Juste avant la rentrée et son avalanche de nouveautés, pas
question d’oublier Ian Rankin et La maison des mensonges, le nouvel épisode des
enquêtes de l’inspecteur Rebus. John Rebus est à la retraite. Mais le concept même
de retraite n’est pas compatible avec le personnage, on le sait bien. Il sort par
la porte et rentre par la fenêtre, tel est son destin. Toujours installé dans son
appartement d’Arden Street, à Edimbourg, en compagnie de son chien Brillo, qui
l’oblige, chaque jour, à accomplir son devoir de promeneur dans les Meadows,
toujours plus ou moins engagé dans une relation amoureuse avec Deborah Quant, la
légiste, toujours atteint du syndrôme respiratoire qu’il doit à son passé de fumeur,
Rebus mâche des chewing gum à la nicotine et tâche de passer le temps… Jusqu’à
ce que ressurgisse une vieille histoire…
L'actualité totalement subjective du roman policier et du roman noir, films, salons, rencontres avec des auteurs,...
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31 août 2019
20 mai 2019
Ambrose Parry, "Le coeur et la chair" : formidable début pour une nouvelle série prometteuse
Décidément, Chris Brookmyre est partout, et c'est tant mieux. Cette fois, c'est avec son épouse le médecin anesthésiste Marisa Haetzmann, et sous le pseudonyme de Ambrose Parry, hommage à notre Ambroise Paré national, qu'il se lance dans une série de romans historiques situés à Edimbourg et centrés autour de James Simpson, célèbre médecin écossais qui découvrit les propriétés anesthésiantes du chloroforme. Dit comme ça, ça n'a l'air de rien, mais quand on y réfléchit un peu, on prend la mesure de ce que bon nombre de malades doivent à James Simpson, dont on peut voir la statue dans les jardins de Princes Street, à Edimbourg bien sûr.
9 septembre 2018
Graeme Macrae Burnet, "La disparition d'Adèle Bedeau" : un roman hanté par Simenon et Chabrol
Ce roman est étonnant à plus d'un titre. Graeme Macrae Burnet est écossais, et son premier roman publié en français, L'accusé du Ross-Shire (voir la chronique ici) se déroulait dans une région reculée d’Écosse à la fin du XIXe siècle. Avec La disparition d'Adèle Bedeau, il nous emmène dans des lieux moins exotiques pour les lecteurs français (quoique...) puisque le roman se déroule dans la ville de Saint-Louis, en Alsace. Comme dans L'accusé du Ross-Shire, l'auteur a choisi un mode narratif particulier : il commence son récit en racontant que ce même roman signé Raymond Brunet (sic), publié pour la première fois en 1982, ne connut qu'un modeste succès, et qu'il ne dut son statut de roman culte pour initiés qu'à l'adaptation qu'en fit Claude Chabrol en 1989. Graeme Macrae Burnet pousse le raffinement jusqu'à nous proposer une préface qui détaille la carrière de Raymond Brunet... Bien sûr, rien de tout cela n'est vrai, et Graeme Macrae Burnet est bel et bien le seul et unique auteur de ce qui est son premier roman publié. Quand on cherche du côté de sa biographie, on s'aperçoit qu'il a enseigné à Prague, Porto, Bordeaux et Londres, et surtout qu'il nourrit une passion pour Georges Simenon, si l'on en croit les posts particulièrement pointus qu'il consacre à l'auteur belge sur son blog.
19 août 2018
Graeme Macrae Burnet, "L'accusé du Ross-Shire" : un coup de maître
Double actualité pour l'auteur écossais Graeme Macrae Burnet : sortie en poche en octobre de son deuxième roman, L'accusé du Ross-Shire et publication fin août chez Sonatine de son premier roman, La disparition d'Adèle Bedeau, dont on reparlera très vite. En 2016, Macrae Burnet publie dans une petite maison d'édition écossaise, Saraband, L'accusé du Ross-Shire, qui se retrouve, fait extraordinaire pour un roman étiqueté "thriller psychologique", sur la liste des finalistes du Man Booker Prize (l'équivalent du Goncourt au Royaume-Uni) et remporte un succès inattendu assorti d'une critique dithyrambique et méritée.
