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18 février 2025

Ian Rankin, "Minuit à l'ombre" : la vingt-cinquième enquête


Voilà, Ian Rankin a osé… Sa 25e enquête, c'est de la prison que John Rebus la mènera. Dans le roman précédent, Un cimetière dans le cœur (voir chronique ici ), Ian Rankin avait expédié John Rebus au tribunal, au banc des accusés, soupçonné du meurtre de Big Ger Cafferty, et le livre se terminait par un grand point d'interrogation. Voilà la réponse : dans Minuit à l'ombre, Rebus est bel et bien enfermé à la prison de Saughton à Edimbourg depuis trois mois, son avocat a fait appel. Le plus étonnant, c'est que ça ne paraît pas l'avoir affecté tant que ça… Il est encore à l'isolement, mais la direction de la prison a l'intention de le réintégrer au reste de la population carcérale. Où il va retrouver bon nombre de ceux qu'il a contribué à faire mettre à l'ombre. Ca va lui changer les idées, ça va aussi le mettre en danger. Mais finalement John Rebus est étonnamment solide, malgré son grand âge et sa santé fragile. Et l'atmosphère de la prison semble plus angoissante pour le lecteur que pour lui ! Le voilà dans son élément : un environnement où sont concentrés tous les maux qu'il a passé sa vie à combattre, finalement. Dans sa petite cellule, il a à portée de main les livres qu'il s'est promis de lire, des photos de sa fille et de sa petite-fille, une télé et même un téléphone fixés au mur. Ne manque que la musique. Bien sûr, le téléphone n'est utilisable que sur réservation et après paiement, et les appels sont écoutés. Une version plutôt confortable de l'enfer, en quelque sorte. Mais ça ne va pas durer.

24 janvier 2023

Ian Rankin, "Un cimetière dans le cœur" : Rebus #24, les fantômes du passé


Pour son vingt-quatrième Rebus, Ian Rankin a choisi de nous infliger un choc dès les premières pages : on y retrouve John Rebus au tribunal. Mais pas à la barre des témoins, au banc des accusés. Est-ce vraiment une surprise pour le lecteur fidèle ? Depuis ses débuts, John Rebus bouscule les règles, désobéit à la hiérarchie, fraie avec des personnages aussi peu recommandables que Big Ger Cafferty. Dans la série des Rebus, il y a les romans qui avancent comme la vie et le temps qui passent, avec des faux plats et des virages plus ou moins serrés. Et il y a ceux qui nous amènent, nous et John Rebus, à un carrefour décisif : Un cimetière dans le cœur fait partie de ces romans-là. Nous ne saurons pas tout de suite ce qui a amené Rebus là où il est, dans ce tribunal où la plupart des personnes présentes sont masquées, COVID oblige. Quant aux jurés, ils sont dans une autre salle, on les voit sur un écran géant installé dans le tribunal. Rebus fouille sa mémoire : quand est-il venu ici pour la première fois ? Un voyage dans le temps qui donne le ton du roman, qui s'attache à l'histoire de Rebus et, par la même occasion, à celle du crime à Edimbourg. Pour profiter pleinement de ce roman très sombre, il faudra patienter jusqu'à la fin et surtout suivre à la trace un John Rebus fatigué, malade mais qui n'a rien perdu de sa clairvoyance, de sa ténacité et de sa mémoire.

27 juin 2022

William McIlvanney et Ian Rankin, "Rien que le noir" : deux héros du Tartan noir

En septembre de l'année dernière, je vous annonçais la parution prochaine d'un nouveau roman de William McIlvanney achevé par Ian Rankin et donnais la parole à Ian qui expliquait la genèse du projet (voir l'article ici ). Depuis, le roman a été publié en français par Rivages dans une traduction de Fabienne Duvigneau, et a valu à Ian Rankin et à William McIlvanney - à titre posthume pour ce dernier - le prix Crime & Thriller Book of the Year décerné par les British Book Awards. Vu que Ian Rankin vient de se voir octroyer le titre de chevalier pour ses services à la littérature et aux œuvres caritatives, on peut en conclure que l'année est plutôt bonne pour Sir Ian... D'autant qu'un nouveau Rebus est attendu pour la rentrée.

