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30 mai 2013

Etranges rivages, d'Arnaldur Indridason, version audio

Écouter un roman d'Indridason, à vrai dire j'étais un peu sceptique. La narration lente, introspective, les descriptions, l'atmosphère lourde, lentement tissée à coups de mots précis, de réminiscences et de réflexions, tout ce qui fait la séduction insidieuse des romans de l'Islandais neurasthénique, je ne voyais pas comment une version sonore pouvait leur rendre justice. Divine surprise ! La version audio m'a accompagnée durant plusieurs trajets en voiture et m'a fait oublier les embouteillages et les sales têtes - y compris la mienne - de ceux qui, enfermés dans leur habitacle à moteur, n'avaient pas envie de se lever pour aller bosser.

Le talent du lecteur, Jean-Marc Delhausse, y est pour beaucoup. Sa voix traîne juste ce qu'il faut, le timbre est suffisamment profond pour inciter à la réflexion, et les changements de voix, utiles, ne sont pas exagérés, contrairement à certains autres titres où le comédien se croît obligé de prendre une voix de petite fille ou de vieille femme. Seul bémol peut-être, les courts intermèdes sonores entre chaque chapitre, qui en rajoutent un peu côté dépressif... Le plus surprenant, c'est l'effet que font les noms de lieux, ceux auxquels on s'habitue aisément quand on les voit écrits. Prononcés, ils retrouvent leur âpreté, leur étrangeté et leur noirceur.

3 novembre 2012

Donna Leon, "Les joyaux du paradis": mariage audio entre musique baroque et intrigue policière

C'est sous sa forme audio que j'ai découvert le nouveau roman de Donna Leon, Les joyaux du paradis. Publié par Audiolib, cet audiolivre bénéficie de la délicieuse diction de Sabrina Marchese, dont la voix modulée et l'accent chantant conviennent parfaitement à ce texte disons, élégant. Donna Leon fait une infidélité au commissaire Brunetti, qu'on prend habituellement plaisir à suivre dans ses enquêtes vénitiennes. On ne quitte pourtant pas Venise avec cette intrigue historico-musicologico-policière, puisque Catarina Pellegrini, musicologue à l'Université de Manchester, décide d'accepter le poste de chercheuse que lui propose une mystérieuse Fondation privée italo-allemande. Belle occasion pour elle de déserter la triste Manchester et de retrouver sa ville natale, Venise.

19 juillet 2011

"Les Anonymes" de RJ Ellory, dit par Charles Borg, une voix pas anonyme !

Il y a quelques semaines, nous chroniquions la version audiolivre des Anonymes, de RJ Ellory (chronique à lire ici). L’écoute de cet enregistrement, particulièrement réussi car en pleine harmonie avec le roman, nous a donné envie d’en savoir plus. Charles Borg, qui a prêté sa voix à cette lecture, a répondu à nos questions.

LBdP : Comment s'effectue le choix du comédien qui va lire le roman ?
Ch. B. : J’ai été choisi sur essai. On m’a fait enregistrer un petit extrait du roman et, quelques jours plus tard, on m’a dit que j’étais engagé.

LBdP : Avez-vous votre mot à dire sur le choix de l'ouvrage que vous allez lire ?
Ch. B. : Non. Mais, à Audiolib, il n’y a que de bons ouvrages qui sont sélectionnés !

LBdP :  Quelles sont les qualités spécifiques qu'il faut avoir, à votre avis, pour mener à bien ce type de performance ?
Ch. B. : Difficile pour moi de répondre à cette question ! Je crois que la qualité principale qu’il faut avoir, c’est l’amour de la lecture. C’est mon cas.

LBdP : On dit volontiers que pour bien lire un texte, il ne faut pas le "surjouer". Qu'en pensez-vous ?
Ch. B. : Effectivement, ne pas surjouer. Parvenir à une neutralité, une objectivité tout en se sentant très concerné. Quand il s’agit d’un immense et magnifique roman comme « Les Anonymes », on y arrive !

LBdP : Avez-vous lu le livre en entier d'abord avant de l'enregistrer ?
Ch. B. : Ah oui ! Il faut toujours avoir lu le livre en entier, pour savoir « où on va » lors de l’enregistrement.

