Revoilà Michael Mention. Quelle santé ! Quelques semaines après la publication de Fils de Sam (voir chronique ici), voilà, en quelque sorte, la suite de Sale temps pour le pays (voir chronique ici), paru chez Rivages/Noir. Nous revoilà donc dans le Yorkshire, au nord de l'Angleterre, entre Leeds et Bradford, région sinistrée après l'ère Thatcher, dont une partie a réussi à se refaire une santé à coups de centres commerciaux et de boutiques branchées, et l'autre a continué à s'enfoncer dans la pauvreté, la violence et le désespoir. Nous sommes au début du XXIe siècle, en mai 2010, et Stephen Griffiths, qui se fait appeler le cannibale à l'arbalète, vient d'être arrêté. Il est coupable de trois assassinats de prostituées, tuées à l'arbalète, sauvagement mutilées et découpées... Presque 30 ans après l'arrestation de Peter Sutcliffe, l'éventreur du Yorkshire, au terme d'une longue et pénible enquête retracée par Michael Mention dans Sale temps pour le pays. Voilà pour le réel. Car si dans Sale temps pour le pays, l'auteur était resté très proche des faits, ici, s'il s'inspire de l'affaire Griffiths, c'est pour mieux se rapprocher de son sujet: la peur. Et la manipulation.
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
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17 mars 2014
1 février 2014
Michael Mention, Fils de Sam : terreur à New York
Les rayons des librairies offrent de plus en plus de ces oeuvres romanesques inspirées de faits ou de personnages réels. Au premier rang des auteurs français, on pense tout de suite à Régis Jauffret qui s'est offert récemment DSK, un peu avant le banquier Stern et l'affaire Fritzl, cette abominable histoire d'inceste qui se déroulait en Autriche. Lola Lafon, elle, est allée voir du côté de Nadia Comaneci. Qu'y a-t-il de commun entre ces romans et le livre de Michael Mention, Fils de Sam ? Le réel ? Certes, mais encore faut-il voir comment ce réel est traité, trituré, rendu par l'auteur. Et c'est une des questions que pose ce livre.
"Son of Sam", alias David Berkowitz, a semé la terreur à New York à la fin des années 70. Arrêté en 1977, Berkowitz purge encore aujourd'hui sa peine à vie. Il a rejoint l'église évangélique chrétienne "Born again" et fait entendre sa voix "via" YouTube, notamment dans cette courte interview réalisée par... l'American Bible Society. S'il a beaucoup défrayé la chronique et suscité de nombreux ouvrages aux Etats-Unis, la France n'avait jusqu'à présent conservé son souvenir qu'à travers le film de Spike Lee avec Adrian Brody, Summer of Sam. Et pourtant, la trajectoire de cet homme soulève des coins de tapis sous lesquels il ne fait pas très propre.
"Son of Sam", alias David Berkowitz, a semé la terreur à New York à la fin des années 70. Arrêté en 1977, Berkowitz purge encore aujourd'hui sa peine à vie. Il a rejoint l'église évangélique chrétienne "Born again" et fait entendre sa voix "via" YouTube, notamment dans cette courte interview réalisée par... l'American Bible Society. S'il a beaucoup défrayé la chronique et suscité de nombreux ouvrages aux Etats-Unis, la France n'avait jusqu'à présent conservé son souvenir qu'à travers le film de Spike Lee avec Adrian Brody, Summer of Sam. Et pourtant, la trajectoire de cet homme soulève des coins de tapis sous lesquels il ne fait pas très propre.
3 décembre 2013
Paris Polar 2013 : Polar, mémoire et politique avec Philip Kerr, Michael Mention et Qiu Xiaolong
Table ronde animée par Mikaël Demets et Clémentine Thiébault
La ville change en fonction de l'époque, la langue que vous utilisez porte les stigmates de l'histoire. Par exemple, chez Philip Kerr, les noms des rues changent à Berlin. Mëme chose à Shanghaï pour Qiu Xialong, une ville qui change à toute vitesse.Philip Kerr : Je suis allé souvent à Berlin, qui est très différent du reste de l'Allemagne. C'est une ville très indépendante, très difficile. Un peu comme Londres est très différent de l'Angleterre ou comme la province regarde Paris avec un peu de détresse. Hitler haïssait les Berlinois, il s'en méfiait, comme le Kaiser. C'est cela qui fait qu'une ville est grande : son indépendance d'esprit. Souvent, les Américains viennent à Paris et ils s'exclament : "Oh, ils sont si grossiers...". Moi je dis "Fantastique. Allez vous faire foutre, si vous n'êtes pas capables d'aimer une des plus belles villes du monde." C'est comme Londres, c'est une ville difficile, où les gens n'ont pas le temps... C'est à l'individu de s'entendre avec la ville, pas le contraire.
| Philip Kerr |
24 novembre 2013
Paris Polar 2013 en images (suite)
Les lieux du crime... à la mairie du XIIIe
Remise du Prix 813 à Olivier Truc pour "Le dernier Lapon"
Sam Millar répond aux questions de Hervé Delouche
Table ronde avec Philip Kerr, Michael Mention et Qiu Xiaolong
Philip Kerr et Michael Mention
1 août 2013
Michael Mention, "Sale temps pour le pays"
Cela faisait un moment déjà que j'avais envie de lire un roman de Michael Mention. J'ai commencé par Sale temps pour le pays : le sujet, le contexte, l'approche, tout y est intriguant et séduisant. L'affaire de l'éventreur du Yorkshire, qui a sévi au nord de l'Angleterre dans les années 70, a provoqué dans le pays une véritable psychose. Le contexte socio-politique des événements, avec l'arrivée au pouvoir de Margaret Thatcher et la débandade économique, l'environnement culturel, avec le punk qui surgit telle une boule de bowling, semant la panique tout autour de lui : tout est réuni pour un récit noir et ambitieux.
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