Affichage des articles dont le libellé est Romain Slocombe. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Romain Slocombe. Afficher tous les articles

22 septembre 2019

Romain Slocombe, "La débâcle" : autopsie de l'exode

En juin 1940, deux millions de Parisiens fuient sur les routes pour échapper à l’occupation allemande qui commencera à Paris dès le 14 juin : c’est l’exode.  De nombreux cortèges sont bombardés : on évalue le nombre de victimes tuées à 100 000, sans compter les blessés… Les villes de la zone libre doivent faire face à l’arrivée massive de ceux que Pétain, en  1941, appellera les fuyards… 

L’exode, la débâcle : dans pratiquement toutes les familles, grands-parents et arrière-grands-parents  racontent cette aventure de tous les dangers. En voiture, en camion, en vélo, en moto, en charrette, en train : hommes, femmes et enfants se réfugient chez les membres de la famille ou les amis qui ont la chance d’habiter hors zone occupée. Les souvenirs sont douloureux, mais ils sont parfois aussi, paradoxalement, nostalgiques : les enfants se rappellent la campagne, les courses à travers champs et forêts, les cousins et les cousines, la famille qu’on ne voit pas si souvent…  Rappelez-vous  Jeux interdits.

3 juin 2018

Le Goéland masqué 2018 : du noir sous le ciel bleu

C'est traditionnellement pendant le week-end de la Pentecôte que le Goéland masqué déploie ses ailes et réunit à Penmarch' les auteurs de polar français et étrangers qui ont eu la bonne idée d'accepter l'invitation de ce festival à la fois familial et passionné. Ceux qui y viennent y reviennent souvent.

Moi aussi... Quelques photos souvenir de l'édition 2018, particulièrement réussie, avec des invités de qualité et une météo de rêve...

Vous pouvez retrouver ici les enregistrements des tables rondes.

Roger Hélias, président d'honneur de l'association, en compagnie de Claude Mesplède pour l'inauguration. Avec un hommage ému à Jean-François Coatmeur et Firmin Le Bourhis, récemment disparus.

Hervé Delouche avec Patrick Pécherot et Romain Slocombe
Cathi Unsworth en pleine séance de dédicace
Patrick Raynal et Chris Offutt
Marin Ledun


Nicolas Jaillet     
Sans oublier, à deux pas de là...

4 novembre 2017

Romain Slocombe, L'étoile jaune de l'inspecteur Sadorski : le retour de l'abominable inspecteur

Léon Sadorski est de retour. Le héros le plus antipathique qui soit, dont on a fait la connaissance dans L'affaire Léon Sadorski (voir chronique ici) n'a rien perdu de sa hideuse bonhommie, ni de son écœurante ruse et de son monstrueux égoïsme... Pour ce deuxième volume, Romain Slocombe a choisi de situer son action pendant une des périodes les plus noires de l'occupation : les semaines qui précèdent la rafle du Vél d'Hiv. C'est dire que Sadorski va trouver là l'occasion, une fois de plus, de faire la preuve de son caractère immonde, et du même coup d'incarner en sa seule personne toutes les turpitudes dont nos compatriotes se sont rendus coupables...

C'est une des forces de la démarche de Romain Slocombe que de parvenir à nous entraîner dans une intrigue à multiples facettes, de nous pousser à tourner les pages jusqu'au bout, tout en nous mettant face à notre histoire dans ce qu'elle a de plus terrible. Comment diable fait-il pour déclencher chez nous tous les réflexes de l'amateur de roman noir et d'intrigue, tout en nous incitant à réfléchir, à nous demander comment nous, lecteurs, nous serions comportés dans ces circonstances-là, et à nous regarder dans le miroir, en proie aux doutes les plus terrifiants ?

18 septembre 2016

Romain Slocombe, "L'affaire Léon Sadorski" : un salaud parmi d'autres

Romain Slocombe continue sa descente en enfer, celui de la Deuxième guerre mondiale qu'il explore depuis plusieurs années déjà, sous des angles différents, mais avec de plus en plus d'acuité et de cruauté. Avec L'affaire Léon Sadorski, il raconte, à sa manière impitoyable, l'histoire somme toute banale, hélas, d'un flic modèle dans le Paris du printemps 1942. Léon Sadorski travaille aux renseignements généraux, et accomplit avec zèle son abominable mission : rechercher, contrôler et arrêter les juifs... Côté vie privée, tout va bien: il est marié à la charmante Yvette, avec laquelle il partage une vie amoureuse plutôt épanouie. Le couple n'a pas d'enfants et vit au cœur de Paris, quai des Célestins. C'est le printemps, il fait beau, l'air est pur, la vie est belle. Pas pour tout le monde...

