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10 avril 2016

Nouvelles traductions pour l'oeuvre de Jim Thompson : Jean-Paul Gratias raconte...



Les éditions Rivages publient ces jours-ci une toute nouvelle traduction du classique de Jim Thompson, avec un nouveau titre fidèle à l’original :  Pottsville, 1280 habitants. Clin d’œil hautement symbolique : le numéro 0 de la collection Rivages/Thrillers était... Liberté sous condition, du même Jim Thompson, sorti en 1986. Pour mémoire, l’édition originale de Pottsville, publiée par la Série noire en 1966 et traduite par Marcel Duhamel lui-même était intitulée 1275 âmes. Il s’agit sans doute du roman le plus connu de Jim Thompson, qui a fait l’objet d’une adaptation cinématographique très libre signée Bertrand Tavernier, Coup de torchon. Pottsville, 1280 habitants occupe une place centrale dans l’œuvre abondante de cet auteur et scénariste que beaucoup considèrent comme un auteur majeur de la littérature américaine. Stephen King disait de lui :  « Big Jim Thompson ne savait pas s’arrêter. Il a donc relevé trois défis : il s’est forcé à tout voir, puis à l’écrire, et enfin, à le publier.» C’est dit.

C’est Jean-Paul Gratias qui s’est attelé à la tâche de redonner au texte son audace d’origine, son intégrité et son éclat. On pouvait lui faire confiance : mission accomplie. Nous lui avons demandé de nous raconter l’aventure, ce qu’il a fait avec son enthousiasme et sa fougue habituels. Nul besoin de lui poser des questions, le sujet étant inépuisable, Jean-Paul a fait tout le travail à notre place, y compris en nous fournissant cette image de la couverture de l’édition originale US de Pottsville. Un très grand merci à lui.

13 janvier 2014

Associez Jim Thompson et Miles Hyman/Matz et vous obtenez une nuit de fureur et de sang

Nuit de fureur de Miles Hyman et Matz (éditions Rivages/Casterman/Noir) d'après une histoire de Jim Thompson est une BD qui devrait plaire à tous ceux pour qui dessins et textes doivent s'accorder pour que le résultat mérite le détour; car la bande dessinée fait trop souvent la part belle au graphisme au détriment de scénarios plus ou moins bâclés qui gâchent le plaisir des vrais amateurs. Cette Nuit noire est vraiment très noire, tant par l'esprit que par le style qui malgré la douceur des traits de crayon de Miles Hyman n'en reste pas moins un récit violent où les éclaboussures de sang sont remplacées par des sentiments bruts qui font aussi mal que des coups de couteaux bien placés. Le graphiste dont on connaît le talent d'illustrateur insiste particulièrement sur les regards avec des plans très serrés sur des visages qui reflètent haine et violence mieux que des bagarres à l'emporte-pièce. Contrairement à certaines BD le texte tient une  place relativement petite dans ces cases explicites dont les couleurs assombries, teintées dans les sépias, donnent un petit côté vieille carte postale montrant une Amérique d'après-guerre qui fait froid dans le dos. Mais on ne pouvait s'attendre à autre chose d'une histoire à l'origine de Jim Thompson qui est un habitué des personnages cyniques et sans scrupules. Si vous ouvrez ce livre au moment de vous mettre au lit, attendez-vous à une partie de la nuit sans sommeil car on ne peut quitter ces pages avant de connaître la fin qui réserve une surprise de taille.
Fred

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