de lire ce roman atypique, un peu désabusé, franchement révolté, où l’on sent la "patte" de quelqu’un qui n’a pas vécu dans la facilité. Gilles Verdet passe sans crier gare d’un style sans concession, se permettant pour notre plus grand bonheur des mots ciselés ("Sa mine de rouquine avait dû palir sous les poussées rageuses du noroît et des aquilons locaux. Mais le fin piqueté d’éphélides, près des ridules des yeux, avait résisté à l’acharnement des balais du ciel") à des fins de chapitre sans pitié : "Le Canada et le nord du Labrador. Etienne Mouzon se dit qu’il ne pourrait jamais vivre dans un pays qui porte un nom de chien."

Inutile d’aller plus loin : j’ai adoré découvrir ce livre, et je m’en vais partir à la chasse des autres romans de cet auteur-là !

Gilles Verdet - Larmes blanches - Buchet Chastel

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