25 novembre 2015

Romain Slocombe, "Un été au Kansai" : roman épistolaire, cruel et visionnaire

Romain Slocombe est un homme généreux. Là où d'autres, pingres, nous offrent un roman de rentrée, lui nous en propose deux. Voici le premier, Un été au Kansai (Arthaud). Le second, Le secret d'Igor Koliazine (Seuil), patientera d'autant moins longtemps dans la liste de lecture qu'il propose une nouvelle enquête de Ralph Exeter, agent trouble héros de Première station avant l'abattoir (voir chronique ici).
Romain Slocombe est un homme de talent. A tel point que c'en est presque agaçant. Inutile de chercher la petite bête : Un été au Kansai est, dès les premières pages, une merveille d'écriture. L'auteur aime les romans épistolaires, on le sait. Le début nous amène, aux côtés d'un journaliste qui enquête sur le passé politique d'un ministre allemand, dans une belle demeure de Friedersdorf, proche de la frontière polonaise. Le domicile de Mme Wührmann, 86 ans, ancienne journaliste et sœur de Friedrich Kessler, membre du corps diplomatique allemand basé en Chine, puis au Japon pendant la guerre. Un corps diplomatique qui, d'après plusieurs experts, était parfaitement au courant de ce qui se passait dans les camps... La fragile mais résolue Mme Wührmann confie à l'enquêteur la correspondance que son frère lui a adressée pendant ses années passées au Japon. Et l'histoire commence...

8 septembre 2015

Romain Slocombe en dédidace pour Un été au Kansai

Ce soir, Romain Slocombe dédicaçait son nouveau roman, Un été au Kansai (Arthaud) à la librairie l'Ecume des Pages 174 blvd St Germain (Paris 6°). Adrien Debré en a lu des extraits, particulièrement douloureux si l'on en croit son expression sur la photo. Alfredo Noriega (auteur de l'excellent Mourir, la belle affaire, paru chez Ombres noires) était venu encourager son confrère et surveiller les opérations.


Romain Slocombe

Adrien Debré
Alfredo Noriega
Romain Slocombe fait partie de ces romanciers dont j'attends chaque année le nouveau livre. Slocombe trace son chemin, creuse le sillon d'une vision personnelle et troublante de l'histoire contemporaine, et les premiers chapitres tiennent leurs promesses. Un été au Kansaï raconte l'histoire de Friedrich Kessler, qui débarque au Japon en 1941, nommé à l'ambassade du Reich. Au loin, la guerre et l'holocauste. Une guerre qui se rapprochera inexorablement de ce Japon où Kessler s'est réfugié, espérant échapper à l'Apocalypse. Bien sûr, nous reviendrons très vite sur Un été au Kansai.

14 septembre 2014

Avec Avis à mon exécuteur, Romain Slocombe réussit un coup de maître.

Le nouveau roman de Romain Slocombe n'est pas un polar. La preuve, le héros meurt au début. Voilà une bonne chose de faite. Mais n'imaginez pas que vous allez vous en tirer comme ça. Nous sommes en février 1941, à Washington, dans un hôtel de seconde zone. Le petit homme qui va quitter ce monde dans quelques instants s'appelle Victor Roudnev. Ou Rubinfeld. Ou Krebnitsky. Le petit homme brun était un traître à la cause. Un vendu. Bref, un homme qui de toute façon n'avait pas longtemps à vivre. Celui qu'on appelait le Général Krebnitsky n'était pas général. En revanche, il avait bel et bien déserté la mère patrie, emportant avec lui un document brûlant, qui à la fois le protège et le condamne. Un document qui prouve que Staline, dans son jeune temps, était un infiltré de la police tsariste.

5 février 2014

Romain Slocombe remporte le Prix Mystère de la critique pour "Première station avant l'abattoir."..

et on en est bien contents ! Un prix fondé en 1972 par la défunte revue Mystère Magazine, un jury composé de nombreux critiques (une trentaine en 2013), toujours présidé par son fondateur Georges Rieben, et une liste de primés qui témoigne d'un discernement certain. Ces dernières années, ont été récompensés parmi les auteurs français Olivier Truc, Marcus Malte, Marin Ledun, Hervé Le Corre, Caryl Férey, Pascal Dessaint et parmi les auteurs étrangers Donald Ray Pollock, Stuart Neville, William Gay, Jack O'Connell, James Lee Burke et Daniel Woodrell.



Lire la chronique de Première station avant l'abattoir (Le Seuil)

Lire l'interview de Romain Slocombe

9 décembre 2013

Romain Slocombe : l'interview en roue libre

Romain Slocombe est un homme multiple. Littérature, BD, illustration, livres pour enfants, cinéma, photo : chez un autre, on craindrait la dispersion. Chez lui, cette diversité paraît toute naturelle, ces modes d'expression contribuant à la constitution d'une œuvre étrange, unique en son genre, et, avec un peu de recul, totalement cohérente. Après le succès public de Monsieur le Commandant, Romain Slocombe nous a offert il y a quelques semaines un formidable roman d'espionnage, Première station avant l'abattoir (Le Seuil)  (voir chronique ici). C'était l'occasion de lui demander quelques explications.

