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13 juin 2013

Rachid Santaki : interview en roue libre

En trois romans (voir chroniques ici) Rachid Santaki s'est octroyé une place bien à lui dans le monde du roman policier français. Ancré dans son territoire, entre Saint-Ouen, Aubervilliers et Saint-Denis, il raconte la vie des cités, des clans, des caïds de la drogue et de leurs victimes. La violence est là, à fleur de peau, la pauvreté et le ghetto sont les héros de ses romans au même titre que ses personnages. Le territoire surtout, auquel les acteurs de ses romans sont profondément attachés malgré la désespérance et la dureté. Les livres de Rachid Santaki sont éminemment politiques. J'ai rencontré Rachid à Saint-Ouen, sur son territoire. En ce moment, il est plus que jamais plongé dans la politique, justement.


Explication :

"En ce moment, je m'intéresse beaucoup à la politique dans les cités. Il n'y a pas de prise de conscience politique dans les quartiers. Là, la politique équivaut à des avantages : tu fais de la politique, tu as un appartement, des privilèges... Si on regarde bien, lors des élections, certaines personnes ont un impact dans les quartiers, elles font une liste, et au deuxième tour elles se rangent derrière le mieux placé. Pour faire passer des idées, il faudrait échapper à l'appareil politique, et ça n'est pas possible. C'est un piège. Dans l'histoire sur laquelle je travaille, il s'agit d'un personnage qui essaie de faire de la politique de façon classique, et qui échoue. Il décide alors de se servir de sa cousine, qui commence à être connue médiatiquement, comme vitrine.

7 avril 2013

QDP 2013 : polar et fait divers

Cette conférence intitulée "Entre tranches de vie et vie des quartiers : les faits divers" et présentée par Julie Malaurie  réunissait Rachid Santaki, Jérémie Guez, Petros Markaris, John Burdett et Joël Dicker. Morceaux choisis...

2 avril 2013

QDP 2013 : Les auteurs de polars et la musique, du hip hop au baroque en passant par le jazz

Au cours de cette table ronde animée par Christine Ferniot, Donna Leon, Marcus Malte et Rachid Santaki  s'exprimaient sur leur rapport particulier à la musique. Morceaux choisis.


17 mars 2013

Flic ou caillera : Noir c'est noir avec Rachid Santaki

Dans ma chronique de Des chiffres et des litres (voir les chroniques ici) , j'appréciais le fait que Rachid Santaki nous laisse nous débrouiller tout seuls avec le langage des cités, évitant ainsi de prendre son lecteur pour un touriste. Cette fois-ci, Flic ou caillera commence par... un glossaire ! Le roman est fortement ancré dans la réalité, puisqu'il se déroule fin 2005,  juste après la mort de Zyed et Bouna, ces deux jeunes piégés dans un poste électrique à Clichy-sous-Bois au moment où ils essayaient d'échapper à la maréchaussée. C'est dire que l'ambiance est chaude dans les cités.

30 juillet 2012

Des chiffres et des litres : Rachid Santaki passe à la vitesse supérieure

1998, Stade de France, black blanc beur, ça vous rappelle quelque chose ? Ça se passe à Saint-Denis, le Stade de France vient de sortir de terre. Qu'est-ce que ça change dans la ville ? Rien, rigoureusement rien... Hachim vit dans une cité avec sa famille, son frère, sa sœur et ses parents. Son frère Yazid est d'ores et déjà tombé dans la came et le deal. Lui, Hachim, a d'autres ambitions. Il est plutôt bon au lycée, il est passionné par le hip hop, il veut être journaliste, il écrit déjà. Et il a du mérite, vu le contexte... Car dans sa famille, contrairement à ce qu'on pourrait penser, il est le mal-aimé de son père, allez savoir pourquoi. Alors que Yazid, la petite frappe, s'en tire avec les honneurs.

24 avril 2011

Rachid Santaki - Les anges s'habillent en caillera

Travaillant non loin du stade de France, à Saint-Denis, mon regard a été irrésistiblement attiré par la même affiche placardée sur tout ce qui est à peu près vertical et plat. Une affiche qui semblait posée là pour faire culpabiliser : "Tu ne l'as pas encore lu, qu'est-ce que tu attends ?" "Alors, t'as pas honte ?" ... J'ai fini par avoir vraiment honte, et j'ai lu ce livre vendu à plus de 6000 exemplaires depuis sa sortie en janvier, une performance aujourd'hui pour un premier roman. Le mode d'édition a son importance dans ce succès. Moisson rouge n'a pas hésité à le faire paraître en ligne, épisode par épisode, avant la sortie en librairie. Un pari gonflé qui paye puisque Santaki* est invité partout. Son roman noir, très noir, raconte l'histoire d'Ilyès, dit le Marseillais, caïd de Saint-Denis célèbre pour sa "ruse" et sa dextérité avec les cartes de crédit (le modèle existe et purge en ce moment une peine de prison). On a la sensation d'évoluer dans un monde fermé, étouffant. Il arrive même parfois qu'on se sente extérieur, tellement spectateur de ce monde redoutable qu'on s'en détache, sans doute pour s'en protéger. Les valeurs qui ont cours dans cet univers-là peuvent paraître parfois incohérentes passée la "ceinture rouge": le système a ses failles! Santaki dit que ses proches s'étonnent que lui, si positif, ait écrit un roman aussi sombre. On pourrait craindre que la langue authentique soit un obstacle à la lecture. Il faut une période d'adaptation pour assimiler le lexique mais ensuite ça roule... D'autant qu'en dehors des dialogues, l'écriture est plutôt sobre. Bonne idée de structure : le roman est ponctué de citations de presse (Le Figaro, le Parisien, 20 minutes) sur les faits divers du 93. Les Anges s’habillent en caillera est une sorte d'OVNI  qui laisse un arrière-goût amer. Surtout lorsqu'on songe à la réaction des gamins de banlieue qui le liront. Car ce qui y est  dépeint est franchement désespérant: ne dormez plus tranquilles, braves gens...

Rachid Santaki - Les anges s'habillent en caillera - collection "Le Syndikat", Moisson rouge éditeur
* Fondateur du magazine 5styles en 2003, lauréat du prix Espoir de l’économie remis par la CCIP en 2006, très actif dans l’associatif et co-fondateur du Syndicat et de Saint-Denis Positif, élu par Tel Quel (plus grand magazine économique marocain) dans les « 50 qui feront le Maroc de demain » en 2007, Rachid Santaki est auteur et hyperactif. Il dort peu et publie son premier livre en 2006, La petite cité dans la prairie. Les Anges s’habillent en caillera est son premier roman."

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