Rien que le noir est donc un "prequel" à la légendaire trilogie des Laidlaw du grand William McIlvanney (Laidlaw, Les Papiers de Tony Veitch  et Étranges loyautés, tous publiés chez Rivages). On y rencontre un certain sergent Laidlaw - il n'est pas encore inspecteur - qui vient d'intégrer l'équipe d'enquêteurs de la brigade criminelle de Glasgow, traînant derrière lui une réputation peu flatteuse d'empêcheur de tourner en rond. Pas vraiment un "bleu", ni une jeune pousse : l'homme a déjà de l'expérience, et il vit en banlieue de Glasgow avec sa femme Ena et ses trois enfants, sauf quand il estime que l'affaire en cours exige qu'il passe plutôt ses nuits en ville, à l'hôtel... Une situation qui présage de ce que les romans suivants nous disent de lui. Laidlaw n'est pas vraiment un "family man" et déjà on voit pointer sa solitude à venir. 

1 septembre 2021

William McIlvanney et Ian Rankin, « prequel » à quatre mains

Dans quelques jours sortira au Royaume-Uni The Dark Remains, « prequel » de la légendaire trilogie des Laidlaw du grand William McIlvanney (Laidlaw, Les Papiers de Tony Veitch  et Étranges loyautés, tous publiés chez Rivages). William McIlvanney nous a pourtant quittés, deux ans après la réédition de ses romans, épuisés en langue anglaise depuis de nombreuses années. The Dark Remains est donc le fruit du travail de l’illustre Ian Rankin, qui admirait et connaissait McIlvanney et qui a accepté de se plonger dans les notes de l’auteur. Ce mois d’août, il répondait aux questions de Karen Campbell, ancienne policière de Glasgow devenue auteure de romans policiers, dans le cadre du Festival international de littérature d’Edinburgh. Morceaux choisis.

28 janvier 2021

Ian Rankin, "Le chant des ténèbres" : Rebus, 23e épisode

John Rebus déménage, au sens propre comme au sens figuré. Diminué par ses problèmes respiratoires, le voilà contraint à quitter son appartement d'Arden Street. Trop de marches... Qu'on se rassure, il ne va pas bien loin : au rez-de chaussée du même immeuble. C'est la fidèle Siobhan qui veille à ce que son déménagement se passe le mieux possible. Jusque-là, on pourrait craindre que John Rebus se soit, enfin, résigné à la retraite. Passer sa journée et sa nuit à lire et à écouter de la musique en compagnie du chien Brillo, il ne manquerait plus que la robe de chambre et les pantoufles. Mal parti pour un roman noir, non ? Rassurez-vous, Ian Rankin et son alter ego ont plus d'un tour dans leur sac. 

Ce matin-là, à cinq heures, John Rebus est réveillé par le téléphone. C'est sa fille, Samantha. On l'avait un peu oubliée, Samantha, vu que pour John Rebus, la famille est loin de passer avant tout... Mais l'heure est grave : Keith, le compagnon de Samantha et le père de leur fille Carrie, a disparu depuis deux jours. On a retrouvé sa voiture non loin de leur maison, il n'a rien emporté avec lui, aucune trace de mouvements sur son compte bancaire, ça sent mauvais. Rebus saute dans sa fidèle Saab, direction le nord de l'Ecosse,  dans la région de Tongue (Highlands de l'ouest). C'est Siobhan qui se chargera du chien Brillo. 

