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10 septembre 2023

2023, un été d'enfer

 


C'est la rentrée, et avec elle la vague de romans qui menace de submerger les lectrices et les lecteurs. Même si on dit souvent qu'en matière de roman noir, la rentrée, c'est toute l'année. C'est pourquoi j'ai choisi, pour ce billet de rentrée, de vous parler de trois livres parus... avant l'été. Tout simplement parce que ces trois-là m'ont accompagnée dans des moments aussi difficiles qu'exotiques, histoire de rappeler que les auteurs sont, certes, des gens qui écrivent, mais aussi des êtres capables, à distance et sans nous connaître, de nous apporter  le réconfort, mais surtout la volonté d'aller de l'avant, à la découverte d'autres auteurs - ils sont rares, certes - qui occuperont dans notre vie une place unique, irremplaçable, primordiale. La rentrée, la "vraie", fera son apparition sur ce blog un peu plus tard, une fois que j'aurai pour la première fois mis les pieds à Stirling pour le festival Bloody Scotland.

7 juin 2019

Cathi Unsworth," London Nocturne" : Londres sous les bombes, des femmes massacrées

Quel plaisir de retrouver Cathi Unsworth ! Avec London Nocturne, son dernier roman habillé d'une couverture magnifique, elle reprend son bâton de pèlerin, celui qui la guide à rebours de l'histoire de l'Angleterre. Avec Bad Penny Blues (voir chronique ici), elle nous attirait à la fin des années 50, jusqu'à la veille des années pop. Dans London Nocturne, c'est le Londres de la Seconde Guerre mondiale qui sert de toile de fond à un roman très noir, où les femmes sont une fois de plus les victimes de terribles violences, de meurtres barbares... En 1942, les rues de Londres sont dévastées, les bombardements ont chassé de la capitale bon nombre de familles parties se mettre en sécurité à la campagne. Celles et ceux qui sont restés en ville doivent se battre pour survivre. Surtout les femmes... Pour celles qui gagnent leur vie en donnant du plaisir aux hommes, c'est double peine. Non seulement il faut survivre aux bombardements, aux privations, continuer à gagner sa vie, mais en plus il faut échapper aux violences et aux agressions. Depuis quelques semaines, un meurtrier particulièrement violent sévit, laissant derrière lui les cadavres mutilés de femmes de tous horizons, seules, abandonnées à leur sinistre destin...

3 juin 2018

Cathi Unsworth, l'interview en roue libre 2018

Cathi Unsworth (le Goéland masqué 2018)
Retrouver Cathi Unsworth est toujours un plaisir, surtout dans le cadre du Goéland masqué. Nous étions nombreux à nous languir : depuis son formidable Zarbi, paru chez Rivages en 2014 (voir la chronique ici), pas de nouvelles sur le front de l'édition française. Le festival breton a été l'occasion pour son éditeur d'annoncer la publication de son roman Without the Moon au premier trimestre 2019. La bonne nouvelle ayant été annoncée dimanche matin, et l'interview ayant eu lieu samedi après-midi, j'ai dû faire quelques adaptations pour recentrer l'entretien sur l'ensemble des romans de Cathi Unsworth, car nous reviendrons l'année prochaine sur Without the Moon. Échange en toute liberté, comme d'habitude, avec une Cathi Unsworth en pleine forme, bourrée d'humour et d'énergie.

Est-ce que vous n'avez pas l'impression d'être en train d'écrire l'histoire souterraine de votre pays ? Avec ce qui est arrivé récemment, le Brexit, votre démarche prend un sens particulier. En fait, en y réfléchissant bien, j'en arrive à faire un parallèle avec ce qu'a fait James Ellroy avec une partie de l'histoire de son pays...
Je pense qu'effectivement, tous mes livres sont liés par cette idée. Vous savez, la dernière guerre civile qu'ait connue l'Angleterre a eu lieu en 1984, avec la grève des mineurs et Margaret Thatcher... Mes parents m'ont beaucoup parlé de cette époque et de celle qui l'a précédée, et cela m'a beaucoup marquée. Quant à James Ellroy, il fait bien sûr partie de mes auteurs cultes, je relis certains de ses romans régulièrement.

Le Goéland masqué 2018 : du noir sous le ciel bleu

C'est traditionnellement pendant le week-end de la Pentecôte que le Goéland masqué déploie ses ailes et réunit à Penmarch' les auteurs de polar français et étrangers qui ont eu la bonne idée d'accepter l'invitation de ce festival à la fois familial et passionné. Ceux qui y viennent y reviennent souvent.

