A l’heure où un grand magasin parisien particulièrement
apprécié par la grande bourgeoisie du VIIe arrondissement fait la publicité d’une
grande exposition baptisée « So punk » dont se font l’écho avec une
délectation un peu effarouchée les blogs dits « tendance », il est grand
temps de se demander ce que peut bien être un roman punk. Le roman de Joe Meno va-t-il nous donner la réponse ?
***
Punk (définition Larousse) : "Se dit d'un mouvement musical et culturel apparu en Grande-Bretagne vers 1975 et dont les adeptes affichent divers signes extérieurs de provocation (crâne rasé avec une seule bande de cheveux teints, chaînes, épingles de nourrice portées en pendentifs, etc.) afin de caricaturer la médiocrité de la société."
***
Joe Meno, dans La Crête des damnés (paru aux Etats-Unis en
2004), déborde allègrement de la définition du Larousse. Le punk dont il est
question dans le roman est plutôt américain, et date plutôt des années 90,
puisque c’est en octobre 1990 que démarre le roman. Les puristes, qui pensent
que le punk, c’était fini en 1980, protesteront peut-être : il faut dire
que le mouvement anglais, dont l’esprit « no future » et
naturellement éphémère se révoltait contre l’establishment et la société, et
dont la musique entendait bien mettre fin à l’hégémonie des groupes « dinosaures »
des années 70, avait parfaitement rempli sa double mission.

