31 août 2019

Ian Rankin, "La maison des mensonges" : le roi du polar d'enquête garde son trône

Juste avant la rentrée et son avalanche de nouveautés, pas question d’oublier Ian Rankin et La maison des mensonges, le nouvel épisode des enquêtes de l’inspecteur Rebus. John Rebus est à la retraite. Mais le concept même de retraite n’est pas compatible avec le personnage, on le sait bien. Il sort par la porte et rentre par la fenêtre, tel est son destin. Toujours installé dans son appartement d’Arden Street, à Edimbourg, en compagnie de son chien Brillo, qui l’oblige, chaque jour, à accomplir son devoir de promeneur dans les Meadows, toujours plus ou moins engagé dans une relation amoureuse avec Deborah Quant, la légiste, toujours atteint du syndrôme respiratoire qu’il doit à son passé de fumeur, Rebus mâche des chewing gum à la nicotine et tâche de passer le temps… Jusqu’à ce que ressurgisse une vieille histoire…

11 avril 2018

Ian Rankin, l'interview en roue libre cuvée 2018

Ian Rankin by Maryan Harrington
Inutile de mentir, personne ne me croirait. La présence de Ian Rankin à Quais du polar n'a pas été pour rien dans mon déplacement à Lyon cette année. Beaucoup d'actualités, encore plus de projets, cet homme-là ne s'arrête jamais. Deux publications en France cette année, pour fêter ses 20 ans aux éditions du Masque : une nouvelle enquête de John Rebus, Le diable rebat les cartes (voir la chronique ici) et un généreux recueil de nouvelles, The Beat Goes On, qui permettra aux nouveaux lecteurs de parcourir, dans l'ordre chronologique, la vie de John Rebus, et aux amateurs de faire la connaissance d'un Ian Rankin nouvelliste surprenant et multiple. Côté projets, Rebus au théâtre avec une pièce, Rebus : Long Shadows qui sera montée pour la première fois à Birmingham en septembre, avant de tourner au Royaume-Uni. Une toute nouvelle histoire de Rebus écrite par Ian Rankin et adaptée pour la scène par Rona Munro. Et puis Rebus de retour en librairie avec un nouveau roman, la 22e enquête, In a House of Lies, à paraître en octobre. Les sujets de conversation ne manquent pas. Commençons par le projet de série télé. Et par un grand merci à Ian Rankin pour son temps et sa générosité.

Quais du polar 2018, 90 000 visiteurs sous le soleil lyonnais


Voilà, les Quais du polar, c'est terminé pour cette année. Une fois la fatigue évacuée, les brumes dissipées, c'est le moment des bilans. Gros succès, cette année encore, avec 10 000 visiteurs de plus que l'année dernière - 90 000, belle réussite, malgré les grèves. Pour les auteurs, un moment fort, et l'agréable sensation que cette multitude de lecteurs venus à leur rencontre éprouvent une véritable curiosité et ne se contentent plus d'aller faire signer leur livre aux quelques stars présentes. C'était en particulier le cas de Valerio Varesi, enthousiasmé par la passion des lecteurs et leur intérêt sincère pour les romans italiens qui tenaient la vedette cette année. Rencontrer les lecteurs, les autres auteurs, intervenir dans des salles superbes, au cœur d'une ville magnifique : on comprend un tel enthousiasme. Ian Rankin, de son côté, se réjouissait que tant de jeunes lecteurs soient venus le voir, parler avec lui.  

Côté public, un vrai succès aussi, avec des conférences archi-complètes et une forte participation aux différentes manifestations. Un seul bémol : la difficulté éprouvée à assister, justement, à ces conférences, même en s'étant procuré le "pass" supposé vous assurer des places pour peu que vous soyez là 30 mn avant. Certains spectateurs ont fait la queue, leur pass à la main, et n'ont pas pu entrer. Sans doute le beau temps a-t-il contribué à leur indulgence : la déception semblait globalement plus forte que la colère. Quelques photos souvenirs. Et pour réécouter les conférences, c'est par ici.