Moi aussi... Quelques photos souvenir de l'édition 2018, particulièrement réussie, avec des invités de qualité et une météo de rêve...

Vous pouvez retrouver ici les enregistrements des tables rondes.

Roger Hélias, président d'honneur de l'association, en compagnie de Claude Mesplède pour l'inauguration. Avec un hommage ému à Jean-François Coatmeur et Firmin Le Bourhis, récemment disparus.

Hervé Delouche avec Patrick Pécherot et Romain Slocombe
Cathi Unsworth en pleine séance de dédicace
Patrick Raynal et Chris Offutt
Marin Ledun


Nicolas Jaillet     
Sans oublier, à deux pas de là...

13 mai 2018

Cathi Unsworth, du punk au Blitz en passant par la magie noire

Cathi Unsworth fait partie des auteures les plus singulières et les plus attachantes de la littérature anglaise. Ex-journaliste dans la presse musicale, ses premiers romans sont marqués par ce milieu et les êtres peu ordinaires qui le peuplent. Adoubée par la "crème de la crème" de la littérature noire du Royaume-Uni (Ken Bruen, Robin Cook et David Peace), elle commence sa carrière de romancière en 2005 avec The Not Knowing (Au risque de se perdre, voir chronique ici ) et, d'emblée, fait la preuve de son sens dramatique et de son talent de créatrice de personnages inoubliables. Mais c'est probablement grâce à sa capacité à évoquer le Londres du début des années 90, ses lieux et ses ambiances, qu'elle forge sa réputation.

30 novembre 2015

Impressions d'Europe à Nantes : une fête pour les amateurs de littérature anglaise (1)

Pour aller à la rencontre de la littérature anglaise ce week-end, il suffisait d'aller à ... Nantes, où se tenait le festival annuel "Impressions d'Europe" (voir le site ici). Un festival qui sait faire la part belle au polar et au roman noir. Quelques morceaux choisis, instantanés d'un week-end riche en surprises et en émotions, malgré les défections de Joseph Connolly et Michka Assayas. La manifestation commençait vendredi avec un rendez-vous avec Posy Simmonds, auteur des romans graphiques Literary Life, Gemma Bovery et Tamara Drewe, puis se poursuivait avec une rencontre autour de Virginia Woolf. Samedi après-midi, la parole était aux jeunes auteurs britanniques Jessie Burton et Benjamin Wood. Arrivée un peu tardive pour moi, emploi du temps oblige, et quelques regrets d'avoir, comme on dit, "raté le début"...

Vous trouverez également un compte rendu sur la page de Fondu au noir

27 avril 2014

QUAIS DU POLAR 2014 Episode 4 : Musique et roman noir, une histoire de famille ?

Allez, un petit dernier avant de clore le dossier Quais du polar 2014. Ce matin-là, dans une petite salle de l'Opéra de Lyon, il était, logiquement, question de musique. Vincent Raymond animait cette table ronde baptisée "Dancing Machine" et interrogeait cinq auteurs pour lesquels la musique, à l'évidence, compte beaucoup. Ace Atkins, Paul Colize, Marcus Malte, George Pelecanos et Cathi Unsworth (de gauche à droite sur la photo) se sont efforcés de nous raconter leur relation à la musique. Et c'était passionnant. Extraits.

7 avril 2014

QUAIS DU POLAR 2014 - Episode 2 : Le polar et la ville (Cathi Unsworth, Antoine Chainas, Warren Ellis, Alfredo Noriega)

L'édition 2014 des Quais du polar est à peine achevée qu'il est temps de mettre un peu d'ordre dans les photos, les notes et les enregistrements. Indéniablement placé sous le signe de James Ellroy, le festival offrait néanmoins une telle variété de conférences, tables rondes et autres événements qu'à vrai dire, j'en ai encore le tournis... Beaucoup de visiteurs, beaucoup d'auteurs, beaucoup de lieux : c'est au pas de course et en jouant des coudes qu'il fallait aborder la chose si on voulait assister à une toute petite partie des événements organisés... Et il aurait fallu un chef de projet hautement qualifié pour organiser ces deux jours de façon à peu près satisfaisante ! Ou, mieux encore, le don d'ubiquité. Ne disposant ni de l'un, ni de l'autre, mes jambes s'y sont substituées comme elles ont pu. Quant à ma pauvre cervelle, elle n'a pas encore retrouvé son état normal ! Un peu de patience, ça viendra. Peut-être.

