Au cours de cette table ronde animée par Christine Ferniot, Donna Leon, Marcus Malte et Rachid Santaki s'exprimaient sur leur rapport particulier à la musique. Morceaux choisis.
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
Affichage des articles dont le libellé est Donna Leon. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Donna Leon. Afficher tous les articles
2 avril 2013
3 novembre 2012
Donna Leon, "Les joyaux du paradis": mariage audio entre musique baroque et intrigue policière

24 avril 2011
Donna Leon: quand le roman policier raconte Venise
Rencontre avec Donna Leon
Mercredi dernier 20 heures, rue du Dragon. Donna Leon est une star, si l'on en croit les ventes de ses livres. C'est une "donna" élégante et discrète, multiple et drôle, que nous avons rencontrée à la soirée organisée par Calmann-Lévy à l'occasion de la sortie de son dernier roman traduit en français, La petite fille de ses rêves. On y retrouve le commissaire Brunetti, sa petite famille et son fidèle adjoint Vianello. Le roman s'ouvre sur l'enterrement de la mère de Guido Brunetti, qui occupe une place bien particulière dans le microcosme vénitien qu'a su construire Donna Leon au fil des années. Car elle en est à son 21e roman en cours d'écriture... Mieux qu'un mariage !
Pourquoi Donna Leon, américaine du New Jersey, vit-elle à Venise depuis plus de 20 ans ? Pourquoi y a-t-elle créé ce personnage maintenant célèbre dans le monde entier, elle dont la spécialité serait plutôt la littérature, la vraie (!!), et en particulier Jane Austen à laquelle elle voue une admiration sans borne ? "En fait, Venise est le premier lieu où j'aie vécu plus d'un an... J'ai passé ma vie à voyager, j'ai vécu en Iran, en Suisse, en Angleterre, en Arabie Saoudite. Et un jour, par un concours de circonstances, je me suis installée à Venise. Et je ne l'ai plus quittée."
L'inspecteur Guido Brunetti, est plutôt un homme heureux. Il a une épouse délicieuse, deux enfants tout à fait normaux, il vit dans un bel appartement au coeur de Venise. Bref, il n'a rien à voir avec les inspecteurs dépressifs auxquels nous ont habitués Rankin, Mankell, Indridason ou Nesbo, pour ne citer qu'eux. "Quand j'ai commencé à écrire mon premier roman, je savais que j'allais devoir passer au moins un an de ma vie en sa compagnie. Je n'avais pas envie de vivre avec un homme mal habillé, buvant et fumant trop, mal nourri et mal aimé... J'étais pourtant loin de me douter que c'était plutôt trente ans que j'allais passer avec lui, et ce n'est pas fini. ALors j'en ai fait quelqu'un de très fréquentable !"
Dans les romans de Donna Leon, pas de psychopathes, pas de tueurs en série. Mais Venise, sa vie intime, son évolution, ses corruptions. A chaque roman, Donna Leon dévoile un pan bien caché de la Cité des doges, bien loin des clichés touristiques, même si le tourisme de masse est omniprésent dans les romans sous la forme d'une sorte de maladie qui gangrène la Ville. "C'est cela qui m'intéresse. J'écoute, je regarde, je sens la ville. Je m'inspire souvent de faits divers, d'histoires racontées dans les journaux, pour bâtir mes intrigues. D'ailleurs mon premier roman est né d'une situation bien réelle : je me trouvais un jour dans les loges, à la Fenice, en compagnie d'une amie. Je parlais avec le chef d'orchestre et sa femme. A un moment donné, l'un d'entre nous a dit : "Et si on assassinait xxx (un chef d'orchestre très connu) ?" C'était parti..."
Donna Leon fait preuve d'une étrange forme de discrétion : elle refuse obstinément de voir ses romans traduits en italien.
"Je veux rester la dame qui écrit, et pas l'auteur de best-sellers. Sinon, je pourrais dire adieu à mes conversations du matin avec le facteur et l'éboueur qui me racontent ce qui se passe dans la cité..." Quant à la célébrité télévisuelle, c'est apparemment le cadet de ses soucis. Elle se souvient à peine avoir vu un quart d'épisode de la série allemande réalisée à partir de ses romans, et diffusée en France cet été. On est content pour elle, d'ailleurs... car Venise a beau être belle, cela ne suffisait pas à cacher le manque de subtilité de cette réalisation.