Hannelore Cayre

Mimmo Gangemi, Valerio Varesi et Deon Meyer

Pierre Fourniaud et François Médéline

Ian Rankin, Alan Parks et Alain Léauthier



Alan Parks

Christine Ferniot et Ian Rankin


27 février 2018

Ian Rankin, "Le diable rebat les cartes" : joyeux 20e anniversaire en France ! !

Tous à vos bougies, vos serpentins et vos coupes de champagne : voici venir la 21e enquête de John Rebus (en français), que son auteur, Ian Rankin, viendra présenter à Lyon à Quais du polar. Nous y reviendrons. Pour l'occasion, les éditions du Masque publient, bien sûr, son nouveau roman, Le diable rebat les cartes, mais aussi un recueil de nouvelles passionnant qui permettra à ceux qui ne connaissent pas encore Ian Rankin de se familiariser avec l'histoire de son héros John Rebus, The Beat Goes On. Ce titre vous dit quelque chose ? Normal, depuis le début, Ian Rankin donne à ses romans des titres de chansons qui sont autant d'hommages à la deuxième passion de l'auteur, la musique. Cette fois, Rather Be the Devil, le titre d'origine du nouveau Rebus, est emprunté au regretté John Martyn.



29 juillet 2017

Harrogate 2017, journal de bord d'une cuvée exceptionnelle

Le festival de Harrogate fait partie de mes rituels annuels. Malgré la programmation décevante de la cuvée 2016, il était hors de question de rater cette édition-là, les deux invités d'honneur étant rien moins que Ian Rankin et Dennis Lehane. Retrouver là-bas Paul Cleave (dont le nouveau roman, Ne fais confiance à personne, particulièrement flippant, va paraître chez Sonatine en août - on en reparle bientôt), Martyn Waites, Val McDermid et tous les autres, ça ne se rate pas et ça vaut bien les heures de route sous la pluie, l'arrivée dans le Yorkshire sous la même, vent et froid en prime. Jeudi soir donc, à peine sortie de ma voiture, je me précipitais, parapluie déployé, vers l'hôtel Old Swan, où se tient chaque année ce festival unique en son genre et où, en 1926, Agatha Christie se réfugia pendant son escapade de 10 jours, durant laquelle la police anglaise mais aussi Arthur Conan Doyle et Dorothy Sayers se lancèrent à sa recherche. Comme chaque année, le festival commence par la remise du prix du Festival, qui cette année a récompensé l'Écossais Chris Brookmyre pour son roman  Black Widow, une sombre histoire de sexisme, de meurtre et de cyber-criminalité que le Guardian qualifie de "tour de force". On y reviendra bientôt. Lee Child a, lui, reçu un prix qui récompensait toute sa carrière.

Paul Cleave, Ian Rankin et Simon Kernick


Old Swan Hotel, Harrogate (photo geograph.org.uk Andrew Blades)

5 juillet 2017

RebusFest : un weekend à Edimbourg avec Ian Rankin pour les 30 ans de l'inspecteur Rebus





Tout ça ne nous rajeunit pas ! Et pourtant, ces quelques jours passés à Edimbourg pour rendre hommage à l'inspecteur John Rebus et à son créateur Ian Rankin témoignent d'une vitalité peu commune de l'un comme de l'autre. Le festival était annoncé depuis le mois d'avril, et pratiquement toutes les manifestations étaient complètes plusieurs semaines avant le début du festival. La ville d'Edimbourg était donc investie par des "fans" venus d'un peu partout, aficionados de toujours ou novices enthousiastes: c'est donc dans une ambiance toute particulière que s'est déroulé mon "pèlerinage" annuel à la capitale écossaise, qui n'a rien perdu de son charme ni de son éclat...