Marc Fernandez, Cathi Unsworth, Antoine Chainas, Warren Ellis et Alfredo Noriega
Démarrons avec la table ronde consacrée au polar, genre urbain. Animée par Marc Fernandez, elle réunissait Cathi Unsworth, Antoine Chainas, Warren Ellis et Alfredo Noriega. Extrait d'une conversation à bâtons rompus, dérapages contrôlés compris.

23 mars 2014

Cathi Unsworth : "Zarbi", vous avez dit talent ?

Voilà, le nouveau Cathi Unsworth est arrivé. Et autant vous le dire tout de suite, il est encore plus grand que ses petits frères. Peut-être est-ce parce qu'il se déroule dans le Norfolk, pays d'enfance de l'auteure, et non plus à Londres dans les milieux branchés de la musique et du journalisme. Un retour aux sources ? Oui, mais pas de nostalgie ni de mélancolie gnan-gnan. Non, de la lucidité, de la colère, de l'empathie et de la finesse pour une histoire où la noirceur le dispute au style.

2003, Corrine Woodrow purge une longue peine depuis près de vingt ans dans un établissement isolé, en pleine campagne anglaise, dans le Cambridgeshire. Dire qu'elle est enfermée est un euphémisme: en fait, elle est enfermée en elle-même, incapable de communiquer autrement que par ses aquarelles... En 1984, elle a conquis le surnom peu enviable de Killer Corrine. Car cette année-là a eu lieu, dans une petite station balnéaire du Norfolk, un crime épouvantable, bientôt qualifié de "satanique" par la presse populaire anglaise, dont on connaît le sens de la nuance. Mars 2003 : Sean Ward, détective privé, ancien flic obligé de prendre une retraite forcée suite à une blessure infligée par un ado, est chargé par un haut magistrat de la Couronne de reprendre l'enquête : la science a progressé, et on a retrouvé sur les lieux du crime un ADN inconnu...

16 février 2014

Londres noir, un guide touristique dangereux concocté par Cathi Unsworth

Le livre dont j'ai envie de vous parler aujourd'hui n'est pas une nouveauté. Sorti en 2010 chez Asphalte, puis en 2012 en poche (Folio policier), Londres noir n'en est pas moins une lecture pratiquement obligatoire ! Dix-sept nouvelles classées en quatre parties qui chacune porte le titre d'une chanson interprétée par les Clash. Dix-sept nouvelles, chacune baptisée du nom d'un quartier de Londres. Et si je vous dis que ces textes ont été choisis par Cathi Unsworth, femme de goût s'il en est, je n'ai plus besoin de justifier le caractère obligatoire de cette lecture. Chaque histoire a son goût propre, sa vision singulière, et, comme le dit Cathi Unsworth dans sa préface, il ne s'agit pas d'histoires qui se déroulent à Londres, mais qui sont Londres. Vous aurez le plaisir d'y retrouver des auteurs connus, mais aussi le bonheur d'y rencontrer des noms moins célèbres, et des talents à découvrir. N'oubliez pas de lire les mini-biographies de chaque auteur au début des nouvelles, il se peut que vous ayez des surprises...

26 juin 2013

Cathi Unsworth : interview en roue libre

Cathi Unsworth, à la plage
Cathi Unsworth a publié son dernier roman en français, Bad Penny Blues, il y a plus d'un an déjà. Présente au festival Polar à la plage du Havre, elle a inauguré son séjour en présentant dans un cinéma de la ville le film culte Performance, qu'elle avait choisi pour incarner la fascinante période  de la fin des années 60 à Londres. Véritablement passionnée par son sujet, elle a livré son interprétation et sa lecture d'un film qui, s'il n'est pas un chef-d’œuvre du 7e art, est sûrement un véritable étendard de la contre-culture et un objet unique et envoûtant. Un film qu'on croirait fait pour Cathi Unsworth ! Elle s'est prêtée avec spontanéité au jeu de l'interview "en roue libre". Merci à elle. Voilà le résultat.

Etait-ce plus difficile d'écrire sur une période que vous n'avez pas connue?