Multiple, la vie de Donna Leon l'est à plus d'un titre. SI on veut vraiment parler d'elle, impossible de passer à côté de la musique, sa passion. A tel point que lorsqu'elle voyage pour promouvoir ses livres, ses déplacements sont prévus en fonction des concerts baroques qui sont programmés. Cette semaine, Donna Leon se préparait à applaudir le Julius Caesar de Haendel qui se joue en ce moment à l'Opéra Garnier. Mécène, elle aide l'orchestre Il complesso barocco. Elle a publié avec l'ensemble un livre audio sur le Bestiaire de Haendel. D'ailleurs si d'aventure vous vous rendez au théâtre des Champs-Elysées le 23 mai prochain, vous avez des chances d'y croiser Donna Leon qui viendra y applaudir Le Complesso barocco avec Alan Curtis et Joyce Di Donato qui y interpréteront l'Ariodante de Haendel. Vous ne direz pas que je ne vous aurai pas prévenus !
Quant à la littérature, elle reste une des passions de Donna Leon. Son oeil s'illumine si l'on prononce le nom de Jane Austen, dont elle admire le style fluide, le talent pour l'"understatement".. Mais si on lui demande ce qu'elle pense de cette mode universitaire qui consiste à dire que Emma de Jane Austen serait en réalité le premier roman policier, elle réplique avec malice : "Non, pour moi, c'est Oedipe Roi!" De quoi réfléchir une bonne partie de la nuit...
Bibliographie de Donna Leon sur son site : http://www.donnaleon.fr/category/livres
Tous les romans de Donna Leon parus en français chez Calmann Lévy sont traduits par William Olivier Desmond
Mercredi dernier 20 heures, rue du Dragon. Donna Leon est une star, si l'on en croit les ventes de ses livres. C'est une "donna" élégante et discrète, multiple et drôle, que nous avons rencontrée à la soirée organisée par Calmann-Lévy à l'occasion de la sortie de son dernier roman traduit en français, La petite fille de ses rêves. On y retrouve le commissaire Brunetti, sa petite famille et son fidèle adjoint Vianello. Le roman s'ouvre sur l'enterrement de la mère de Guido Brunetti, qui occupe une place bien particulière dans le microcosme vénitien qu'a su construire Donna Leon au fil des années. Car elle en est à son 21e roman en cours d'écriture... Mieux qu'un mariage !
Pourquoi Donna Leon, américaine du New Jersey, vit-elle à Venise depuis plus de 20 ans ? Pourquoi y a-t-elle créé ce personnage maintenant célèbre dans le monde entier, elle dont la spécialité serait plutôt la littérature, la vraie (!!), et en particulier Jane Austen à laquelle elle voue une admiration sans borne ? "En fait, Venise est le premier lieu où j'aie vécu plus d'un an... J'ai passé ma vie à voyager, j'ai vécu en Iran, en Suisse, en Angleterre, en Arabie Saoudite. Et un jour, par un concours de circonstances, je me suis installée à Venise. Et je ne l'ai plus quittée."
L'inspecteur Guido Brunetti, est plutôt un homme heureux. Il a une épouse délicieuse, deux enfants tout à fait normaux, il vit dans un bel appartement au coeur de Venise. Bref, il n'a rien à voir avec les inspecteurs dépressifs auxquels nous ont habitués Rankin, Mankell, Indridason ou Nesbo, pour ne citer qu'eux. "Quand j'ai commencé à écrire mon premier roman, je savais que j'allais devoir passer au moins un an de ma vie en sa compagnie. Je n'avais pas envie de vivre avec un homme mal habillé, buvant et fumant trop, mal nourri et mal aimé... J'étais pourtant loin de me douter que c'était plutôt trente ans que j'allais passer avec lui, et ce n'est pas fini. ALors j'en ai fait quelqu'un de très fréquentable !"