LBdP : Y-a-t-il plusieurs prises, comme au cinéma, jusqu'à ce que vous soyez satisfait du résultat?
Ch. B. : On ne peut pas parler de « prises » comme au cinéma. Mais quand on accroche sur des mots ou qu’on les prononce mal, on reprend, bien sûr. En général, au début de la phrase.

LBdP : L'écoute des Anonymes dure 21 heures. Combien de temps a duré l'enregistrement ?
Ch. B. : J’ai eu huit séances d’enregistrement. Faisons le compte : 21 divisé par 8 égale 2, 625. Donc, ça fait un peu plus de 2 heures 30 d’enregistrement retenu par jour

LBdP : Travaillez-vous livre en main ou avec un texte défilant sur ordinateur ?
Ch. B. : J’ai travaillé avec le texte tiré sur format A4 (donc autant de pages que le roman, mais « écrit plus gros »).

LBdP : L'enregistrement se fait-il dans un studio spécialisé avec un matériel spécifique ?
Ch. B. : Cela se fait dans un studio d’enregistrement classique. Celui dans lequel j’étais, était particulièrement perfectionné. Mais, vous savez, la qualité technique du résultat, revient en très grande partie au travail de l’ingénieur du son !

LBdP :  Avez-vous eu un contact avec l'auteur, le traducteur ou l'éditeur du livre pour établir une sorte de "cahier des charges" préalable ?
Ch. B. : Je n’ai eu de contact qu’avec Mme Liza Szpeker d’Audiolib et M. Malek Duchêne, ingénieur du son.

LBdP : Qui décide de la "mise en son" : traitement spécique des passages en italique, etc.
Ch. B. : La mise en son, l’habillage sonore, etc, tout cela c’est le travail de l’ingénieur du son.

LBdP : La lecture d'audio-livres ressemble-t-elle un peu au métier de doublage ?
Ch. B. : Dans le doublage, on joue, on interprète un rôle ; et on doit dire son texte dans un laps de temps bien précis. Cela n’a rien à voir avec une lecture. Par contre, c’est plus proche de ce que j’ai connu en radio. En particulier, les lectures de textes à France Culture.

LBdP : Qu'avez-vous tiré de cette expérience pour votre métier d'acteur ?
Ch. B. : J’ai éprouvé, bien sûr, une joie énorme à faire ce travail. En plus, grâce à cela, j’ai découvert un grand auteur, R.J. Ellory. J’ai commencé à lire ses précédents polars…

Les Anonymes, de RJ Ellory, traduit par Clément Baude,texte dit par Charles Borg, Audiolib

Charles Borg
Théâtre, cinéma, télévision
Après une carrière au théâtre (Le rendez-vous de Senlis d’Anouilh en 1984, le Récital Prévert en 1986, Tout est comédie en 1989, Amphitryon de Molière en 1990), il se dirige vers la télévision (de Lunes de miel en 1990 à La vie devant soi de Myriam Boyer en 2010) et le cinéma en jouant dans Les Apprentis de Pierre Salvadori, dans L’Anglaise et le Duc d’Eric Rohmer (2001). En synchro, il a doublé Rob Lowe dans One hell of a guy, Jack Nicholson dans La petite boutique des horreurs  pour sa sortie en DVD (2005). Il a été la voix française du docteur Dubenko de la série  Urgences de 2005 à 2009.
Réalisation
En 2000, il réalise un court-métrage : Performant, dans lequel il joue le rôle principal. Ce court métrage a été projeté dans plusieurs festivals. Il travaille actuellement sur un long métrage.
Musique
Egalement chanteur et musicien, Charles Borg a monté plusieurs one man shows. Son spectacle A la vie, à l’amore est un hommage au chanteur Herbert Pagani, décédé en 1988 d’une leucémie foudroyante. En juin 2008, il a donné un récital exceptionnel à la SACD. Ce spectacle a également été joué en novembre 2009 au Ciné 13 Théâtre, puis repris en juin 2011 à l’Essaïon Théâtre.

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