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11 août 2021
Albert Likhanov, Naître personne : comment devenir un gangster russe en 15 chapitres
Drôle de texte que ce roman, résultat des confidences anonymes d'un gangster russe recueillies par Albert Likhanov, journaliste, scénariste et écrivain prolifique, auteur de plusieurs romans traduits en français. L'homme est également engagé dans la cause des orphelins et la défense des droits de l'enfant, ce qui explique sans doute son intérêt pour l'histoire qu'il nous raconte : celle d'un orphelin de père et de mère devenu gangster grâce à une rencontre de hasard. Le jeune héros du roman s'appelle Koliek, mais tout le monde l'appelle Koltcha, vu qu'à l'internat, "il y avait trente Koliek sur les deux cent cinquante âmes vivant sur place." On l'appelle aussi La Hache, à cause de son nom de famille : Hachorov. On l'a compris: Koltcha est orphelin et vit avec ses pareils dans un internat d'état, dans une ville de taille moyenne. En ce début des années 90, la pauvreté fait des ravages, et de nombreux gamins sont abandonnés par une mère seule, accablée par la misère, l'alcool et les expédients qui permettent à une femme seule de survivre. De temps en temps, les "p'tites mères" viennent rendre visite à leur progéniture, et se donnent du courage en s'envoyant un petit verre. Souvent aussi, elles s'en abstiennent. Koltcha, lui, n'a jamais aucune visite, ignore tout de ses origines et, en apparence, s'en fiche royalement. Il vit à l'internat depuis l'âge de trois ans...
28 octobre 2016
Vladimir Kozlov, "Guerre" : un roman-film magistral
2012, dans une ville de province russe. Des personnages. Ou plutôt des groupes de personnes. Des lieux, cliniquement décrits. Des faits, racontés par plusieurs biais narratifs : des articles de la presse locale, des extraits d'un mémoire d'étudiante en politologie, des conversations, voire des interrogatoires. Le style Kozlov, immédiatement identifiable à sa sobriété redoutable, sa distance glaçante, sa précision et son approche cinématographique du récit. Ce roman s'appelle Guerre, et il est aussi âpre que le laisse redouter son titre.
Dans ses deux précédents romans traduits en français par Thierry Marignac, Racailles et Retour à la case départ, Vladimir Kozlov nous avait préparés au choc littéraire que constitue la lecture de Guerre. Dans Retour à la case départ, déjà, il avait pris le parti de démarrer chaque moment du roman, comme dans un scénario, par quelques lignes précisant le lieu, la date, l'heure et ... la musique. Histoire de ne pas perdre de temps et d'énergie à fournir des descriptions qui détournent le lecteur de ce qui compte vraiment... Chez Kozlov, punk authentique s'il en est, la musique a une importance prépondérante. Dans Guerre, si la musique est là, elle l'est moins explicitement: elle fait partie de l'atmosphère, de la vie tout court.
Dans ses deux précédents romans traduits en français par Thierry Marignac, Racailles et Retour à la case départ, Vladimir Kozlov nous avait préparés au choc littéraire que constitue la lecture de Guerre. Dans Retour à la case départ, déjà, il avait pris le parti de démarrer chaque moment du roman, comme dans un scénario, par quelques lignes précisant le lieu, la date, l'heure et ... la musique. Histoire de ne pas perdre de temps et d'énergie à fournir des descriptions qui détournent le lecteur de ce qui compte vraiment... Chez Kozlov, punk authentique s'il en est, la musique a une importance prépondérante. Dans Guerre, si la musique est là, elle l'est moins explicitement: elle fait partie de l'atmosphère, de la vie tout court.
1 novembre 2012
Vladimir Kozlov, Retour à la case départ : la Russie toute nue,
"Publié début 2010 en Russie, ce livre m'est particulièrement cher car il décrit la vie d'une personne de ma génération avec laquelle je peux m'identifier. Un livre avec de forts éléments de thriller, ce qui est nouveau pour moi. Ce livre est sombre, assez triste et décrit la réalité russe sans fard. Il est important parce qu'il décrit les relations que quelqu'un de ma génération peut avoir avec sa patrie. A un moment, il est confronté à un choix : rester à l'étranger ou rentrer à la maison. Et il choisit de rentrer. Le héros travaille dans un combinat métallurgique, il est le témoin d'une captation de ce combinat par des éléments étrangers de façon assez dure. Une réalité assez exotique pour le public français..."
Ainsi s'exprimait Vladimir Kozlov lors d'une rencontre organisée par la librairie du Globe début octobre 2012.
Ainsi s'exprimait Vladimir Kozlov lors d'une rencontre organisée par la librairie du Globe début octobre 2012.
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