Dans les romans de Donna Leon, pas de psychopathes, pas de tueurs en série. Mais Venise, sa vie intime, son évolution, ses corruptions. A chaque roman, Donna Leon dévoile un pan bien caché de la Cité des doges, bien loin des clichés touristiques, même si le tourisme de masse est omniprésent dans les romans sous la forme d'une sorte de maladie qui gangrène la Ville. "C'est cela qui m'intéresse. J'écoute, je regarde, je sens la ville. Je m'inspire souvent de faits divers, d'histoires racontées dans les journaux, pour bâtir mes intrigues. D'ailleurs mon premier roman est né d'une situation bien réelle : je me trouvais un jour dans les loges, à la Fenice, en compagnie d'une amie. Je parlais avec le chef d'orchestre et sa femme. A un moment donné, l'un d'entre nous a dit : "Et si on assassinait xxx (un chef d'orchestre très connu) ?" C'était parti..."
Donna Leon fait preuve d'une étrange forme de discrétion : elle refuse obstinément de voir ses romans traduits en italien.
"Je veux rester la dame qui écrit, et pas l'auteur de best-sellers. Sinon, je pourrais dire adieu à mes conversations du matin avec le facteur et l'éboueur qui me racontent ce qui se passe dans la cité..." Quant à la célébrité télévisuelle, c'est apparemment le cadet de ses soucis. Elle se souvient à peine avoir vu un quart d'épisode de la série allemande réalisée à partir de ses romans, et diffusée en France cet été. On est content pour elle, d'ailleurs... car Venise a beau être belle, cela ne suffisait pas à cacher le manque de subtilité de cette réalisation.
Multiple, la vie de Donna Leon l'est à plus d'un titre. SI on veut vraiment parler d'elle, impossible de passer à côté de la musique, sa passion. A tel point que lorsqu'elle voyage pour promouvoir ses livres, ses déplacements sont prévus en fonction des concerts baroques qui sont programmés. Cette semaine, Donna Leon se préparait à applaudir le Julius Caesar de Haendel qui se joue en ce moment à l'Opéra Garnier. Mécène, elle aide l'orchestre Il complesso barocco. Elle a publié avec l'ensemble un livre audio sur le Bestiaire de Haendel. D'ailleurs si d'aventure vous vous rendez au théâtre des Champs-Elysées le 23 mai prochain, vous avez des chances d'y croiser Donna Leon qui viendra y applaudir Le Complesso barocco avec Alan Curtis et Joyce Di Donato qui y interpréteront l'Ariodante de Haendel. Vous ne direz pas que je ne vous aurai pas prévenus !
Quant à la littérature, elle reste une des passions de Donna Leon. Son oeil s'illumine si l'on prononce le nom de Jane Austen, dont elle admire le style fluide, le talent pour l'"understatement".. Mais si on lui demande ce qu'elle pense de cette mode universitaire qui consiste à dire que Emma de Jane Austen serait en réalité le premier roman policier, elle réplique avec malice : "Non, pour moi, c'est Oedipe Roi!" De quoi réfléchir une bonne partie de la nuit...
Bibliographie de Donna Leon sur son site : http://www.donnaleon.fr/category/livres
Tous les romans de Donna Leon parus en français chez Calmann Lévy sont traduits par William Olivier Desmond
Donna Leon - La petite fille de ses rêves
Voilà la 17e enquête (en français) du Commissaire Brunetti.Venise toujours, et plus que jamais Guido Brunetti est confronté à l'âpreté de la vie contemporaine. Cette fois, la xénophobie envers les Roms, la corruption de l'Eglise et les sectes sont dans le collimateur de la Dame de la Lagune. Guido Brunetti vient de perdre sa mère, et le père Antonin Scallon, un ancien camarade du frère de Guido, qui officie lors de la cérémonie, lui demande un service: il aimerait bien en savoir plus sur un certain Leonardo Mutti, qu'il soupçonne d'être un escroc à la foi. On le sait, Brunetti n'est pas franchement bigot, il serait même purement anticlérical. Mais il lui est difficile de refuser, vu les circonstances. Il se lance donc sur les traces de cet étrange gourou, sans oublier au passage d'essayer d'en apprendre davantage sur le père Scallon. Mais un drame va bientôt le freiner dans son élan inquisiteur : il découvre, noyé dans la lagune, le corps d'une petite fille blonde aux yeux clairs, dont l'image le hantera tout au long du livre. Qu'est-il arrivé à cette fillette qui, malgré sa blondeur, est bel et bien une petite Rom ? Brunetti et son inséparable Vianello vont plonger dans l'univers brutal des campements, de la misère physique et morale, de la détresse d'une enfance massacrée.