Vos modes d'expression sont nombreux. Quel est le déclic qui a déclenché chacune de vos activités ?

Une activité en a partiellement engendré une autre, mais il est vrai qu'il y a eu une succession de déclics. Pour moi, le dessin était une évidence : ma mère était peintre, mon père architecte. Quand j'étais gamin, je pensais que j'étais obligé d'être architecte comme mon père, et j'en souffrais beaucoup. J'étais mauvais en maths, or pour être architecte, il fallait être bon en maths. En réalité l'architecture ne m'intéressait pas tant que ça. Même si mes parents n'étaient pas autoritaires, j'étais un bon garçon bien élevé, et je me sentais obligé moralement de suivre leur désir. À un moment donné, j'ai fait une sorte de "crise" qui m'a enlevé ce poids de la poitrine : j'ai affirmé que je voulais être peintre, pas architecte. Le jour où j'ai dit cela, une de mes tantes était présente et m'a dit : "mais non, tu n'es pas obligé d'être architecte." Là, j'ai compris qu'on pouvait choisir, qu'on n'était pas obligé de faire ce que nos parents voulaient qu'on fasse. Je me suis donc orienté naturellement vers le dessin, que je pratiquais déjà : mon père me donnait à volonté de grands blocs de papier à dessin, je dessinais dans les marges de mes cahiers.

30 octobre 2013

Romain Slocombe à la librairie Le Monte en l'air : crimes et délices

Hier soir, à la librairie Le Monte en l'air de la rue de Ménilmontant, Romain Slocombe signait son nouveau roman Première station avant l'abattoir, ainsi que l'album Guérir, une étonnante production au format 30 x 40 publiée par les éditions Timeless, album réunissant peintures, photographies et collages inédits, en hommage aux magazines populaires des années 1950/1960.
Il répondait également aux questions de Hervé Delouche, le président de 813. Romain Slocombe commence sa carrière de dessinateur graphiste photographe au début des années 80 avec le groupe avant-gardiste Bazooka et la revue Métal Hurlant, une référence pour tous les amateurs de BD, de science fiction, bref, de "mauvais genres". En 1978, il publie un premier album, Prisonnière de l'armée rouge, qui a droit à la triple interdiction : à la vente aux mineurs, à l'affichage et à la publicité. Comme Burroughs... La commission de censure n'ayant que peu goûté les aspects pervers de cet album qui racontait l'histoire d'une jeune femme enlevée par l'armée rouge japonaise, tortures et érotisme à l'appui. L'album se retrouva soldé... en Afrique du nord.

28 octobre 2013

Première station avant l'abattoir : Romain Slocombe digne héritier de Somerset Maugham, Graham Greene et Eric Ambler

Romain Slocombe est un malin. D'emblée, il désamorce les péchés mignons des chroniqueurs. Les exergues de Première station avant l'abattoir (titre emprunté à Louis-Ferdinand Céline) sont signés Ernest Hemingway et Graham Greene. Dès la première page de l'introduction, le narrateur achète dans une librairie du Palais-Royal l'édition de poche de L'Horizon, de Patrick Modiano. L'exergue de la première partie est signé Somerset Maugham. Il ne manque plus que Eric Ambler pour compléter cette table de convives célèbres. Qu'à cela ne tienne, son nom figure en page 12...  Le chroniqueur n'a plus qu'à remballer sa culture et ses citations, l'auteur a déjà fait le travail... Et si d'aventure il était tenté (le chroniqueur) de s'offrir une petite session de recherche historique, eh bien Romain Slocombe, là encore, l'a devancé avec une annexe où tout est dit. Ne reste plus qu'à parler du roman...
Première station avant l'abattoir est un étrange objet de séduction. L'affaire commence de nos jours par un rendez-vous entre le narrateur et une critique d'art anglaise, Amanda Finlay, qui vient lui présenter sa récente découverte : un manuscrit qu'elle a déniché à Lyon, lors d'une visite à la famille de la seconde femme du célèbre journaliste Gordon Percival Woodbrooke, un lointain parent. Une suite de récits d'espionnage qui se déroulent entre 1920 et 1940, où la réalité se mêle habilement à la fiction. Des récits qui en disent bien plus sur l'homme que son autobiographie officielle, puisqu'il y est fortement induit qu'il était en réalité un espion à la solde de la Russie soviétique ! Vous apprendrez avec intérêt, cher lecteur, que le grand-père de Romain Slocombe, George Slocombe, vécut en 1922 une histoire singulièrement proche de celle que vous vous apprêtez à découvrir... Car vous allez lire le manuscrit de Gordon Woodbrooke, et sans nul doute, comme moi, vous tomberez d'accord avec la belle Amanda : quand on commence ce roman, on ne le lâche plus.