Le cas Rebus est probablement unique dans le monde de la littérature policière contemporaine. Jamais aucun enquêteur n'a autant symbolisé sa ville, jamais aucun auteur n'a donné de son pays et de sa capitale un portrait aussi fascinant et complexe, dépassant largement le cadre des enquêtes que Rankin continue à concocter  avec un savoir faire inimitable, et pas l'ombre d'un signe de lassitude. Au bout de trente ans, voilà qui n'est pas commun, et qui explique probablement la nature pratiquement sentimentale de l'attachement que les fans de Ian Rankin portent à leur auteur préféré. Et je sais de quoi je parle!

19 septembre 2016

Ian Rankin, l'interview en roue libre version 2016

Ian Rankin (photo Ulf Andersen)
Voilà, je vous ai donné envie de lire le dernier Ian Rankin, Tels des loups affamés. Enfin j'espère... Mais vous n'allez pas vous en sortir comme ça. Vous n'échapperez pas au délicieux rituel qui marque tous les ans (au minimum) la vie de ce blog : Ian Rankin, rencontré à Edimbourg cet été,  a eu la gentillesse de répondre à quelques questions. C'est parti...
   

17 septembre 2016

Ian Rankin, "Tels des loups affamés" : la maturité sied à John Rebus... et à son auteur

Tels des loups affamés est un roman marquant pour ses lecteurs et son auteur, Ian Rankin, puisque nous avons là entre les mains rien moins que la vingtième enquête de l'inimitable inspecteur John Rebus. Ajoutons à cela que l'année prochaine, 2017, sera le trentième anniversaire de la naissance du personnage emblématique du "Tartan noir" :  libations et émotions en perspective... En 1987 paraissait donc le premier John Rebus, Knots and Crosses, qui n'arrivera jusqu'à nous qu'en 2004 sous le titre L'étrangleur d'Edimbourg... Que de chemin parcouru par un héros et son auteur! Car s'il est bien un romancier qui dément la vieille croyance selon laquelle l'auteur de "séries" finit par se faire cannibaliser par son héros, jusqu'à en devenir stérile, c'est bien Ian Rankin.

17 septembre 2015

Ian Rankin, On ne réveille pas un chien endormi : un 20e Rebus fort, dense et prenant

Je vous vois venir : "la revoilà, tous les ans c'est la même chose..." Eh oui, Ian Rankin c'est un peu comme les albums des Stones les 15 premières années, on attend le nouveau tous les ans, on a peur d'être déçu, et voilà, il vous cueille et vous chope dans le creux de sa main. Laissez-vous faire, vous ne le regretterez pas.
Ces dernières années, Ian Rankin souffle le chaud et le froid  et joue avec nos addictions: il nous fait croire que Rebus, c'est fini (Exit Music). Que c'est le petit nouveau là, Malcolm Fox, qui va prendre la relève. Et Fox dès le deuxième de la série, Les guetteurs, devient franchement intéressant. Et puis sans crier gare, revoilà John Rebus avec Debout dans la tombe d'un autre, un roman qui sort John Rebus de sa zone de confort et l'emmène dans le Fife, la région natale de Rankin, ce qui n'est sûrement pas un hasard. Dans ce roman-là, Malcolm Fox est présent, et il n'a pas le beau rôle, c'est le moins qu'on puisse dire...

6 avril 2015

Val McDermid et Ian Rankin - QDP 2015

Avec quatre auteurs écossais invités, les Quais du polar ont fait la part belle au polar calédonien. La rencontre au sommet entre Val McDermid et Ian Rankin, animée par Michel Abescat, a été l'occasion d'un bel échange entre deux auteurs qui se connaissent et s'apprécient, un débat à bâtons rompus sur des sujets aussi différents que la nature du roman policier écossais et les résultats du référendum sur l'indépendance.