L'accusé du Ross-Shire est un étrange objet littéraire : l'auteur commence par nous raconter que c'est en faisant des recherches dans l'histoire de sa famille qu'il est tombé sur ce dossier... L'essentiel du roman est constitué par le récit par son auteur lui-même, Roderick Macrae, 17 ans, d'un triple meurtre commis en 1869 à Culduie, hameau écossais situé dans le Ross-Shire, région pauvre partagée entre l'agriculture et la pêche, face à l'archipel de Skye. On s'étonne un peu qu'un gamin de 17 ans, issu d'une famille miséreuse d'une contrée reculée d'Ecosse, soit l'auteur d'un tel texte... Qu'on patiente un peu, on va comprendre. Il explique l'avoir écrit pour faire plaisir à son avocat Andrew Sinclair. Et surtout pas pour se disculper, car il ne conteste pas être coupable des trois meurtres dont on l'accuse, et se soucie peu du sort qui lui est réservé...
L'accusé du Ross-Shire est un étrange objet littéraire : l'auteur commence par nous raconter que c'est en faisant des recherches dans l'histoire de sa famille qu'il est tombé sur ce dossier... L'essentiel du roman est constitué par le récit par son auteur lui-même, Roderick Macrae, 17 ans, d'un triple meurtre commis en 1869 à Culduie, hameau écossais situé dans le Ross-Shire, région pauvre partagée entre l'agriculture et la pêche, face à l'archipel de Skye. On s'étonne un peu qu'un gamin de 17 ans, issu d'une famille miséreuse d'une contrée reculée d'Ecosse, soit l'auteur d'un tel texte... Qu'on patiente un peu, on va comprendre. Il explique l'avoir écrit pour faire plaisir à son avocat Andrew Sinclair. Et surtout pas pour se disculper, car il ne conteste pas être coupable des trois meurtres dont on l'accuse, et se soucie peu du sort qui lui est réservé...
3 juin 2018
Russel D. McLean, "Ed est mort" : les aventures stupéfiantes d'une libraire écossaise
Russel D. McLean n'est pas tout à fait un inconnu pour moi : dès 2011, je vous parlais de son premier roman, The Good Son (voir chronique ici) en espérant pour bientôt une traduction en français de cet auteur écossais qui est aussi libraire à Glasgow, chroniqueur et animateur de tables rondes (dans le cadre du mouvement Noir at the Bar) autour du polar. Eh bien voilà, c'est chose faite grâce à Calmann-Lévy qui publie aujourd'hui, dans la collection "Robert Pépin présente..." le dernier roman de Russel D. McLean, Ed est mort.
A noter : Russel D. McLean sera présent au festival de Frontignan.
Jen, la trentaine bien tassée, héroïne de cette histoire aussi rocambolesque que cocasse, est... libraire à Glasgow. Eh oui, le hasard fait bien les choses. C'est dire qu'il ne faudra pas compter sur McLean pour dire n'importe quoi sur le métier de libraire : "Les clients attendent de vous que vous sachiez tout, même s'ils sont incapables de vous donner des précisions sur l’œuvre qu'ils recherchent (...) Par-dessus tout, la dimension physique du métier constitue la partie à laquelle presque personne ne pense." Voilà pour le réalisme. A cet égard, on s'en tiendra là car les pages qui suivent nous entraînent dans une histoire absolument invraisemblable, où la violence relève du Grand Guignol, et où l'enchaînement des événements ferait dresser les cheveux sur la tête de ... Donald Westlake.
A noter : Russel D. McLean sera présent au festival de Frontignan.
Jen, la trentaine bien tassée, héroïne de cette histoire aussi rocambolesque que cocasse, est... libraire à Glasgow. Eh oui, le hasard fait bien les choses. C'est dire qu'il ne faudra pas compter sur McLean pour dire n'importe quoi sur le métier de libraire : "Les clients attendent de vous que vous sachiez tout, même s'ils sont incapables de vous donner des précisions sur l’œuvre qu'ils recherchent (...) Par-dessus tout, la dimension physique du métier constitue la partie à laquelle presque personne ne pense." Voilà pour le réalisme. A cet égard, on s'en tiendra là car les pages qui suivent nous entraînent dans une histoire absolument invraisemblable, où la violence relève du Grand Guignol, et où l'enchaînement des événements ferait dresser les cheveux sur la tête de ... Donald Westlake.
