22 février 2014

Sean Connery roi de la petite reine dans "Jamais plus jamais"

007 comme vous le verrez "jamais plus jamais"
Nous sommes en 1983, Octopussy, avec Roger Moore, vient de sortir. Et voilà-t-il pas qu'au grand bonheur des fans de la première heure, déboule sur les écrans ce Jamais plus jamais, qui voit le retour dans le rôle de 007 du sémillant Sean Connery. Qui pourtant, en 1971, avait déclaré, après la sortie de Les diamants sont éternels : "James Bond, jamais plus". On peut donc considérer le titre comme une petite taquinerie à l'égard du bel Écossais, qui n'en tint pas rigueur à la production, d'autant que ce film lui rapporta, dit-on, le cachet phénoménal à l'époque de 5 millions de dollars... 
A l'origine de cette coexistence sur les écrans de deux incarnations de l'agent secret, une sombre affaire juridique. Avant même que le premier James Bond ne soit tourné, Ian Fleming avait co-écrit avec le producteur et scénariste Kevin McClory le script qui devait constituer le premier film. Qui ne sera jamais tourné faute de budget. Du coup, Fleming réutilise allègrement les éléments du script dans son roman Opération Tonnerre. McClory contre-attaque et gagne, se retrouvant du coup propriétaire des droits cinématographiques sur le scénario. Mais Fleming vend les droits de la série des Bond aux célèbres Saltzmann et Broccoli, avec le succès qu'on sait. Ce ne sera qu'en 1983, donc, que McClory pourra venir à bout de son projet de film, s'offrant pour le panache un Sean Connery certes vieillissant, mais encore tout à fait consommable ! C'est donc une deuxième version d'Opération Tonnerre qui fait les beaux jours des salles de cinéma. Avec quelques différences, principalement de noms, par rapport à la première version.
D'ailleurs le scénario joue joyeusement avec l'âge de la star : au début du film, James Bond est envoyé faire une petite cure de jouvence dans une luxueuse clinique privée, où un programme de choc à base de lavements, purée d'orties, massages musclés et décoctions diverses est censé lui restituer sa forme d'antan. Connery arbore probablement un postiche, mais franchement il porte plutôt bien pour un homme de 52 ans : musclé, élégant, velu à souhait, il fait des ravages auprès des James Bond girls : Kim Basinger en sirène Barbie, Barbara Carrera, la super-méchante, Prunella Ghee la masseuse de charme. Et bien sûr il dame le pion à l'épouvantable Klaus Maria Brandauer, et pour tout dire sauve le monde. Scènes de plongée sous-marine, combats avec de grands requins blancs, découverte d'une grotte sous-marine particulièrement esthétique, rencontre cocasse avec Rowan Atkinson (M. Bean) dans sa première apparition au cinéma, Jamais plus jamais est un succès, même s'il fait moins d'entrées qu'Octopussy, et se regarde avec beaucoup de plaisir, d'autant que l'humour et l'auto-dérision y sont omniprésents.

A titre d'anecdote, c'est le jeune Steven Seagal qui servit de "coach" en arts martiaux sur le film : il en profita pour casser le poignet de Sean Connery... Quant à Barbara Carrera, elle insista pour tourner elle-même les scènes d'amour avec Sean Connery, refusant courageusement de faire appel à sa doublure. Côté musique, John Barry ayant décliné l'offre, c'est Michel Legrand qui s'y colla. On peut le regretter... On raconte également qu'Orson Welles aurait été pressenti pour jouer le rôle interprété par Klaus Maria Brandauer. Enfin, une rumeur insistante et rigolote prétend que Connery aurait suggéré une fin différente : les deux personnages marchent dans la rue, ils croisent un homme qui les bouscule. Connery se retourne vers l'importun : c'est Roger Moore, qui lance : "NEVER say never again !". Les deux comédiens étaient bons amis, et tous les deux étaient partants pour cette petite blague. Mais ni le réalisateur ni les producteurs ne trouvèrent ça drôle...

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