Oui, bien sûr. Mais c'était également extrêmement stimulant. Je me suis documentée, j'ai lu des tonnes de livres, et pas seulement des documents, mais des romans de l'époque. J'ai aussi vu beaucoup de films. Je pense que cette période était particulièrement favorable à l'éclosion de la création, qu'il s'agisse de littérature, de musique ou de cinéma. C'est à ce moment que les premières ruptures des barrières de classe se sont produites, que le peuple a vraiment commencé à prendre la parole. C'est là  que sont sortis des films comme Saturday night, Sunday morning (tiré du roman d'Allan Sillitoe et réalisé par Karel Reisz) ou Taste of Honey (tiré de la pièce de Shelagh Delaney et dirigé par Tony Richardson). Dans Taste of Honey, une femme prenait la parole et racontait sa vie, sa condition sociale, et c'était vraiment novateur. Toutes ces œuvres m'ont imprégnée. C'était une période en noir et blanc, avant la couleur des Beatles, il y avait encore des traces de bombes un peu partout, la ville était sale. Et soudain, la jeunesse a provoqué ce jaillissement d'optimisme.

24 juin 2013

Cathi Unsworth, Bad Penny Blues : de l'après-guerre au swinging London

Bad Penny Blues, c'est le titre du dernier roman de Cathi Unsworth paru en français. C'est aussi celui d'un morceau de jazz traditionnel composé en 1956 par Humphrey Lyttelton qui atteint les sommets du hit parade de l'époque. Entre après-guerre et swinging London, c'est en cette période trouble et pleine de promesses que Cathi Unsworth a choisi de situer son roman. Inspiré par des faits réels, Bad Penny Blues exerce la séduction ambiguë des histoires qui se situent dans l'entre-deux, juste après les privations d'après-guerre qui ont favorisé la réussite de la pègre londonienne, juste avant les joies du rock, de la pop, de l'acide et de Carnaby Street. Cathi Unsworth m'avait déjà conquise avec Le Chanteur, où son expérience de journaliste spécialisée en musique faisait merveille dans une histoire où la narration se partageait entre deux époques, toujours dans les milieux de la musique.  Bad Penny Blues embrasse plus largement le bouillonnement créatif d'une période où le besoin de liberté, dans tous les domaines, a engendré les bases de la culture pop et rock des décennies à suivre. Et plus que jamais, la sensibilité de Cathi Unsworth nous entraîne dans les souterrains les plus secrets de Londres, s'inspirant largement de personnages et de faits réels. Elle avait magistralement réussi son pari dans Le Chanteur, dont une partie était issue de son expérience réelle. Ici, l'expérience personnelle de l'auteure n'est pas en question, puisqu'elle est née en 1968. En revanche, sa fascination pour sa ville d'adoption et sa culture, son expérience de journaliste et son savoir faire de romancière sont dans Bad Penny Blues largement mis à contribution. Et c'est une grande réussite.

16 juin 2013

17 février 2013

Cathi Unsworth, "Au risque de se perdre", un titre peut en cacher un autre

Cathi Unsworth, adoubée par Ken Bruen, Robin Cook et James Sallis, rien que ça, occupe une place bien à part parmi les auteurs de polar anglais. Ex-journaliste dans la presse musicale, elle a commencé à écrire des romans en 2005 avec ce Au risque de se perdre au titre français contestable (le titre anglais étant The Not Knowing) préfacé par, excusez du peu, David Peace. Attention donc aux confusions : Au risque de se perdre est aussi le titre d'un roman de Kathryn Hulme, best-seller dans les années 60 qui mettait en scène une religieuse hors normes, et qui sera adapté au cinéma par Fred Zinneman avec Audrey Hepburn dans le rôle principal. Comme dans Le chanteur (voir chronique ici), Cathi Unsworth fait appel à son histoire personnelle de journaliste pour nous plonger dans le milieu londonien branché du début des années 90.

24 juin 2012

Avec "Le Chanteur", Cathi Unsworth défie la nostalgie et remet quelques pendules à l'heure

Autant le dire d'emblée, cela faisait un moment que je n'avais pas lu un roman aussi stimulant.Impossible à lâcher, Le chanteur est un vrai polar, avec une vraie intrigue et de vrais personnages. Pourquoi le préciser ? Parce que certains romans dits "rock" se contentent d'aligner des clichés et des citations sans trop se soucier du romanesque... Eh non, l'ambiance ne suffit pas...
Chez certains ados, le punk constitue une sorte de panthéon mythologique, assorti des poncifs et des illusions qui vont avec. Cathi Unsworth connaît bien la question: journaliste rock dès l'âge de 19 ans, son roman sent le vécu. Et si l'ambiance dans laquelle il est situé est bien définie dans le temps, les questions qu'il pose sur ce qu'il advient de l'idéalisme quand il est confronté à la réalité des médias, du milieu du rock et des fans sont toujours d'actualité.

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