Donna Leon prend son temps pour installer son histoire : la mort de la petite intervient après 100 bonnes pages. Pendant ce temps-là, on a tout le loisir de se retrouver en famille avec Brunetti, sa femme Paola et leurs deux enfants. Paola est toujours aussi passionnée et intransigeante (c'est cela qui fait son charme), elle aime toujours autant la littérature anglaise (on se demande où elle va chercher tout ça !!). La vie de famille est toujours aussi chaleureuse, la cuisine toujours aussi appétissante... et Brunetti continue à lire les classiques avant de s'endormir. Et il doute... Il a de plus en plus de mal à composer avec l'hypocrisie ambiante, le contexte politique éprouvant, les inégalités et les injustices.
Est-ce un effet de mon imagination ou bien Donna Leon aurait-elle voulu faire mentir Michel del Castillo qui, il n'y a pas bien longtemps, publiait un texte intitulé "Donna Leon, la madone des bobos" qui, sous des dehors bienveillants, brocardait le "politiquement correct" à l'américaine qu'il jugeait omniprésent dans les enquêtes vénitiennes de Brunetti ? Outre le fait que j'éprouve toujours un certain malaise à lire ce qu'un écrivain pense d'un autre écrivain, ce dernier roman m'a donné l'impression que Guido Brunetti, s'il reste bien élevé et cultivé, avait senti passer le vent du doute. Impression particulièrement sensible lorsqu'il discute avec Vianello, qui a traditionnellement la voix du redoutable "bon sens populaire". Il est question des Roms, ou des Gitans, comme on disait autrefois, et Vianello avoue sans honte que, s'il n'a rien contre ces gens-là, il n'a rien pour non plus. Et là, Brunetti réagit de façon surprenante, se contentant de conseiller à son ami d'exprimer autrement son sentiment... Quelques romans plus tôt, il aurait probablement bondi de sa chaise et exprimé sa colère. Un peu moins de manichéisme donc dans ce roman, un peu plus de trouble, des positions moins tranchées, et du coup une plus grande crédibilité et un impact plus fort des situations. Ici, comme Guido le dit à Paola, pas de fin à la "whodunit", pas question de réunir les protagonistes dans une maison bourgeoise pour dévoiler sans coup férir le nom du coupable. Brunetti fait le meilleur choix possible, et ce n'est certes pas dans le meilleur des mondes.
Donna Leon - La petite fille de ses rêves - Traduit de l'américain par William Olivier Desmond
Donna Leon prend son temps pour installer son histoire : la mort de la petite intervient après 100 bonnes pages. Pendant ce temps-là, on a tout le loisir de se retrouver en famille avec Brunetti, sa femme Paola et leurs deux enfants. Paola est toujours aussi passionnée et intransigeante (c'est cela qui fait son charme), elle aime toujours autant la littérature anglaise (on se demande où elle va chercher tout ça !!). La vie de famille est toujours aussi chaleureuse, la cuisine toujours aussi appétissante... et Brunetti continue à lire les classiques avant de s'endormir. Et il doute... Il a de plus en plus de mal à composer avec l'hypocrisie ambiante, le contexte politique éprouvant, les inégalités et les injustices.
Est-ce un effet de mon imagination ou bien Donna Leon aurait-elle voulu faire mentir Michel del Castillo qui, il n'y a pas bien longtemps, publiait un texte intitulé "Donna Leon, la madone des bobos" qui, sous des dehors bienveillants, brocardait le "politiquement correct" à l'américaine qu'il jugeait omniprésent dans les enquêtes vénitiennes de Brunetti ? Outre le fait que j'éprouve toujours un certain malaise à lire ce qu'un écrivain pense d'un autre écrivain, ce dernier roman m'a donné l'impression que Guido Brunetti, s'il reste bien élevé et cultivé, avait senti passer le vent du doute. Impression particulièrement sensible lorsqu'il discute avec Vianello, qui a traditionnellement la voix du redoutable "bon sens populaire". Il est question des Roms, ou des Gitans, comme on disait autrefois, et Vianello avoue sans honte que, s'il n'a rien contre ces gens-là, il n'a rien pour non plus. Et là, Brunetti réagit de façon surprenante, se contentant de conseiller à son ami d'exprimer autrement son sentiment... Quelques romans plus tôt, il aurait probablement bondi de sa chaise et exprimé sa colère. Un peu moins de manichéisme donc dans ce roman, un peu plus de trouble, des positions moins tranchées, et du coup une plus grande crédibilité et un impact plus fort des situations. Ici, comme Guido le dit à Paola, pas de fin à la "whodunit", pas question de réunir les protagonistes dans une maison bourgeoise pour dévoiler sans coup férir le nom du coupable. Brunetti fait le meilleur choix possible, et ce n'est certes pas dans le meilleur des mondes.
