Un des courts romans de Patrick Delperdange s'intitule Patrick Delperdange est un sale type. Nous n'irons certes pas jusque-là, et nous nous contenterons d'écrire que Patrick Delperdange est un drôle d'écrivain. En France, le grand public le connaît surtout pour ses deux romans un peu vite catalogués "polars ruraux" sortis à la Série noire (Si tous les dieux nous abandonnent, voir chronique ici) et chez Equinox Les Arènes (L'Éternité n'est pas pour nous, voir chronique ici). Il faut dire que nous autres, lecteurs français, n'avons pas facilement accès aux nombreuses autres publications de notre auteur belge : romans, nouvelles, romans jeunesse, BD, théâtre, pratiquement aucune forme d'écriture n'est étrangère à la plume fantasque et affûtée de Patrick Delperdange.
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
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5 février 2020
2 décembre 2018
Patrick Delperdange, "L'éternité n'est pas pour nous" : au-dessus de l'abîme
Depuis la sortie il y a deux ans déjà de Si tous les dieux nous abandonnent (voir chronique ici et interview ici), on attendait avec beaucoup d'impatience le nouveau roman de Patrick Delperdange. L'univers de L'éternité n'est pas pour nous est proche de celui de son prédécesseur, et la noirceur y est peut-être encore plus absolue.
Les lieux : les abords de la Meuse, en pays wallon, peut-être en Ardenne. La forêt, la rivière et ses berges, les grands arbres noirs, l'humidité, la brume, la pluie, le vent, ou bien la chaleur lourde. Une nature peu accueillante tout juste ponctuée par une carrière où travaillent des ouvriers, un village de rien du tout et son camping, un manoir réservé à la famille des grands bourgeois du coin.
23 novembre 2016
"Noir sur la ville" à Lamballe soufflait ses vingt bougies
Ce week-end, le festival Noir sur la ville de Lamballe (22) soufflait ses 20 bougies. L'an passé, la manifestation avait été annulée suite aux attentats de Paris, et même si beaucoup d'auteurs étaient restés à Lamballe par amitié, la tristesse avait gagné la partie... Cette année, Noir sur la ville fêtait donc son vingtième anniversaire et accueillait l'assemblée générale de l'association 813, ainsi que la remise des Trophées 813. C'est dire si l'association Fureur du noir, organisatrice de la manifestation, avait tout mis en œuvre pour que le festival soit un succès. En arrivant à la salle municipale samedi après-midi, c'est peu dire qu'on était rassuré... Une foule de visiteurs était au rendez-vous, se bousculant devant les tables où les auteurs dédicaçaient tout en prenant le temps d'échanger avec leurs lecteurs. Sans oublier l'ambiance particulièrement festive, avec des auteurs heureux de se retrouver, des organisateurs aux anges malgré la pression et l'affluence, et une équipe de bénévoles absolument formidable. Quelques souvenirs en images et en mots.
16 octobre 2016
Patrick Delperdange, l'interview en roue libre
J'ai rencontré Patrick Delperdange dans le cadre du premier salon du polar d'Auvers-sur-Oise, ce qui explique l'arrière-plan de cette photo. Il y a quelques mois, ce romancier belge qui a déjà publié une quarantaine d'ouvrages débarquait à la Série noire avec un roman formidable, Si tous les dieux nous abandonnent. Si vous ne l'avez pas lu, vous pouvez jeter un œil sur la chronique, par ici. A peu près en même temps sortait chez Genèse éditions un drôle de roman en forme de conte, Le cliquetis. Patrick Delperdange a bien voulu répondre à mes questions, en roue libre, comme d'habitude. Merci à lui...
Mais avant de lui laisser la parole, histoire que vous sachiez de quoi il va être question, voici une présentation de Le cliquetis.
Patrick Delperdange, Le cliquetis : un conte sans fée, avec fantôme
Quand on a fait la connaissance de Patrick Delperdange avec Si tous les dieux nous abandonnent, on est un brin désorienté en découvrant Le cliquetis. Là où Si tous les dieux... nous abreuvait de noirceur, Le cliquetis offre un conte à la fois humaniste et fantastique. Avec un peu de recul, on s'aperçoit que les deux romans sont, évidemment, issus de la même plume: l'humour est là pour nous le prouver. Et d'autres choses encore, quelque chose comme l'empathie. Le cliquetis est donc un conte. L'histoire d'une maison urbaine racontée par elle-même. Une vieille maison bourgeoise qui fait figure de vénérable ancêtre dans la rue où elle trône. Elle en a vu passer, des occupants! De combien de drames et de comédies a-t-elle été témoin ? De combien de secrets a-t-elle été la dépositaire muette ? Pour une fois, elle prend la parole à travers les mots de Patrick Delperdange. Il y a Maïa, la concierge grecque et solitaire, sorte de mère bienveillante des occupants. Et puis la famille Messier, avec les deux enfants Jonathan et Clara, une petite fille pas tout à fait comme les autres. Monsieur Godefroid, scientifique irascible qui passe sa vie le nez dans ses bouquins poussiéreux, à la recherche d'on ne sait quoi. Madame de Pasquale, qui n'est pas tout à fait celle qu'on croit, et son majordome. Les Laurent, Charles et Marthe, qui est bien malade. Un grain de sable va enrayer le rouage des habitudes de tout ce beau monde : un cliquetis, un bruit régulier, lancinant, insupportable, surtout pour Monsieur Godefroid, qui n'arrive plus à se concentrer. Il faut faire quelque chose... La maison sait tout, voit tout, entend tout, mais elle ne peut rien faire. Elle assiste, impuissante, aux dérèglements les plus aberrants. Mais décidément, la réalité n'est pas aussi rationnelle qu'on l'imagine : nous sommes dans un conte, ne l'oublions pas. Et le déroulement des événements va aboutir à une fin qui nous inspirera, comme tous les contes et les fables, une morale à méditer...
Patrick Delperdange, Le cliquetis, Genèse éditions
20 juillet 2016
Patrick Delperdange, "Si tous les dieux nous abandonnent": formidable roman "rural noir"... et belge
Patrick Delperdange n'en est pas à son coup d'essai puisqu'il a publié romans, recueils de poésie, scénarios et pièces de théâtre, romans jeunesse, traductions de l'anglais/américain, obtenu le prix Rossel - l'équivalent belge de notre Goncourt - pour son Chants des gorges (publié chez Sabine Wespieser puis réédité chez Espace nord), et même écrit, sans doute pour couper l'herbe sous le pied d'éventuels rivaux, un Patrick Delperdange est un sale type, novella cocasse, auto-dérisoire et, allons-y puisque nous parlons d'un auteur belge, quasi surréaliste, en forme de clin d’œil à ce bon Charles Dickens. J'ai eu l'occasion de l'entendre à plusieurs reprises intervenir lors de tables rondes, en particulier à Quais du polar, de lire certaines de ces interviews : l'homme pratique un humour à froid, un brin de cynisme mâtiné de bonhommie, bref c'est le genre d'auteur qu'on a vraiment envie de découvrir. La parution en Série noire de Si tous les dieux nous abandonnent était l'occasion rêvée.
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