Qu'est-ce que se sentir écossais ?
VM : L'histoire est différente, la culture est différente, le mode de vie est différent, la politique est différente la langue est différente. Nous parlons anglais, mais différemment. La sensibilité aussi est particulière. On parle volontiers du "Caledonian antisizygy", cette dualité sur laquelle le poète Hugh Mac Diarmid a réfléchi et écrit. Et c'est vrai : nous sommes un peu schizophrènes : d'un côté une obsession pour la culpabilité, le travail, la défiance vis-à-vis du plaisir; de l'autre, un vrai sens de la fête, des histoires, de la boisson. Tout cela est rassemblé en nous, ce qui nous rend très différents des Anglais.
IR : Oui, bien sûr. Si vous parlez à des auteurs de polar écossais, ils vous diront qu'ils sont inspirés par des romans comme Dr Jekyll et Mr Hyde de RL Stevenson, ou bien Les confessions d'un pécheur justifié de James Hogg, des livres qui traitent de ces émotions conflictuelles. Le polar ne nous a pas forcément été enseigné par Agatha Christie ou Raymond Chandler, mais par des romans gothiques des siècles précédents. Mais si on écoute les enregistrements de Conan Doyle, dont on oublie souvent qu'il était écossais, on s'aperçoit qu'il avait un accent écossais très prononcé. Bien qu'il ait quitté l’Écosse dès qu'il l'a pu, ce qui est fréquent. Robert Louis Stevenson, lui aussi, a quitté l’Écosse très jeune. Comme Muriel Spark. Beaucoup partent, certains reviennent...

1 avril 2015

Ian Rankin, l'interview en roue libre - Millésime 2015 ! QDP 2015

Depuis la publication de Debout dans la tombe d'un autre (Le Masque - voir chronique ici) en automne dernier, j'attendais l'occasion de poser à Ian Rankin toutes les questions soulevées par le grand retour de John Rebus. Il était à Lyon, aux Quais du polar, le week-end dernier. Je l'ai arraché quelques minutes à ses nombreux fans. Et comme à son habitude, il s'est montré disert et passionnant, merci à lui. Voilà, c'est pour vous.

20 septembre 2014

Ian Rankin, Debout dans la tombe d'un autre : le retour de John Rebus

La première scène de Debout dans la tombe d'un autre me rappelle irrésistiblement celle du film La comtesse aux pieds nus, où Humphrey Bogart assiste, un peu en retrait, aux funérailles de la belle Maria, sous une pluie battante. Dans le rôle de Humphrey Bogart, John Rebus. John Rebus assiste aux obsèques d'un de ses anciens collègues flics. Et comme à nous tous, la cérémonie lui rappelle sans doute que lui aussi est mortel, et que l'échéance approche. Mortel, mais bien vivant encore, John Rebus, pour notre grand soulagement. Car je peux bien le dire maintenant: j'avais du mal à envisager un monde sans John Rebus... Dès la première page, la description fait mouche : non seulement on visualise la scène, mais on ressent le blues, la grisaille, la pluie, l'amertume. La magie Ian Rankin, son savoir-faire fonctionnent dès les premières lignes. Ce talent rare qui fait que tout de suite, on se sent transporté dans ce monde que Rankin nous raconte depuis plus de trente ans, ce monde qui bouge avec lui et avec John Rebus, son double littéraire, quoiqu'il en dise...
Rebus a besoin d'une cigarette. Moi aussi. Mais lui a un paquet dans sa poche, moi pas... Et il a la gentillesse de nous expliquer d'emblée le titre du roman. Qui est aussi, en version originale, celui du titre d'une chanson de Jackie Leven, ami disparu de Rankin, à un mot près : "Standing in another man's grave" est en réalité "Standing in another man's rain". C'est ce que constate Rebus en lisant la pochette du CD... "Grave" (la tombe), "Rain", (la pluie)... les deux vont bien, après tout.


