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| Photo Caroline de Benedetti |
Commençons par le style, par rapport à Retour à la nuit (voir chronique ici), celui qu'une majorité de lecteurs connaît. Après avoir choisi l'économie, tu sembles avoir pris le parti d’une expression moins contrôlée, plus abordable. Comment expliques-tu cela ?
J’ai du mal à parler de mon style. Je le trouve pauvre. Je peux être très facilement jaloux du style des autres, j’aimerais écrire comme Fred Gevart, avoir la bravoure de François Médéline ou de Christophe Siebert, le classicisme de Jerôme Leroy, la sobriété ironique de Philippe Hauret, les inventions de Michael Mention, la précision de Marc Bruimaud … j’en oublie, je parle de mes dernières lectures. J’aimerais écrire comme ma femme qui même sur un post-it pour la liste des courses, a du style. Ça n’est pas un choix d’économie, c’est que je suis pauvre. Je n’écris que ce que je sais écrire, c’est-à-dire ce qui est vrai, ce qui est indispensable, ce qui ne peut être interprété. J’ai horreur des passages de transition. Je n’aime que les dialogues, parce que les personnages doivent parler, là je me trouve bon, je les fais parler, ils parlent, je les écoute.