23 avril 2018
Chris Dolan, "Une femme infréquentable" : Glasgow, ville monde
Vous n'allez pas le croire... Voici un nouvel auteur de polar écossais. Pas vraiment un débutant, puisque Chris Dolan a déjà écrit plusieurs romans, ainsi que de nombreux épisodes de la légendaire série policière Taggart, qui battit tous les records de longévité (1985 - 2010). Une série qui se déroulait... à Glasgow bien sûr. Néanmoins, Une femme infréquentable est son premier roman policier, et il y a mis à profit tout son savoir-faire de romancier et de scénariste.
Nous sommes donc à Glasgow, de nos jours. Maddy Shannon, substitut du procureur, vient de débarquer sur les lieux du crime, perchée sur des talons hauts qui s'enfoncent dans l'herbe humide de Kelvingrove Park, boudinée dans sa jupe trop courte et trop serrée... Il faut dire que sa nuit a été courte et peu réparatrice.
Nous sommes donc à Glasgow, de nos jours. Maddy Shannon, substitut du procureur, vient de débarquer sur les lieux du crime, perchée sur des talons hauts qui s'enfoncent dans l'herbe humide de Kelvingrove Park, boudinée dans sa jupe trop courte et trop serrée... Il faut dire que sa nuit a été courte et peu réparatrice.
18 mars 2018
Alan Parks, "Janvier noir" : l'Écossais nouveau est arrivé, et il est coriace
Janvier noir est le premier roman d'Alan Parks, ex-promoteur artistique et directeur de label. On ne s'étonnera donc pas que l'un des exergues du roman soit signé Rod Stewart : "Every picture tells a story, don't it?". L'autre étant signé... Platon. La reconversion d'Alan Parks dans la littérature noire est sans aucun doute une bonne idée : Janvier noir est l’œuvre d'un homme qui connaît son affaire, dont on imagine qu'il a de bonnes lectures et en tout cas qu'il sait les mettre à profit sans pour autant faire dans la pâle copie. Car si, comme beaucoup de ses lecteurs, on pense à un bel hommage à William McIlvanney, en ce que Janvier noir est un vrai roman "de flics", un roman de ville, écrit dans une langue populaire, directe et sans fioritures, à aucun moment on ne songe à une vaine imitation du "grand ancien". Car Parks a sa personnalité, forte et vigoureusement affirmée, et Janvier noir en est l'expression radicale et étonnante pour un premier roman.
21 mai 2017
John Burnside, L'été des noyés: nuits blanches au septentrion
John Burnside, romancier et poète écossais, nous emmène au nord de la Norvège, sur une île du comté de Troms, Kvaloya. Nous sommes bien loin de la Norvège de Jo Nesbo... Le premier tour de magie de Burnside consiste à nous extraire du temps : sur l'île, le monde moderne importe peu. Il se rappelle au bon souvenir de ses habitants lorsqu'un homme de la ville, épris de solitude, décide de s'y installer pour quelque temps. Ou lorsqu'on voit passer une voiture le long de l'unique route carrossable qui longe la mer.
Dans la jolie maison grise vit Angelika Rossdal, peintre de renom, avec sa fille de 18 ans. Et ce n'est pas leur mode de vie qui va changer quoi que ce soit à cette impression d'intemporalité... Parfois, l'atmosphère qui règne dans la maison grise et le jardin qui l'entoure fait penser à Tchekhov, c'est dire. Le roman est raconté par la fille d'Angelika, Liv, et c'est un récit au passé puisque Liv prend la parole près de 10 ans après ce fameux été des noyés. Là encore, cela n'a pas grande importance: le temps qui passe semble n'avoir pas de prise sur les personnages.
7 février 2016
Denise Mina, "La nuit où Diana est morte" : que faisiez-vous cette nuit-là ?
L’Écossaise Denise Mina en est à son douzième roman, et celui-ci est le quatrième de sa série "Alex Morrow". Elle a remporté deux fois de suite le grand prix du roman policier du Festival de Harrogate, sa formidable série "Paddy Meehan" a été portée à l'écran sous la forme d'une série télé qu'on attend toujours de voir en version française. Dimanche dernier, sur France Inter, Christine Ferniot se demandait comment elle avait pu ignorer cet auteur si longtemps... Qu'est-ce que vous attendez donc pour lui faire un triomphe, à cette femme-là ? Elle qui sait si bien exploser le genre du polar d'enquête pour faire de ses histoires d'authentiques romans noirs contemporains ?
Dans La nuit où Diana est morte, nous retrouvons à Glasgow l'inspectrice Alex Morrow, mère de jumeaux de un an, sœur d'un des chefs de la pègre glaswégienne, aux prises avec une affaire de meurtre qui va bientôt la ramener en arrière, à ce fameux 31 août 1997, la nuit de la mort de la Princesse Diana...