21 septembre 2013

Conversation avec Ian Rankin : de Malcolm Fox à John Rebus, un univers d'écrivain

Dans ma vie de blogueuse, il y a quelques temps forts dans l'année. Et l'interview avec Ian Rankin en fait partie. Cette année, Ian était en France pour quelques jours pour présenter Les guetteurs (voir chronique ici), qui vient de sortir au Masque. Avant de partir pour le festival "Les mots Doubs" à Besançon, où il est ce week-end, il a fait une halte à Paris et a eu la gentillesse de répondre à mes questions. Vous me connaissez : ici,  l'interview est plutôt une conversation "en toute liberté". Et Ian Rankin est un excellent client pour ce genre d'exercice. Merci à lui pour sa confiance et sa générosité.

Dans ce livre, on a le sentiment que vos priorités sont le passé, la mémoire et la famille.
Oui, la famille bien sûr, mais aussi la politique. Les changements politiques en Écosse, la façon dont ils se sont déroulés. Toute l'histoire vient de faits réels, la mort de l'avocat William McRae qu'on a retrouvé dans sa voiture, une balle dans la tête. Dans les années 80, il y avait en Écosse des gens qui étaient persuadés que la seule voie vers l'indépendance, c'était d'imiter les méthodes terroristes de l'Irlande du nord. La peur, la violence. Nous sommes partis de là, et aujourd'hui le processus politique nous a amenés plus près de l'indépendance que nous ne l'avons jamais été. En 364 jours, l’Écosse a gagné son autonomie.

20 septembre 2013

Ian Rankin et "Les guetteurs", une intrigue politique, un héros qui monte en puissance

Malcolm Fox, vous connaissez ? Pas si bien que ça, même si vous avez lu le premier épisode de ses enquêtes, paru l'année dernière (Plaintes). Dans ce roman, Ian Rankin nous présentait un nouvel enquêteur de la police des polices. Pas un héros tête brûlée et rebelle de la brigade criminelle, si vous voyez ce que je veux dire, mais un homme en apparence tranquille, sobre à tous égards, un peu seul certes, mais "normal", à qui il arrivait des aventures regrettables et révoltantes, presque à son corps défendant. Dans Plaintes, Rankin distillait l'information sur son personnage, nous laissait dans un flou artistique tout en en dévoilant suffisamment pour qu'on ait envie d'en savoir davantage, de chercher les secrets que cache une telle "normalité".  Dans Les guetteurs, changement de voilure. Fox est toujours sobre mais on sent bien qu'il est sensible à la tentation, toujours solitaire mais plus engagé envers sa famille, beaucoup moins tranquille, et peut-être même un brin torturé, voyez-vous.

10 septembre 2013

Ian Rankin signe une "novella" inspirée par Rory Gallagher !

The Lie Factory sortira en même temps qu'une compilation de Rory Gallagher, baptisée Kickback City, réunissant toutes ses chansons qui parlent de crime ou qui sont particulièrement noires. Et il y en a ! C'est le frère de Rory, Donal, qui a contacté Ian Rankin, lui demandant s'il savait que Rory adorait les romans policiers. "J'ai tout de suite repensé à ses titres, Kickback City ou Continental Op... (...) C'était une évidence, j'ai pris un plaisir fou à écrire cette histoire. Bien sûr, c'est du noir classique, à la Raymond Chandler, avec un détective genre Philip Marlowe."

 En plus de la novella illustrée par l'artiste Timothy Truman, qui a travaillé pour le Grateful Dead, l'album sera accompagné d'un enregistrement de l'histoire lu par l'acteur Aidan Quinn. Rankin s'amuse : "Si cet album se retrouve dans la collection de disques de Rebus, il se pourrait bien que j'écrive une histoire dans laquelle Rebus sort l'album, s'assoit et se met à lire un texte signé Ian Rankin tout en écoutant un album de Rory Gallagher." De quoi devenir fou...
L'objet, futur collector à coup sûr, sort au Royaume-Uni le 28 octobre.
Et nous, le 21 septembre, nous trouverons en librairie le petit nouveau de Rankin, Les guetteurs (Le Masque). Et c'est du très bon Rankin. On y revient bientôt, vous me connaissez.
Source : Mirror

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