Affichage des articles dont le libellé est Keigo Higashino. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Keigo Higashino. Afficher tous les articles

28 juillet 2026

Keigo Higashino n'est plus

 La nouvelle est tombée hier : l'auteur japonais Keigo Higashino a tiré sa révérence à l'âge de 68 ans des suites d'un cancer. C'est une drôle d'histoire que j'entretiens avec ce romancier très prolifique. Découvert un peu par hasard en furetant dans une librairie, il est, au fil des ans, entré dans mon panthéon des auteurs qui ne déçoivent jamais. Ses personnages, récurrents ou pas, ont toujours une singularité qui fait d'eux des êtres solitaires, en marge. Avec une finesse remarquable, Higashino explore la psychologie humaine en se jouant des clichés, tisse des intrigues aussi complexes que passionnantes, raconte des destins singuliers marqués par des secrets bien cachés - nous sommes au Japon, il ne fait pas bon être marginal. Secrets de famille, histoires du passé, lieux empreints d'histoire et de noirceur : Higashino est (à son insu?) pour le lecteur occidental un passeur habile et lucide pour accéder à l'esprit et à la culture du Japon. 

Ainsi, dans ces romans où, faisant fi des injonctions du roman noir à l'occidentale, il décrit avec précision des lieux, des paysages, des ruelles et des maisons, il nous transporte mieux que n'importe quel guide de voyage. Bien au-delà de l'exotisme, Higashino a une manière bien à lui de mener ses enquêtes... et ses romans. Si bien que l'étonnement superficiel laisse vite la place à une admiration sincère de son savoir-faire et de ses questionnements universels face aux côtés sombres des humains, d'où qu'ils soient. Souvent poétiques, non dénués d'un humour sec, les romans de Higashino mettent en scène des hommes et des femmes qu'il dépouille progressivement de leurs oripeaux sociaux pour les exposer, à nu, au lecteur sensible. Auteur de plus de 15 romans traduits en français, Higashino va nous manquer...

Quelques chroniques

Tous les romans de Higashino traduits sont publiés par Actes Sud

5 septembre 2024

Keigo Higashino, "La Maison où je suis mort autrefois": obsessions, identité et mémoire incertaine


Ce roman n'est pas une nouveauté, mais autant l'avouer, je me suis prise d'affection pour Keigo Higashino, et certains de ses romans se glisseront subrepticement au fil de ces chroniques, au rythme de mon exploration. La Maison où je suis mort autrefois n'est pas un polar au sens où on n'y retrouvera pas, contrairement aux deux précédents romans évoqués ici (voir ici) des enquêteurs de police à la recherche de la vérité. Dans ce roman, il est beaucoup question de mémoire, d'identité mais aussi de mensonges. Tout le contraire de la "vérité", donc. Et s'il y a une enquête, elle ne ressemble guère à une investigation policière mais bien plutôt à une recherche de soi. 

21 février 2024

Keigo Higashino, Le cygne et la chauve-souris : l’aveu, reine des preuves ?


Nous sommes à Tokyo, à l’automne 2017. L’enquête de Godai Tsutomu et de son jeune collègue Nakamachi de la police judiciaire, les a menés dans l’arrondissement d’Adachi, au nord-est de la ville, jusqu’à une entreprise spécialisée en matériel de plomberie. C’est à Yamada Yuta qu’ils veulent parler : il connaissait l’avocat Shiraishi Kensuké, qui vient d’être assassiné, et qui l’avait défendu quelques années auparavant dans une affaire de coups et blessures. Yamada est affligé  : il est reconnaissant à Shiraishi qui lui a évité une longue peine de prison et lui a en plus permis de trouver son travail actuel. L’avocat est venu prendre de ses nouvelles quinze jours auparavant, et il n’avait pas l’air dans son assiette. Yamada n’en sait pas davantage, ce qui n’avance guère Godai et Nakamachi, cruellement en manque de pistes pour cet assassinat incompréhensible. A 55 ans, l’avocat ne comptait apparemment que des amis. A une exception près, évidemment. Sa veuve et sa fille Mirei, 27 ans, sont inconsolables… Elles affirment elles aussi que ces derniers temps, Shiraishi n’était pas au meilleur de sa forme. Et personne n’a la moindre idée de ce qu’il faisait à l’endroit où il a été sauvagement poignardé.

7 août 2021

Keigo Higashino, "Le nouveau" : un drôle de flic à Tokyo



Le nouveau est le deuxième roman du célèbre et prolifique auteur japonais Keigo Higashino à mettre en scène l'enquêteur Kaga Kyoichiro, drôle de flic tokyoïte. Kaga vient d'arriver dans un quartier du centre de Tokyo, Nihonbashi. Il ne se distingue pas seulement de ses collègues par sa façon de s'habiller - il porte volontiers tee-shirt et chemise, ce qui fait jaser - mais aussi par sa façon d'enquêter. Quand le roman commence, il fait une chaleur étouffante à Tokyo, et Kaga s'apprête à entrer, en compagnie de deux collègues en costume, dans le magasin de biscuits de riz Amakara, situé dans une rue qui rappelle l'ancien Tokyo, avec ses échoppes, ses magasins de confection et d'artisanat. Ce n'est pas pour y faire son marché... Kaga n'en a pas l'air, mais il enquête. Il est sur les traces d'un dénommé Takura, qui est passé au magasin la veille au soir. Lui non plus n'est pas venu faire ses courses : Takura est un agent d'assurance, il est venu régler une affaire en cours avec Satoko, la vieille dame propriétaire des lieux. 

Articles récents