9 avril 2012

Romain Slocombe, Shanghai connexion : de l'absurde au tragique, un grand roman

Romain Slocombe est un créateur prolifique. Photo, BD, dessin, roman : il a laissé sa patte dans tous ces domaines, avec talent toujours, de façon inoubliable parfois. Shanghaï Connexion, qui vient de sortir chez Fayard noir, fait assurément partie de la dernière catégorie. Troisième volet d'une trilogie baptisée "L'océan de la stérilité", ce roman extrêmement singulier sait jouer sur plusieurs registres, du quasiment burlesque au profondément tragique, et laisse son lecteur pantelant à force de changements de narrateur, de tons et de points de vue, de coups de théâtre et surtout après une progression dramatique qui aboutit à une gravité profonde et à une émotion intense.

24 avril 2011

Romain Slocombe : L’infante du rock

Romain Slocombe a beaucoup de cordes à son arc : auteur de polars, de romans pour la jeunesse, d’essais, de BD, photographe, traducteur, réalisateur de courts métrages, illustrateur, passionné par le Japon... On pourrait le croire bien vieux, vu la longueur de son CV : que non, en plus, il est plutôt jeune ! Enfin pour moi, puisqu’il est né en 1953.

Je voulais lire un de ses livres, j’ai choisi L’infante du rock, paru en 2009 chez Parigramme. Et ça m’ennuie vraiment de dire que j’ai été déçue, car j’avais envie d’aimer ce polar. Pour plusieurs raisons : on y trouve des références fréquentes à une époque que j’aime bien, les années 80. Ainsi, on trouvera, en vrac : un peu de "name-dropping" avec Alain Pacadis et Patrick Eudeline en particulier, des personnages probablement "à clés", un meilleur ami japonais, une compagne... japonaise, un groupe de rock sulfureux, du sexe un peu poisseux et un peu triste, Paris en filigrane, de Belleville à Pigalle, une chanteuse disparue, un ancien groupe de rock dont les membres ont eu des destins pas vraiment enviables. Tout cela aurait pu faire un beau roman noir à réminiscences - d’ailleurs Slocombe cite Modiano, et ce n’est sans doute pas pour rien.

Eh bien malgré tous ces atouts, il manque au moins une chose : l’émotion. Celle qu’on peut ressentir par exemple lorsqu’on va voir un concert de Daniel Darc. L’auteur a-t-il voulu y mettre trop de choses ? N’a-t-il retenu de l’époque qu’une certaine froideur, voire une forme de cynisme ? Toujours est-il que j’ai lu le livre vite (peut-être trop ?), et que je l’ai refermé frustrée, pas vraiment conquise par une intrigue qui ne m’a jamais accrochée, insensible au sort d’Alain, le héros de l’histoire.

Romain Slocombe nous fait découvrir La Bataille de l'opium en Indochine en 48

On appelle cela des romans graphiques. Dans le cas présent il s'agit même d'un polar graphique format à l'italienne (22,5x17cm) de la main de Romain Slocombe, écrivain et artiste français dont les œuvres abordent principalement l'Orient. Il utilise volontiers tous les modes d'expression de la BD à la peinture avec des intrusions dans la photographie et le cinéma, sans oublier ses romans. Le style du dessin est très précis et l'on sent pointer la photographie derrière ses cases aux traits épurés avec des zones tramées en niveaux de gris. La BD est structurée sous la forme de pages en largeur comportant au maximum deux cases traitées avec réalisme qui donnent un côté documentaire saisissant. A lire donc La nuit de Saïgon aux éditions Futuropolis, une BD-polar en noir et blanc où se côtoient bandits, policiers, indics et militants en Indochine en 1948 pendant la bataille de l'opium.
Bandes dessinées de Romain Slocombe
1992 : Drôle de dragon à Tokyo, scénario de Paul Thiès, éditions Syros
1989 : Cité des anges, scénario de Marc Villard, éditions Albin Michel
1989 : Tigres volants contre zéros, éditions Albin Michel
1988 : Le détective du Palace Hôtel, éditions Syros
1988 : Femmes fatales, éditions Comixland
1987 : Cauchemars climatisés, scénario de Marc Villard, éditions Futuropolis
1986 : La nuit de Saïgon, éditions Futuropolis
1985 : Tokyo Girl, scénario de Max Fournier, éditions Magic Strip
1984 : Yeun-Ok, l'infirmière héroïque, éditions Futuropolis
1978 : Prisonnière de l'Armée Rouge, éditions Les Humanoïdes Associés

Articles récents