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Cathi Unsworth, à la plage |
Cathi Unsworth a publié son dernier roman en français,
Bad Penny Blues, il y a plus d'un an déjà. Présente au festival Polar à la plage du Havre, elle a inauguré son séjour en présentant dans un cinéma de la ville le film culte
Performance, qu'elle avait choisi pour incarner la fascinante période de la fin des années 60 à Londres. Véritablement passionnée par son sujet, elle a livré son interprétation et sa lecture d'un film qui, s'il n'est pas un chef-d’œuvre du 7e art, est sûrement un véritable étendard de la contre-culture et un objet unique et envoûtant. Un film qu'on croirait fait pour Cathi Unsworth ! Elle s'est prêtée avec spontanéité au jeu de l'interview "en roue libre". Merci à elle. Voilà le résultat.
Etait-ce plus difficile d'écrire sur une période que vous n'avez pas connue?
Oui, bien sûr. Mais c'était également extrêmement stimulant. Je me suis documentée, j'ai lu des tonnes de livres, et pas seulement des documents, mais des romans de l'époque. J'ai aussi vu beaucoup de films. Je pense que cette période était particulièrement favorable à l'éclosion de la création, qu'il s'agisse de littérature, de musique ou de cinéma. C'est à ce moment que les premières ruptures des barrières de classe se sont produites, que le peuple a vraiment commencé à prendre la parole. C'est là que sont sortis des films comme
Saturday night, Sunday morning (tiré du roman d'Allan Sillitoe et réalisé par Karel Reisz) ou
Taste of Honey (tiré de la pièce de Shelagh Delaney et dirigé par Tony Richardson). Dans
Taste of Honey, une femme prenait la parole et racontait sa vie, sa condition sociale, et c'était vraiment novateur. Toutes ces œuvres m'ont imprégnée. C'était une période en noir et blanc, avant la couleur des Beatles, il y avait encore des traces de bombes un peu partout, la ville était sale. Et soudain, la jeunesse a provoqué ce jaillissement d'optimisme.