Donna Leon - La petite fille de ses rêves - Traduit de l'américain par William Olivier Desmond
Les arcanes de Venise vues par Donna Leon
De Brunetti, je ne connaissais que l’avatar allemand que nous a proposé la télévision il y a peu. C’est donc avec cette représentation stéréotypée que je me suis aventuré dans le dernier roman de cette auteure au succès international qui explore les arcanes de Venise avec délectation.
La première constatation stylistique après la lecture d’une centaine de pages de La petite fille de ses rêves est que Donna Leon écrit en prenant son temps. Décrivant lieux et événements avec la minutie et la précision d’un Balzac. Elle n’est pas pressée de nous plonger au sein de l’énigme. Lentement, elle va éplucher ses ingrédients comme un cuisinier savant prépare une recette élaborée. Il semble d’ailleurs que cela soit la tendance dans la littérature du genre outre-Atlantique dans laquelle les écrivains pisse-copie insistent sur l’aspect collatéral de leurs romans. Déjeuner en famille, promenade le long du grand canal, souvenirs d’enfance... participeront à planter le décor.
Dans ce livre Donna Leon commence donc par s’appesantir sur le chagrin de Brunetti après la perte de sa mère donnant ainsi l’occasion à l’auteur de nous faire partager quelques poncifs sur la vie, la mort et l’au-delà. Après cette mise en bouche digne d’un écrivain feuilletoniste du XIXe à laquelle participe allègrement Paola, épouse aimante et attentionnée de Brunetti, Chiara et Raffi, ses deux enfants tout droit sortis d’un catalogue de vente par correspondance, Donna nous fait rencontrer un certain Antonin, missionnaire revenu depuis peu d’Afrique et ami du frère de Brunetti. Celui-ci a franchi timidement les portes de la Questure pour lui faire part de ses doutes à l’encontre d’une sorte de gourou en soutane du nom de Mutti qui veut se faire remettre les fruits de la vente d’un appartement par quelque brebis égarée. L’on pensera que le roman commence enfin... mais il n’en est rien car il s’agit d’un leurre (qui trouvera un épilogue pour le moins bâclé dans les dernières pages) destiné à nous faire encore un peu patienter avant l’heure du crime qui marquera à la page 100 le début de cette 17e énigme.
La noyée du canal
La véritable enquête de La petite fille de ses rêves tourne autour de la mort suspecte d’une fillette non identifiée retrouvée noyée dans un canal vénitien. Guido Brunetti, partagé entre sa vie de famille "Harlequin" et son travail d’enquêteur qu’il exerce avec rigueur et dignité, va se mettre en chasse avec la lenteur d’un policier suédois. Troquant les moonboots contre des mocassins italiens faits main, il va nous mener d’un pas tranquille de rencontres en interrogatoires circonstanciés jusqu’au sein d’un camp de Roms. Tout ceci en compagnie de son fidèle Vianello dont je n’arrive pas à me débarrasser de l’image du balourd sympa, les mains dans les poches telle que la série télé nous l’a montrée. Les rapports entre la communauté du voyage et les autochtones semblent à peine esquissés alors que l’on s’attendrait à un brulot décrivant une Italie n’échappant pas à la xénophobie ambiante de notre vieille Europe qui tend à se renfermer sur elle-même avec les crises qui se succèdent, laminant des siècles de traditions humanistes. Quant à la fin, d’un cynisme cruel et presque intolérable, elle mettra mal à l’aise le lecteur engagé qui croit encore au triomphe de la vérité sur la raison. Pour conclure, cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti ne fait que renforcer l’idée que l’on se fait au-delà des Alpes que l’Italie est un pays qui fonctionne encore sur le mode de la corruption et dans lequel la mort d’une petite fille de onze ans ne fait pas le poids devant une belle « Merco » flambant neuve...
