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9 janvier 2018

Lilian Bathelot, "Simple mortelle" ou l'énergie du désespoir

J'ai découvert Lilian Bathelot, comme beaucoup, avec Terminus mon ange (voir chronique ici), sorti il y a bientôt quatre ans. Un texte court, fragile et émouvant. Cette fois, Lilian Bathelot nous offre un "gros" roman (presque 450 pages)! Et bien sûr, comme c'est parfois le cas avec les auteurs de textes brefs, on appréhendait... Qu'allaient devenir la subtilité, la tendresse infinie, la cruauté, la nostalgie qui savaient si bien s'exprimer dans les 124 pages inoubliables de Terminus mon ange ? N'allait-on pas perdre en finesse, en pouvoir de suggestion ? Avec Simple mortelle, Lilian Bathelot se révèle tel qu'en lui-même : un auteur à multiples facettes, capable de déployer ses ailes aussi bien sur le long cours que sur la "novella". On le pressentait un peu, on lui en est reconnaissant, néanmoins!

Le récit se promène sur plusieurs modes narratifs : le journal de Nicole, avec, en creux, le manuscrit laissé par Louis Lacan que Nicole s'apprête à envoyer à un éditeur dès le début du roman, et puis le récit du narrateur qui prend la parole quand il s'agit de raconter la vie de Louis et le piège inexorable dans lequel il va tomber. Autant d'occasions pour l'auteur d'adopter des registres différents, entre la passion de l'histoire d'amour, la distance du récit du narrateur et le rythme soutenu de l'histoire politico-policière.  Il s'offre même la fantaisie de se retourner sur son travail, lorsque Nicole s'aperçoit que son journal, avec ses moments d'exaltation et ses raccourcis chronologiques, risque de décontenancer le lecteur. Nous ne sommes pas dupes...

10 mars 2014

Lilian Bathelot, Terminus Mon-Ange : de l'impur à l'épure

Un roman, une vie. Un début, une fin, et au milieu, une vie. Un homme, une femme. Une rencontre, une rupture. Terminus Mon-Ange est tout cela à la fois. L'homme qui voyage dans ce train est content que ce dernier soit désertique. Il l'est encore plus quand il s'installe dans son compartiment, où se trouve une jeune femme accompagnée d'un splendide sac de cuir. Sac de cuir qui fascine le narrateur et stimule son imagination : ce gros marron glacé lui fait même oublier ce qu'il appelle "mon ange", une arme qu'il garde bien cachée contre son corps, un Smith & Wesson modèle 19 à canon de 3 pouces :"Une douleur m'a traversé le corps comme un coup de foudre qui partait de l'aine. J'ai sursauté. Mon cœur s'est envolé comme une perdrix levée entre deux rangs de vigne.J'ai senti ses ailes battre à grands coups dans ma poitrine." Ce sac en dit beaucoup sur la femme qui le porte : elle ne l'a pas volé, c'est sûr. Jamais elle ne pense aux souffrances de celles qui ont travaillé dur pour obtenir la perfection. Ce sac, c'est elle tout entière, cette femme impeccable, coiffée, maquillée, élégamment vêtue.

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