Dans La nuit où Diana est morte, nous retrouvons à Glasgow l'inspectrice Alex Morrow, mère de jumeaux de un an, sœur d'un des chefs de la pègre glaswégienne, aux prises avec une affaire de meurtre qui va bientôt la ramener en arrière, à ce fameux 31 août 1997, la nuit de la mort de la Princesse Diana...
19 octobre 2015
James Oswald, l'interview en roue libre
Quand un nouvel auteur
fait irruption dans l’univers du roman policier, la curiosité est grande. Quand son premier roman paru en France (De
mort naturelle, voir la chronique ici) vous donne vraiment envie de lire les
autres, les questions se pressent… Si en
plus il est écossais, comment
voulez-vous résister ? James Oswald a bien voulu satisfaire ma curiosité.
Merci à lui !
17 septembre 2015
Ian Rankin, On ne réveille pas un chien endormi : un 20e Rebus fort, dense et prenant
Je vous vois venir : "la revoilà, tous les ans c'est la même chose..." Eh oui, Ian Rankin c'est un peu comme les albums des Stones les 15 premières années, on attend le nouveau tous les ans, on a peur d'être déçu, et voilà, il vous cueille et vous chope dans le creux de sa main. Laissez-vous faire, vous ne le regretterez pas.
Ces dernières années, Ian Rankin souffle le chaud et le froid et joue avec nos addictions: il nous fait croire que Rebus, c'est fini (Exit Music). Que c'est le petit nouveau là, Malcolm Fox, qui va prendre la relève. Et Fox dès le deuxième de la série, Les guetteurs, devient franchement intéressant. Et puis sans crier gare, revoilà John Rebus avec Debout dans la tombe d'un autre, un roman qui sort John Rebus de sa zone de confort et l'emmène dans le Fife, la région natale de Rankin, ce qui n'est sûrement pas un hasard. Dans ce roman-là, Malcolm Fox est présent, et il n'a pas le beau rôle, c'est le moins qu'on puisse dire...
Ces dernières années, Ian Rankin souffle le chaud et le froid et joue avec nos addictions: il nous fait croire que Rebus, c'est fini (Exit Music). Que c'est le petit nouveau là, Malcolm Fox, qui va prendre la relève. Et Fox dès le deuxième de la série, Les guetteurs, devient franchement intéressant. Et puis sans crier gare, revoilà John Rebus avec Debout dans la tombe d'un autre, un roman qui sort John Rebus de sa zone de confort et l'emmène dans le Fife, la région natale de Rankin, ce qui n'est sûrement pas un hasard. Dans ce roman-là, Malcolm Fox est présent, et il n'a pas le beau rôle, c'est le moins qu'on puisse dire...
18 août 2015
James Oswald, De mort naturelle : un petit nouveau prometteur !
James Oswald, Harrogate 2015 |
De retour d'un périple écossais, quoi de plus naturel que de redémarrer l'année avec un auteur écossais ? Nouveau venu dans le paysage du polar, James Oswald a une histoire singulière : romancier, l'homme est aussi fermier, à la tête d'une exploitation d'ovins et de bovins située au sud de Perth, pas très loin d'Aberdeen. Au cours d'une interview accordée au Telegraph en 2013, l'homme se lève au beau milieu de la conversation avec le journaliste Tom Rowley : urgence, une brebis est en train de mettre bas. Ça ne s'invente pas. Croisé à Harrogate cette année, il confirmait sa double vocation de romancier et d'agriculteur : "Je suis obligé de rentrer, ma ferme attend!"
Autre caractéristique de James Oswald : son aventure de romancier publié a démarré sous le signe de l'auto-édition et de l'e-book. Oswald écrit depuis son plus jeune âge, cherche à être publié depuis de nombreuses années. Ses parents meurent dans un accident de voiture : le voilà héritier d'une exploitation de 140 ha. Pendant deux ans, adieu l'écriture. Et puis il rencontre, à Harrogate, l'auteur et agent Allan Guthrie, qui lui conseille l'auto-édition par le biais du livre électronique. Quelques mois plus tard, 2000 téléchargements par jour de son premier roman ! Au total, 350000 téléchargements, une place durable de premier au classement Amazon, et à la clé un beau contrat (à 6 chiffres...) avec l'éditeur Penguin.
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