Donna Leon La petite fille de ses rêves - Une enquête du commissaire Brunetti - Calman-Levy 20 € 90 Traduit de l’anglais (USA) par William Olivier Desmond
La première constatation stylistique après la lecture d’une centaine de pages de La petite fille de ses rêves est que Donna Leon écrit en prenant son temps. Décrivant lieux et événements avec la minutie et la précision d’un Balzac. Elle n’est pas pressée de nous plonger au sein de l’énigme. Lentement, elle va éplucher ses ingrédients comme un cuisinier savant prépare une recette élaborée. Il semble d’ailleurs que cela soit la tendance dans la littérature du genre outre-Atlantique dans laquelle les écrivains pisse-copie insistent sur l’aspect collatéral de leurs romans. Déjeuner en famille, promenade le long du grand canal, souvenirs d’enfance... participeront à planter le décor.
Dans ce livre Donna Leon commence donc par s’appesantir sur le chagrin de Brunetti après la perte de sa mère donnant ainsi l’occasion à l’auteur de nous faire partager quelques poncifs sur la vie, la mort et l’au-delà. Après cette mise en bouche digne d’un écrivain feuilletoniste du XIXe à laquelle participe allègrement Paola, épouse aimante et attentionnée de Brunetti, Chiara et Raffi, ses deux enfants tout droit sortis d’un catalogue de vente par correspondance, Donna nous fait rencontrer un certain Antonin, missionnaire revenu depuis peu d’Afrique et ami du frère de Brunetti. Celui-ci a franchi timidement les portes de la Questure pour lui faire part de ses doutes à l’encontre d’une sorte de gourou en soutane du nom de Mutti qui veut se faire remettre les fruits de la vente d’un appartement par quelque brebis égarée. L’on pensera que le roman commence enfin... mais il n’en est rien car il s’agit d’un leurre (qui trouvera un épilogue pour le moins bâclé dans les dernières pages) destiné à nous faire encore un peu patienter avant l’heure du crime qui marquera à la page 100 le début de cette 17e énigme.
La noyée du canal
La véritable enquête de La petite fille de ses rêves tourne autour de la mort suspecte d’une fillette non identifiée retrouvée noyée dans un canal vénitien. Guido Brunetti, partagé entre sa vie de famille "Harlequin" et son travail d’enquêteur qu’il exerce avec rigueur et dignité, va se mettre en chasse avec la lenteur d’un policier suédois. Troquant les moonboots contre des mocassins italiens faits main, il va nous mener d’un pas tranquille de rencontres en interrogatoires circonstanciés jusqu’au sein d’un camp de Roms. Tout ceci en compagnie de son fidèle Vianello dont je n’arrive pas à me débarrasser de l’image du balourd sympa, les mains dans les poches telle que la série télé nous l’a montrée. Les rapports entre la communauté du voyage et les autochtones semblent à peine esquissés alors que l’on s’attendrait à un brulot décrivant une Italie n’échappant pas à la xénophobie ambiante de notre vieille Europe qui tend à se renfermer sur elle-même avec les crises qui se succèdent, laminant des siècles de traditions humanistes. Quant à la fin, d’un cynisme cruel et presque intolérable, elle mettra mal à l’aise le lecteur engagé qui croit encore au triomphe de la vérité sur la raison. Pour conclure, cette nouvelle enquête du commissaire Brunetti ne fait que renforcer l’idée que l’on se fait au-delà des Alpes que l’Italie est un pays qui fonctionne encore sur le mode de la corruption et dans lequel la mort d’une petite fille de onze ans ne fait pas le poids devant une belle « Merco » flambant neuve...
Donna Leon La petite fille de ses rêves - Une enquête du commissaire Brunetti - Calman-Levy 20 € 90 Traduit de l’anglais (USA) par William Olivier Desmond
Inscription à :
Articles (Atom)